Lettre CGLXIII
5. Ed. Garriss., t. III, p. 63. C'est la pièce que, dans ses lettres CXLI et GXLVII de fin sept, et oct. 1638, Mainard appelle Vépigramme de la paix.
vrai, mais à notre gré, plus touchantes que risibles, sa déception profonde de voir dissipées ses illusions sur le pouvoir de la poésie.
Malherbe n'aurait guère compris ces doléances acrimonieuses de son élève. On sait qu'il tenait les arts et la poésie en un profond mépris et qu'il étendait ce sentiment môme sur les sciences qui n'avaient pas le pouvoir « d'amender le pain et le vin ». Un jour que le méchant rimailleur Robert Bordier se plaignait de ce que seuls les hommes d'épée et ceux qui servaient le roi dans les affaires d'importance reçussent des largesses, tandis qu'on se montrait ingrat envers les gens qui excellaient dans les belles-lettres, le vieux courtisan avait répondu qu'il était juste qu'il en fût ainsi, «que c'estoit sottise de faire des vers pour en espérer autre récompense que son divertissement et qu'un bon poète n'estoit pas plus utile à l'Estat qu'un bon joueur de quilles » 1. Jamais le propos de Malherbe ne fut plus de mise que dans les dures années qui vont de 1635 à 16i2. Le beau moment de s'en prendre au roi et aux ministres de leur indifférence à l'égard des faiseurs de vers, quand les armées guerroient en Catalogne et en Flandre, dans le pays rhénan et en Italie et que l'ennemi, à plusieurs reprises, envahit le royaume ! A sa rentrée en France, en décembre 1636, Mainard apprit que les Impériaux venaient de quitter la Bourgogne, et Flotte put l'informer que les bourgeois de la capitale étaient à peine remis de la folle frayeur où les avaient jetés la prise de Corbie par le cardinal infant et l'approche des bandes de Croates et de Hongrois du terrible Jean de Werth. Au printemps de 1637, le comte de Vaillac, de retour en Quercy pour y soigner ses blessures, relata à Mainard 2 la descente de la flotte française en Sardaigne et le rude combat qu'elle avait livré à l'île Sainte-Marguerite, sous la conduite du comte d'Harcourt et du