Lettre CCLXIX au même
c'est pour contenter les générations à venir et les amis qu'il s'est acquis sous le règne de Henri le Grand, tels que l'illustre maréchal de Bassompierre et le « grand » comte Adrien Montluc de Carmain, c'est pour leur plaire à eux seulement, ainsi qu'à ce juge sans reproche qu'est la postérité, que Mainard travaille à parfaire ses vers \ Il repousse l'offre alléchante que lui fait Flotte de tenter une entrée à la Cour à l'aide de son volume de vers. Dédaigneux de la Fortune qui l'a fui, il fait maintenant des caprices de cette déesse, le jouet de sa philosophie2. Fatigué d'avoir sans fruit adulé les puissants, il ne veut plus désormais les importuner de ses « panégyres11 ». C'est même avec une amère satisfaction qu'il se félicite de n'avoir point profité des libéralités des princes et a d'avoir fait de l'honneur à la France à ses dépens'1. Pour narguer son siècle il songe à dédier son ouvrage à l'ombre de Mécène ou à celle de François Ier ', ou encore d'en faire hommage au bon Flotte pour marquer à cet ami sûr et dévoué tonte sa gratitude.
Cependant Mainard n'avançait qu'avec lenteur dans le travail de mise au point de ses productions. Des empêchements nombreux en sont cause ; ses procès l'appellent souvent à Toulouse ou en Rouergue'1. Les soins à donner à ses affaires domestiques « dont la pesanteur l'accable » l'éloignent souvent de son « estude ' ». Quand il s'y trouve, la maladie de sa femnu trouble sa tranquillité d'esprit, a Le célibat n'est pas moins nécessaire aux poètes qu'aux prestres, et les Muses ne doivent pas s'embarrasser des soings d'une famille8 », déclare-t-il ei