‹ Le poète François MainardChapitre 159 sur 375 · Braciolini naquit en 1566, à Pistoie · texte numérisé non relu

Braciolini naquit en 1566, à Pistoie

4. D'ailleurs l'auteur de la Bulgarie convertie confesse lui-même dans son épopée (chant XX, str. 127) qu'il a fait trop d'ouvrages sans les avoir suffisamment polis.

5. Dans Lo scherno degli Dei (1618) Braciolini bafoue l'Olympe païen. Partisan du merveilleux chrétien, il l'emploie avec intempérance dans sa Bulgheria cojwertita.

qui concordent avec les appréciations des historiens modernes de la littérature italienne. Dans son volume consacré au Seicento, M. Belloni réprouve lui aussi dans la Bulgheria convertita la surabondance du merveilleux qui étouffe l'action humaine et, malgré les commodités qu'à la différence du français l'italien offre aux écrivains, le critique cité relève dans toutes les productions de Braciolini les conséquences fâcheuses d'une trop grande hâte1.

Quelques années auparavant, Braciolini avait publié son poème sur la Prise de La Rochelle, dont Mainard entretient également son ami Chapelain. Braciolini avait cru se rendre agréable à Urbain VIII en consacrant par des chants le triomphe de l'Eglise catholique sur les protestants. Malheureusement pour l'auteur, Bichelieu qui est le protagoniste de son poème, était détesté par le Vatican et les Français ainsi que leur politique étaient de plus en plus désagréables au Saint-Siège. De plus, le poème de Braciolini, comme ÏEnricoovero Francia conquislata de Jules Malmignati, glorifiait la France. Un « ennemi de la France », le cardinal François Barberini, comprotecteur des affaires (^Espagne, manifesta ses sentiments hostiles au royaume de Louis XIII par un acte fort discourtois. Il se saisit de toutes les copies de la Rocella espugnata* en dépôt chez l'imprimeur, de sorte que Braciolini « luy-mesme ne put en avoir une seulement pour sa satisfaction ». Mainard put cependant se procurer un exemplaire du poème prohibé et l'envoyer à ses amis de Toulouse '.

Certes, on n'aimait pas les Français à Rome et, dès son arrivée, Mainard put s'en apercevoir. Urbain considérait leur

1. Bien que la Bulgaréide parût à Rome en 1637, in-12, le 6 janvier 163» Chapelain ignorait encore la publication d'un ouvrage qui l'intéressait vivement. En priant Bouchard de transmettre à Braciolini ses remerciements pour la « belle chanson » où le poète italien raconte sa vie, Chapelain s'étonne qu'il n'ait pas mentionné parmi ses ouvrages sa Bulgaréide « à qui si M. Maynard m'a dit vray il ne reste que d'estre mise sous la presse » (o. c, t. I, p. 356). Au nom de Braciolini, Bouchard lui expédia ce poème seulement au début de 1640 (ibid., p. 630, note 4).

2. La Rocella espugnata, Rome, 1630, in-12. Le poème devait avoir vingt chant?. mais l'auteur n'en publia que quinze.

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