‹ Le poète François MainardChapitre 165 sur 375 · Cf. lettre XGVII de Mainard · texte numérisé non relu

Cf. lettre XGVII de Mainard

4. Arch. Aff. étrang., Rome, t. LUI, f° '±38. o. Ibid., t. LUI, f 443 et 446.

6. Ibid., t. LUI, f. 281, dépêche de Noailles à Bouthillier du 14 août 1636.

7. Ibid., t. LUI, f. 435, lettre de Noailles à Bouthillier du 21 juin 1636.

du premier ministre1. Oublieux de l'épigramme qu'il lui avait décochée au début de son séjour à Rome, Mainard en composa une autre pour célébrer les triomphes de Richelieu sur les ennemis du royaume2.

Noailles laissa passer les grandes chaleurs pour se mettre en route'. Puis ses nombreux créanciers qui désiraient voir leurs comptes soldés avant que l'ambassadeur se fût éloigné, différèrent son départ'. Enfin, le 8 octobre, il quitta Rome, y laissant Mainard surveiller son équipage1. Comme en chemin il s'arrêta à plusieurs reprises chez des amis et que le mauvais temps le retint quelques jours à Livourne", il mit un mois pour gagner Gênes7. C'est là qu'éclata entre lui et Mainard un conflit qui eut pour notre poète les plus fâcheuses conséquences.

Des indiscrétions apprirent à Noailles la véritable opinion qu'en haut lieu on professait pour ses capacités. Il sut que Richelieu, sur l'avis du cardinal Antoine, l'avait remplacé par le maréchal d'Estrées, parce qu'on ne l'estimait pas assez fort K. On trouvait évidemment que le comte avait manifesté trop de complaisance à l'égard du pape. On trouvait encore qu'il

1. Cf. lettre XGIII à Pressac. Pourtant Mainard appréhende que la bonne nouvelle que son confident lui donne « parte plus du désir qu'il a de me revoir bientost à Paris que de la bonne volonté de nostre premier ministre ».

2. Le poète modifia plus tard cette épigramme pour l'adresser h Mazarin, cf. éd. Garriss., t. III, p. 61 et les var. delà p. 324. A en juger par la lettre XGIX à Pressac, Flotte publia cette épigramme au printemps de 1630.

3. Dépêche déjà citée de Noailles à Bouthillier, du 14 août 1030.

4. Arch. Aff. étrang., Rome, t. LVIII, f. 297, lettre du sieur Amontot (attaché au maréchal d'Estrées) au comte de Chavigny (2 oct).

5. Ibid., Rome, t. XLIX. fos 40o et 407. Le 2 octobre Noailles annonce à son frère que les préparatifs du départ l' absorbent à tel point qu'il s'en remet au président Mainard de l'entretenir plus longuement. Le 9 octobre il lui écrit de Bassano « Cependant je donne temps à mes gents et à mon équipage

de se débarrasser de Rome Monsieur le président y est demeuré avec mon

équipage ».

6. Cf. lettre citée du 9 octobre à Charles de Noailles. V. aussi la Gazette du 22 novembre (Nouvelles de Milan du 30 oct.).

7. Cf. Gazette du 29 novembre 1630 (Nouvelles de Gènes du 8 nov.).

8. Lettre de Richelieu à Mazarin, vice-légat du pape à Avignon (Arch. Aff. étrang., Rome, t. LVIII, f° 303, 7 oct.) : « Quant à M. le maréchal d'Estrées, vous sçavez mieux que personne comme il a esté envoyé à Rome, puisqu'il ne s'est rien fait en cela que par vostre conseil. On l'a fait pour pratiquer les avis de M. le Cardinal Anthoine qui n'estimoit pas M. de Noailles assez fort ». V. le commentaire de ce jugement dans Le Vassor, o. c, t. V, p. 91, qui a connu cette lettre.

n'était pas en mesure de conduire avec assez d'habileté les négociations relatives à la paix générale dont Urbain, depuis les derniers succès des Français, pressait vivement la conclusion, tandis que Richelieu, tout en feignant de la souhaiter, en retardait par d'habiles artifices l'établissement, afin d'achever de ruiner les Espagnols.

Noailles comprenait maintenant les raisons pour lesquelles le cardinal de Lyon, dans la crainte de le voir brouiller le jeu d'Estrées, l'avait presque contraint de précipiter son départ1. Furieux d'avoir été jugé incapable, il ne voulut pas convenir qu'il n'avait pas su bien servir les intérêts du roi, mais chercha dans son entourage une personne sur qui il put faire retomber ses torts. Des envieux qui fondaient sur la disgrâce de Mainard, le dessein de se rendre agréables à Noailles, dénoncèrent son secrétaire comme l'ayant particulièrement desservi auprès du cardinal de Lyon2. Noailles ajouta d'autant plus facilement foi à ces propos malveillants qu'il connaissait les bons rapports de Mainard avec le frère du premier ministre et qu'il savait combien notre auteur avait le vif désir de plaire à Richelieu. Sans réfléchir au peu de fondement de toutes ces accusations, il déchargea sa colère sur le poète et s'emporta jusqu'à le menacer de coups. Mainard se sépara bien vite de son protecteur transformé en un dangereux ennemi. Il le laissa se diriger vers Turin pour prendre ensuite la route de Paris, tandis que lui, le cœur gros d'amertume, s'embarquait pour Marseille avec les domestiques chargés du transport des « hardes » de son ancien maître :!.

1. Arch. Aff. étrang., Rome, t. LVIII, f° 297, lettre déjà citée du sieur d'Amontot (appartenant au maréchal d'Estrées) au comte de Chavigny. Noailles, relate-t-il, « se haste d'assurer ses affaires d'aultant plus que Mgr le Cardinal de Lyon luy a tesmoigné qu'il ne partirait point d'icy qu'il ne le vist party ». Néanmoins le cardinal de Lyon partit trois jours avant Noailles (lettre du même à Chavigny du 9 oct., ibid., f° 340). Le cardinal de Lyon devait se rendre à Cologne, en qualité de délégué du roi pour la paix générale.

2. Cf. les lettres CLXXXII et CCLXX. — V. aussi la lettre de Chapelain à Balzac du 7 avril 1638, éd. c, t. I, p. 222.

3. Gazette du G décembre 1636 (Nouvelles de Gènes du 16 nov.) : « Le comte de Noailles a pris le chemin de Turin et son train a poursuivi son voyage par mer sur la galère que lui a donnée cette République ». Le 9 décembre 1636, Peiresc écrit d'Aix à Menestrier, chanoine de Besançon en la Cour du cardinal Barberini à Rome, pour lui reprocher de ne pas lui avoir envoyé par les gens de Noailles des

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Pour prix de l'abandon de sa famille, en récompense du zèle avec lequel il avait travaillé au service de Noailles et du temps qu'il avait perdu auprès de lui, Mainard rapportait à Saint-Céré la haine et la persécution. Son attachement à la personne du comte était payé d'injures et de menaces. Ses hésitations à joindre l'ambassadeur n'étaient que trop justifiées. A cette heure, il pouvait les regarder comme le pressentiment de l'odieux salaire réservé à son dévouement et répéter le vers mélancolique d'Agrippa d'Aubigné :

Attendez ce loyer de la fidélité !

empreintes en cire et des descriptions de certaines antiquités dont son correspondant lui avait précédemment parlé. Peiresc aurait pu les recevoir « parmi lesliardes de M. le Comte de Noailles, M. le président estant venu suc la même barque, qui se seroit chargé de tout ce qu'eussiez voulu par l'entremise de M. Bourdelot » {Lettres de Peiresc, t. V, p. 809).

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