‹ Le poète François MainardChapitre 184 sur 375 · Lettres VI, CXXVI, CCLVIL · texte numérisé non relu

Lettres VI, CXXVI, CCLVIL

MATNARD

faire régner l'économie, mais encore les soins que son état réclamait, occasionnaient de fortes dépenses. De plus, Mainard était entraîné de par ses affaires à des déplacements onéreux. A cette époque il est fréquemment sur les chemins. On le rencontre à Villefranche-de-Rouergue, à Montauban, à Nérac*, à Gahors2, à Toulouse surtout, où « un chicaneur endiablé lui taille de la besogne » ce qui le fait solliciter les conseillers et les présidents de la Cour suprême du Languedoc, ses amis d'ailleurs, en faveur de ses procès'.

Songeons aussi aux impôts chaque année plus écrasants, que l'administration de Richelieu prélève pour faire face aux frais de guerre avec l'Espagne et l'Empire. En revenant de Rome, Mainard sentit plus que jamais les effets fâcheux de l'aggravation des tailles, de la « crue » et de la fréquence des subsides :

Je réserve tout mon denier Pour la taille et pour la milice7',

s'écrie-t-il douloureusement. Quoi donc, ajoute-t-il, faut-il que les poètes soient soumis aux rigueurs du tribunal des élus5? Hélas oui, à moins que les bons offices de l'intendant Chantereau-Lefebvre auprès du surintendant des finances Bullion, n'ôtent à l'infortuné, riche seulement de ses rimes, l'appréhension « d'aller en poste à l'hospital » \ Ma fortune est petite... Je suis cependant traité comme si je possédois tout ce qui me deffaut et il n'est point de semaine où il ne faille que ma bourse contribue aux affaires de la guerre ». Lui, qui est un « malaisé » il lui faudra payer encore la « taxe des aisés », à moins que le

Page 1