‹ Le poète François MainardChapitre 186 sur 375 · Lettre CCXX · texte numérisé non relu

Lettre CCXX

nouvel intendant du Quercy veuille tenir compte des instances du procureur général de Navarre, Auguste Galland, sollicité à son tour par le bon Flotte d'intercéder pour son ami \ Le président admet qu'il faille se saigner pour la prospérité des affaires du roi, mais, pour sa part, il voudrait être exonéré de ce sacrifice2. Il a des paroles dures et méprisantes pour les « croquants » qui osent se mutiner contre leurs maîtres, au lieu de se résigner à en être éternellement pressurés'. A tout considérer, la politique de Richelieu qui tient les étrangers au-delà des frontières françaises, est digne de louange : « Un passage d'Allemans nous seroit plus ruineux que les subsides de trois années » *. Mais la paix serait cent fois préférable aux plus brillantes victoires des troupes de Sa Majesté. Les affaires domestiques du président s'en trouveraient mieux. La taille diminuée, plus de taxes ni de subsides ? Ce serait le bonheur :

Quand sera-ce grand Cardinal Que la paix fera des marmites De tout le fer de l'Arsenal 5 ?

Le cri est burlesque, mais l'inspiration qui l'a fait jaillir est sincère. Le fisc rognait fortement les finances de Mainard et les grosses dépenses nécessitées par l'entretien de sa famille, par l'éducation de ses enfants et par le soin de ses affaires, réduisaient notre personnage non pas, certes, à l'indigence, mais à une gêne qui frisait la pauvreté. On peut être choqué des plaintes répétées de Mainard contre les puissants qui l'abandonnent à sa destinée; on peut être irrité de ses incessantes et aigres récriminations contre l'ingratitude de son siècle et contre l'avarice des princes. A défaut de noblesse, les vers où il exprime ses constatations attristées ou ses plaisanteries amères ont le mérite de dire avec sincérité la détresse pécuniaire du poète, de peindre, avec des images burlesques, il est

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