‹ Le poète François MainardChapitre 205 sur 375 · Lettre CLVXI · texte numérisé non relu

Lettre CLVXI

4. Cf. lettres déjà citées de Balzac à Silhon (1. o du liv. IX, éd. in-f") et de Chapelain à Balzac (éd. c, t. I, pp. loi et 222).

président et cette fâcheuse nouvelle toucha Balzac au point de lui faire rompre le vœu solennel qu'il avait prononcé en 1636 de cesser tout commerce épistolaire jusqu'en 1639 \ Il envoya donc à son ami de Saint-Céré une épître latine en vers : Ad Franciscum Mainardum Roma reducem quaerela \ « Que s'était-il donc passé ? A part Rome et l'Italie, le reste était-il sans prix aux yeux de Mainard ? Plein des beaux souvenirs qu'il avait rapportés de son voyage, avait-il oublié les liens qui l'attachaient à Balzac ? Ah ! que le poète se délecte à loisir dans son commerce avec les modèles de l'ancienne et de la moderne Italie, pourvu qu'il se souvienne de l'amitié promise autrefois à son cher compagnon ! » Chapelain adressa des copies de cette pièce non seulement aux membres de Y Académie putéane, aux Arnaud, à Montausier et à tous les beaux esprits de Paris, mais encore à Rome, où cette petite pièce de vers obtint les louanges de Bentivoglio, du P. Strada et de Mascardi3. Fort sensible à l'honneur de voir son nom « dans un esclat » auquel il n'avait jamais osé espérer, Mainard remercia avec effusion Balzac , et, par l'entremise de Chapelain 5, lui fît parvenir ses lettres, ses odes et ses épigrammes dont certaines étaient dédiées au rhétoricien*. Celui-ci poussait l'intérêt qu'il portait à notre écrivain jusqu'à envoyer exprès des domestiques à Saint-Céré prendre de ses nouvelles, et les jours où, débordé par l'immense correspondance qu'il entretenait avec la France et l'étranger, il lui était impossible d'écrire à son ami, il chargeait Girard, l'official d'Angoulême, ou son voisin le prieur Ogier, de tenir la plume en son nom7.

1. Cf. 1. 61 du liv. IX à M.,%, qui est la dernière de l'édition de 1636 des lettres de Balzac. — V. aussi une lettre du 31 mai 1637 de Chapelain à Balzac (éd. c, t. I, p. 153).

Page 1