‹ Le poète François MainardChapitre 217 sur 375 · Cf. lettre 19 du liv. X de Balzac à la Tibaudière · texte numérisé non relu

Cf. lettre 19 du liv. X de Balzac à la Tibaudière

9. Epigr. de Mainard à la Tibaudière, éd. Garriss., t. III, p. 148. — Notre auteur lui adresse ses lettres LXVI, CCXXXVII, CCLXIV, CCLXXIX.

Il est aisé de deviner combien ces deux invités, le gentilhomme et le président, firent honneur à la table de Balzac. Car si le maître de céans, de santé frêle, ne savait quel mal dire de la bière, consentait à peine à humecter ses lèvres de muscat1 et, dans son horreur d'un autre sang que celui des cerises et des mûres2, se nourrissait principalement de fruits et des délicieux fromages que lui envoyait sa cousine, Mme de la Chétardie3, il tenait à bien traiter ses hôtes et aimait la belle ordonnance des festins autant que l'ajustement des périodes. Voiture nous apprend de son rival qu'il était màgister dicendi et cœnandi. « Il a, écrit-il à Gostar, un certain art de faire bonne chère qui n'est guère moins à estimer que sa rhétorique et, entre autre choses, il a inventé une sorte de potage que j'estime plus que le panégyrique de Pline, et que la plus longue harangue d'Isocrate. » Même — qui l'eût cru ! — à la fin des repas, la nièce de Balzac, Mme de Forgues, entonnait de sa voix fraîche les chansons bachiques que l'insouciant Flotte avait adressées à l'ermite^. M,ne de Forgues tenait évidemment à faire plaisir à Mainard qui venait de composer un sonnet 5 en l'honneur de son frère, M. de Campaignol, lieutenant aux gardes du roi, « un brave intrépide » écrivait le poète, en conviant l'oncle de ce « jeune lyon » à éterniser son nom dans ses panégyriques.

C'était la belle saison et l'on ne s'attardait guère à table.

1. Lettre à M. de Morin, conseiller en la Chambre de l'Edit de Guyenne, qui lui avait fait présent d'une charge de muscat. Balzac envoie en même temps à son correspondant trois pièces latines, deux en vers Francisci Guieti, In cervisiam et Hugonis Grotii, Pro cervisia et une lettre Erycii Puteani, De cervisia (1. 38 du liv. XV de l'éd. in-f).

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