Cf. 1. CXLV
soupirant à Flotte, qui lui relate les incidents de son insouciante vie de garçon. Sa vieillesse tombe fréquemment « dans une fainéantise d'où le commandement de tous les princes de l'Europe ne la scauroit tirer' » et les « petites infirmités » qui le persécutent lui ôtent l'envie de se mettre de tout cœur à l'ouvrage2 ».
Il n'y a pas jusqu'aux événements politiques qui n'apportent des obstacles au labeur deMainard. Ainsi, presque toute l'année 1641, il vécut dans un état de vive anxiété. On connaît l'histoire de la révolte des princes — le duc de Bouillon, le comte de Soissons et Henri de Guise, archevêque de Reims se liguant à Sedan, ville gouvernée par Bouillon, et appelant à leur aide l'Empereur et les Espagnols contre la domination du Cardinal \ A l'annonce des premiers actes d'hostilité des princes, Mainard est saisi d'inquiétude (avril 1641). C'est que la plupart de ses biens et la maison qu'il habite se trouvent dans la vicomte de Turenne, dont le duc de Bouillon est le suzerain, et qu'il ne voudrait pas lui, Mainard, qui n'a « jamais eu de pensées que celles que le devoir et la justice donnent à un bon François », être soupçonné d'avoir le moins du monde trempé dans le complot du maître de la province'1. Après la déclaration du roi contre les princes (8 juin), ses craintes redoublent. Il lui semble à toute heure que Louis a envoyé dans « le petit coing de terre » où vit le poète « des gens avec ordre d'abattre les maisons de M. le duc de Bouillon et d'abolir les privilèges qui depuis trois siècles ont tenu ce païs dans un calme qui a excité l'envie de nos voisins. » Craintes légitimes. Bientôt il vit le château de Saint-Céré occupé par les gens du maréchal de Schomberg et la forteresse voisine de Turenne entre les. mains du duc de Ventadour. Voilà donc à quoi avait abouti la rébellion qui avait charmé fe duc de « ses monstrueuses