Cf. lettre CLXXII de Mainard à Théron, fin
6. Balzac avait dit ce « mauvais mot » dans sa lettre 20 du liv. III, à
CloriiKle (3 mai 1620).
et descrie un proverbe à qui je pensois pouvoir donner cours1 ».
Un autre ami de Mainard, Pressac, greffier en chef au Parlement de Toulouse, avait, lui aussi, sur les instances de notre poète, apporté son tribut d'admiration à Balzac. Vers latins, lettres françaises, appels aux lumières du grand homme sur des questions ardues, par exemple sur la lettre de Fabrice au roi Pyrrhus, sur le véritable sens d'un passage de Rutilius Numatianus, sur Sénèque et Burrhus, tels étaient les messages flatteurs que ce magistrat humaniste adressait à Balzac. A son tour, le rhétoricien promettait à Pressac de le célébrer dans ses Carmina sous le nom de « Soranus » et terminait une de ses lettres par le panégyrique de Toulouse et de sa Pallas dont la vie était plus longue que celle d'Athènes2. C'était un témoignage de reconnaissance, en quelque sorte, à la ville à laquelle Balzac devait, grâce aux soins de Mainard, tant d'enthousiastes admirateurs : le premier président Bertier de Montrabe 3 ; Pierre de Bertier, son parent, éveque d'Utique ; le président de Gaminade ; l'avocat Saint-Blancat, polémiste, historien et poète dont un poème adressé à Balzac, en 1644, était rempli de louanges qui allaient « jusqu'à l'apothéose et à la canonisation4 ».
Les voisins du grand homme : le prieur Ogier; M. de Ghives, officiai d'Angouleme5, et son collègue, Claude Girard;
1. Cf. lettre 17 du liv. XIV de Balzac à Théron. Il faut rectifier la date 4 mai 1643 de cette missive, attendu qu'on y lit cette phrase : « Et qui ne sçait que l'or se rafine en vieillissant et que le soleil, son père, est encore aussi clair l'année mil six cens quarante deux qu'il es toit le jour de sa création ». V. aussi la lettre 12 du liv. XIV du 20 mars 1613 que Balzac envoya à Théron par l'intermédiaire de Mainard, et lettres CLXXVIII, CCIX, GCLXVI de Mainard.
2. Pour les rapports de Pressac et de Balzac, v. les lettres XI, XLVIII, CXLIX, CG VIII et GGX de Mainard à Pressac. — Le Vme des Discours politiques de Balzac (Œuvres, t. II, éd. in-f°, p. 460) est une Réponse faicte sur le champ à M. de Pressac, conseiller du Boy (sans date).
3. Cf. la lettre 11 du liv. XV du 7 janvier 1643 dans laquelle Balzac sollicite j le président en faveur d'un procès de son ami de Saint-Céré. — Le 25 juillet 1644, Balzac recommande à Chapelain d'adresser un exemplaire du nouveau tirage de ses Apologies à Bertier de Montrabe (Lettres inéd. p. 547).
4. Mainard (cf. 1. CCLXVI à Théron) avait apporté pendant l'été 1644 des productions de Saint-Blancat à Balzac qui le chargea d'un remerciement latin pour cet! écrivain (cf. Lettres inéd. de Balzac, 26 août 1647, à Chapelain). Sur ce bel esprit, v. une note de Tamizey de Larroque dans son édition des Lettres inéd. de Balzac,] p. 572 et Lettres inéd. de Chapelain du 10 juillet et du 11 novembre 1638.
5. V. sur lui, Lettres de Chapelain et la lettre 30 du liv. IV des Œuvres de Balzac, éd. in-f.
le frère de ce dernier, Guillaume Girard, qui lisait à la société les parties déjà rédigées de la vie de feu le duc d'Epernon 4; un gentilhomme poitevin, Charles de la Tibaudière, furent en même temps que Mainard, en juillet 1644, les hôtes ou les visiteurs de l'ermite*. La Tibaudière se piquait de littérature; il avait composé des recueils contenant ses observations sur les auteurs anciens et modernes qu'il avait lus', et aimait se frotter aux gens de lettres : aux pédants Chapelain, Ménage et Costar4 comme au spirituel chevalier de Méré5, au rhétoricien Balzac comme au poète Mainard à qui il ressemblait par plus d'un côté. Aussi gros6 que lui, il s'en distinguait par la béate satisfaction qu'exprimait son visage, ce visage « de jeune pape, disait Balzac, devant lequel il n'y a point de chagrin qui puisse tenir. » Comme Mainard, La Tibaudière savait divertir la compagnie et même le morose Balzac par son « éloquence facétieuse, sa constante et spirituelle joye », par sa conversation où il faisait entrer « ce qu'il en faut justement pour tenir l'esprit entre la desbauche et l'estude dans cet agréable milieu qui participe de Tune et de l'autre7 ». Comme Mainard enfin, il recherchait les bisques et les bons vins8 et était
Amy des morceaux délicats Et de la desbauche polie \
1. f 13 janvier 1642. V. entre autres éditions de l'ouvrage de Guillaume Girard, La vie du duc d'Epernon, celle d'Amsterdam, 1736, in-8°.
2. Cf. Lettres inéd. de Balzac, 4 juillet 1641, à Chapelain, sur la présence à ce moment de La Tibaudière chez Balzac. Ce gentilhomme était vaguement allié à la famille de l'épistolier (ibid., note de Tamizey de Larroque, p. 721). — Balzac lui adresse les lettres 22 du liv. V, 19 et 29 du liv. X, 31, 32, 33 du liv. XII, 49 et 50 du liv. XVI ; les XVIIe et XVIIIe Dissertations critiques ; enfin deux lettres latines {Carminum libri très ejusdem Epistolœ selectx, Paris, 1650 pp. 465 et 467).
3. Lettre 9 du liv. XXI, 25 avril 1640, de Balzac à Chapelain.
4. Le recueil de lettres de Costar renferme deux lettres à M. de la Tibaudière, pp. 618 et 631. Sur ses relations avec d'Ablancourt, Costar et Ménage, v. Lettres inéd. de Chapelain, 20 janvier 1610, 19 mai 1610, etc.
5. V. la brochure de M. Ch. Révillout, Le Chevalier de Méré, Montpellier, 1887, pp. 23, 24, 26, etc.
6. C'était le surnom de la Tibaudière, cf. Lettres inéd. de Chapelain, t. I, p. 705, note 3 et p. 716.
7. V. pour ces citations les lettres 31 du liv. XII, de Balzac à La Tibaudière et la lettre 11 du liv. XXI, de Balzac à Chapelain.