LA FAMILLE DE FRANÇOIS MAINARD. — ENFANCE ET JEUNESSE DU POÈTE
I. — Les Mainard du Quercy et ceux de Saint-Céré. De la prétendue
noblesse des aïeux de Fr. Mainard. Preuves que notre personnage n'était pas noble. Son anoblissement en 1644. — Jean Mainard, son grand-père. — Biographie de Géraud de Mainard, son père. SesNotables questions du Parlement de Toulouse. Jugement sur cet ouvrage. De quelques traits d'esprit et de caractère hérités par Fr. Mainard de son père. — Mort de Géraud, père, et de Jean de Mainard, frère aîné du poète.
II. — Discussion sur le lieu et l'année de naissance de Fr. Mainard : Toulouse, 158'? ou 1583. — Fr. Mainard, docteur et avocat. — Son goût précoce pour la poésie ; ses espérances et ses vœux.
Le nom patronymique Mainard avec toutes les variantes orthographiques qu'il présente, Maynard, Meynard, iMeinard, Ménard, Mesnard a été de tout temps très répandu en France1.
1. On aurait tort de croire (pic ce nom indiquait primitivement une famille originaire du .Maine. Mainard est le correspondant du germanique Meia-hart qui aurait dû donner Menard (cf. Rein-hard, Renard). Comme l'étymologie populaire a rattaché ce nom au Maine, son orthographe et sa prononciation ont changé.
2 LE POÈTE FR. M AINAIil)
Dans le Languedoc, aux xvie et xvne siècles, de nombreuses familles que ne liait aucune parenté s'appelaient ainsi'. Sur une étendue fort restreinte de territoire dans le Haut- Quercy, il y avait à celte époque les Mainard de Saint-Céré2 et de la paroisse voisine d'Autoire3 auxquels appartient le poète dont nous nous occupons, les Maynard ou Meynard, seigneurs de Chaussenège, et les Maynard ou Meynard, seigneurs del Py ou du Puy, Saint-Michel et Glarefage.
C'est à cette dernière maison que M. Esquieu, dans son Essai d'un armoriai quercynois*, prétend sans preuve rattacher le François Mainard auquel nous consacrons cel ouvrage. Deux biographes de noire écrivain, Blanchemain et Garrisson, font eux aussi descendre le poêle Mainard d'ancêtres nobles. Le premier de ces .ailleurs allègue à l'appui de ses dires les armoiries de fantaisie relevées sur les cachets apposés au testament du petit-fils de notre personnage . Le second cite quelques
1. Signalons ici quelques homonymes Languedociens de notre personnage . Arch. départ. Haute-Garonne, 29" rcg. des insinuations, Il juiUet Km'*. Pactes de mariage entre François de Meinard, conseiller du roi au Parlement de Toulouse et demoiselle Honorée de Lestang, fille de Christophe de Meinard de Lestang, conseiller du roi au même parlement. — Mêmes arch. B. :{'.».'). V 2% el B. 'ii<>. r lâ9, lo avril 1620, Jean Maynard", conseiller au présidial de Rouergue, fils et héritier de François Maynard. Ce dernier est peut-être le même que Fr. Maynard, dont on contesta en 1606 les droits Si un office de receveur alternatif des tailles, taillons et divers extrordinaires du haut pays de Rouergue (Arch. Nat. E. 10A , I'' 91, Conseil d'Etat du 31 janv. 1606). In François de Meynard était, le 16 juin 191(>, escholier au collège Sainte-Catherine de Toulouse (Areh. aotariales Haute-Garonne, Marsillac notaire). On verra par la suite la confusion qu'on a faite entre notre personnage H un François Ménard, nfmoîs, lo89-t631, poète lui aussi.
2. On sail que le Querey représenté le département actuel du Lot. Saint- Céré est aujourd'hui chef-lieu île canton de ce département el se trouve à il k" de Figeac el à Tti k" de Cahors.