‹ Le poète François MainardChapitre 3 sur 375 · Autoîre se trouve à 7 k" de Saint-Céré · texte numérisé non relu

Autoîre se trouve à 7 k" de Saint-Céré

4. Dans le Bulletin de la Société, des études scientif. et lui. du /.ni. l'iiii pp. 298 et 299.

o. Notice biographique, en tète de l'édition donnée par Blanchemain du Philandre de Mainard. Genève, 1867. — Les armes de Mainard auraient été « d'or à la main doxtre haute en pal de gueules ». C'esl M. Th. Lavaur de Laboisse qui a sans doute renseigné Blanchemain. Dans une note ajoutée aux papiers de Mainard, en dépôt aux archives du château de Laboisse et que M. .1. L. Viguié, curé de Saint-Jean Lespinasse (Lot), a ou l'obligeance de transcrire à notre intention, M. Lavaur donne Ja même description des armes >h-> Mainard de Saint-Céré, d'après « l'analyse faite par un habile connaisseur en blason sur le cachet apposé sur Je testament de Charles-François de Mainard, petit-fils du poète. )' .Nous retrouvons ce cachet sur plusieurs lettres de notre personnage adressées eu 1634 et 163o à Charles de Noâilles, évêque île Saint-Flour (Arch. Al')', étrang. Home T. XLIX et L.) et sur une lettre du 1" janv. 1633 à la comtesse

papiers du quatorzième siècle qui parlent de damoiseau Rigald Maynard et de noble Guillaume Maynard de Saint-Céré1. La référence que Garrisson a donnée pour ces pièces est tellement vague qu'il nous a été impossible de la contrôler. Toujours est-il qu'un autre acte copié par feu M. Th. Lavaur, propriétaire du château de Laboisse2, sur le répertoire des titres et papiers divers de la famille Bonnefons de Presques fait mention pour l'année 1361 de Guillaume Maynard, damoiseau, fils de feu Guilhen de la paroisse Sainte-Espérie, à propos de la vente d'une vigne située à Saint-Céré3. Certes, de même que les actes cités par Garrisson, ce document est la traduction d'un original latin ou plutôt roman. Il s'agirait donc de savoir quels en étaient les termes rendus dans la version française par damoiseau et par noble, qualifications qui, au xvie siècle, de même que messire, écuyer et la préposition de n'indiquaient pas toujours une noblesse réelle: De plus, il faudrait établir quels sont les liens qui rattachent ces Maynard de Saint-Céré du xvi° siècle à Jean et Géraud de Mainard du xvie siècle, les seuls devanciers que nous connaissions du poète François Mainard.

Enfin les doutes que ces actes pourraient laisser dans notre esprit au sujet de l'origine noble de Fr. Mainard sont dissipés par la teneur d'un document de 1639 et, d'autre part, par les propres témoignages du poète.

En énumérant, le 15 mai 1630, par devant le juge mage et

de Clermont (collection du baron Robert de Rothschild). Comme nous le fait justement remarquer M. l'abbé Viguié, cette analyse est aussi fantaisiste que les armoiries du cachet. D'abord ce cachet ne porte pas le moindre signe, soit sur le champ, soit sur la pièce, qui en indique les divers émaux. Sur le cacbet de François Mainard, la main est une dextre vue de dos, issant vers la pointe, tandis que sur le cachet de Charles-François, son petit-fils, la main est une dextre appaumée, placée au cœur de l'écu. Le premier de ces cachets est timbré d'un heaume ouvert et empanaché, tandis que le second est timbré d'une couronne ducale. La main est bien de gueules puisqu'elle est empreinte sur « cire rouge d'Espaigne », mais le fond l'est anssi!

1. Œuvres poétiques de Mainard, éd. Garriss, III, 3i8, actes de 1352, 1353 et 1355. Garrisson cite les archives de la paroisse de Saint-Céré. Nos recherches personnelles dans cette localité nous ont montré que cette référence est certainement fausse.

2. Château à proximité de Saint-Céré. M. Raymond de Lavaur, le propriétaire actuel de Laboisse, descend en linge féminine de Fr. Mainard : la petite-fille du poète, Charlotte, épousa Guillaume de Lavaur de Laboisse.

lieutenant général du présidial de Cahors, les cens-rentes que François Mainard possédait dans la châtellenie de Saint-Céré, le « procureur » de notre personnage déclare que son client paye pour ses propriétés les droits de franc-fief au vicomte de Turenne1. On sait que seuls les roturiers acquéreurs de fiefs — dans l'espèce, les Mainard qui avaient acheté ces biens des Puylaunès, seigneurs de Narbonnès — étaient tenus de verser ces droits.

Les plaintes en vers et en prose du poète au sujet des tailles qu'il doit payer pour « ses prés, ses vignes et ses bois- » confirment les conclusions que nous avons tirées de ce document. Les tailles auxquelles il était soumis n'étaient point réelles comme celles que nobles et manants payaient dans les pays d'étals, mais des tailles personnelles dont les moindres hobereaux étaient exempts dans les pays d'élection, comme l'était la vicomte de Turenne en Quercy, habitée par Mainard'. Si parfois il réussit à s'en faire exempter totalement ou partiellement, c'est en faisant valoir auprès <l<i ses protecteurs, non pas sa noblesse, mais sa pauvreté'' ou encore son titre d'officier du roi.

Noble, certes, il ne l'est pas et il s'en félicite. Au fort de la guerre de Trente ans, au moment de la convocation du ban et de l'arrière-ban (30 juillet 1635)s, service dû au roi par les gentilshommes détenteurs de fiefs, notre personnage s'estime heureux de ce qu'on ne saurait le contraindre à partir pour

la guerre :

Le ban ne me sçauroit forcer A donner dans l'art militaire, On se trompe de me passer Et pour noble et pour feudataire.

1. Arch. départ, du Lot, série B, art. 414. — V. aussi Pièces justifient ires. t. Ed. Garriss., IU, 91 et 9i, épigr. Le ban ne me sçauroit forcer. . . et // faudra que mon cuisinier. . .

3. Comment Cathala-Coture, Hist. du Quercy, Montauban — Paris, 1783 (T. I. Dissertation préliminaire, p. 30), a-t-il pu écrire que cette province comptait parmi ses privilèges la taille réelle? Le Quercy faisait partie de la Guyenne, pays de tailles personnelles, et relevait au point de vue financier de la généralité nouvellement créée à Montauban. Cf. d'Avenel, Richelieu et la monarchie absolue, Administration générale. Les finances. Chap. ».

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