‹ Le poète François MainardChapitre 204 sur 375 · Cf. lettre CXC1II · texte numérisé non relu

Cf. lettre CXC1II

3. Cf. l'épigr. : « Loin du beau séjour de mon Prince » et le sonnet à Puymisson, éd. Garriss., t. III, pp. 80 et 26. — Cf. aussi la lettre CVII où il parle à Flotte des déplaisirs qu'il souffre « en un pais où les dents provinciales ne se peuvent lasser de le déchirer. »

« mespris orgueilleux » avec lequel parfois ce seigneur le traitait, blessait profondément Mainard. De là, des brouilles passagères, mais encore assez graves 1 . Tout récemment encore, le châtelain de Castelnau avait outrageusement parodié un sonnet adressé par son voisin de Saint-Céré au chancelier Séguier '. Enfin le gouvernement de Mazarin inspire à Mainard la confiance et les espoirs que tout changement de régime fait naître chez les mécontents des anciens maîtres de l'Etat. — « Je ne sçaurois estre plus longtemps dans ma solitude, écrit-il vers juin 1644 à Pressac, la démangeaison de la Cour m'a pris, et tout chenu que je suis je songe à reprendre unmestier que j'ay toujours assez mal fait, et qui ne m'a pas réussi. » Son dessein, déclare-t-il, est de se rendre d'abord à Balzac, se concerter au sujet de cette entreprise, avec l'ermite de la Charente : « Il est las d'estre dans sa hutte, et désire comme moy de se monstrer au grand monde \ »

Dans l'accablement où il s'était abîmé durant de longs mois, à cause de sa violente rupture avec Noailles, Mainard n'avait pas donné signe de vie à Balzac qui s'inquiétait de son sort auprès de Silhon et de Chapelain '. Ce fut en avril 16.38 seulement que ce dernier l'informa du gros malheur arrivé au

1. Cf. lettres GLXXXIII, CCX et CCXVIII. — Clarius et l'orateur frisé sont les surnoms qu'il donne au comte de Clermont désigné clairement par les mots « mon voisin de Castelnau » dans la lettre CLXXXIII.

2. Sur un exemplaire de l'édition de 1646 des Œuvres de Mainard que M. Abel Lefranc, professeur au Collège de France, a eu l'obligeance de nous communiquer, nous avons relevé en marge du sonnet Trois testes ont porté la couronne des lys (éd. Garriss., t. III, p. 9) l'annotation suivante d'une écriture du xvne siècle : «Ce sonnet fut parodié par le comte Clermont de Lodève, alors ennemi de l'autheur. » Voici les var. introduites dans le texte du poète : v. 1, Trois fois j'ay mente d'avoir la fleur de lys ; v. 3, Mais malgré tant de vers qu'en suant j'ay polis; v. 6, Aussi n'ont-ils receu de moy plaisir ni gloire ; v. 8, Et payé les affronts que la Cour m'a fait boire; v. 11, De brasier les papiers dont j'infecte la France; v. 14, Que tu fuiras la paix du gibet et de moy. L'annotateur anonyme ajoute que Mainard se vengea par un autre sonnet où il reprochait au comte d'avoir fait tuer son père (ou son frère ?).

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