‹ Le poète François MainardChapitre 339 sur 375 · C. Ouvrages en vers · texte numérisé non relu

C. Ouvrages en vers

a. Le Philandre de François Maynard, à Tournon, par Claude Michel, 1619, in-12.

Réimpressions : a. Lyon, Claude Chastellard, 1620, in-12. /;. Lyon, Simon Rigaud, marchand libraire devant Saint-Antoine, 1621, in-12. c. Paris, Mathurin Henault, 1623, in-12.

L'exemplaire de Lyon, 1621, de la Bibl. de l'Arsenal porte sur le titre « avec permis et privilège », mais ne contient ni l'un ni l'autre.

b. Pièces nouvelles de Monsieur de Maynard, Toulouse, par Arnaud Colomiez, imprimeur ordinaire du Roy et de l'Université, 1638, in-16. — Contient à part trente-trois épigrammes et une ode à Flotte, une épigramme du comte de Clermont et l'élégie latine adressée, en 1636, par J. de Sirmond à Mainard, à Rome.

Réimpression : Même titre a jouxte la copie imprimée à Tolose », Paris, André Soubron, au Palais en la petiie gallerie à l'image Nostre- Dame, 1639, in-12.

c. Les Œuvres de Maynard. A Paris, chez Augustin Courbé, dans la petite Salle du Pallais, à la Palme. MDCXLVI. Avec Privilège du Roy.

In-4°, 16 ff. liminaires -f- 384 pages, dont -365 occupées par le texte et le reste par la table, le privilège du roi du 15 janvier et l'achevé d'imprimer du 15 juin 1646.

Les 16 ff. liminaires comprennent le titre ; une épître dédicatoire soit à Mazarin soit à Séguier ; un portrait de Mainard gravé par Pierre Daret avec, au-dessous, quatre hendécasyllabes latins de Ménage ; une épître de Scarron ; un sonnet de Mainard à son livre ; une épître de Boisrobert, une ode latine de l'abbé P. Bourdelot; deux épigrammes latines de Fr. Guyet ; une épigramme latine au lecteur de J. Peyrarèdc ; un sonnet à l'auteur par Tristan ; une épigramme latine de P. ïausianus Bastidaeus Lautrecius Avitanus et une autre de Charles, le fils du poète ; une préface sur les vers de Mainard par Gomberville.

L'ordre dans lequel se suivent ces pièces liminaires n'est pas le même dans tous les exemplaires. Certains donnent la préface de Gomberville immédiatement après la dédicace, tandis que l'épître de Scarron figure à la suiLe des autres compositions énumérées. Il a déjà été dit (liv. I, chap. VIII, § 3) que Mainard fit faire deux tirages de l'introduction de ce volume.

Les exemplaires qu'ont décrits MM. Durand-Lapie et Lachèvre dans Deux homomjmes (p. 61) sont certainement défectueux, car ils ne contiennent seulement que lépître de Boisrobert ou celle de Scarron.

Pour l'analyse de ce volume, cf. le chap. VIII, § 3 du livre I du présent ouvrage.

Le texte de l'exemplaire qui appartient à la Bibl. de l'Arsenal diffère par certains détails de celui des cinq autres exemplaires des Œuvres de Maynard que nous avons eus en mains. Ainsi les odes ou plutôt les portraits satiriques qui figurent aux pp. 158, 163 et 165 du tome III de l'éd. Garrisson, y ont pour titre Le Magistrat, Le Poultron et Le Théologien. Le vers 6 du sonnet reproduit par Garrisson p. 11 du t. III de son édition présente la leçon : Lis fuyenl sur la mer, ils jugent sur la terre au lieu de : Lis nous tournent le dos sur l'onde et sur la terre ; le vers 14 du sonnet de la p. 60 du t. III de la même édition présente la leçon : Ils auront consommé le reste de la France, au lieu de : la moitié de la France.

Pièces de ce volume qui ont paru à part et antérieurement à 1646 :

Ode à Monseigneur le Cardinal sur l'heureux succès du Voyage en Languedoc, Paris, Toussainct du Bray, 1633, in 4°, 88 fî. (Cette plaquette contient aussi la petite pièce dédiée à Bautru, cf. éd. Garrisson 11,271).

Les sonnets A son Eminence sur les machines de la Comédie Italienne et Iule puisque l'honneur des filles de Mémoire, Paris, De l'imprimerie d'Augustin Courbé, in-4° (s. d., en réalité 1645).

D. Vers de Mainard parus de son vivant dans les anthologies

M. Lachèvrea donné dans sa brochure laite en collaboration avec M. Durand-Lapie, Deux homonymes du xvir siècle. Fr. Maynard et Fr. Mènard et dans sa Bibliographie des recueils collectifs de poésies de 1597-1700 (4 tomes) la liste et la description des anthologies qui ont inséré pour la première fois des vers de Mainard. Ce bibliographe reproduit un grand nombre de pièces que notre poète a dédaigné de l'aire entrer dans le volume de 1646, mais qui, à défaut d'intérêt littéraire, présentent parfois un intérêt biographique. Signalons quelques fautes de transcription de M. Lachèvre :

Le vers 1 de l'épigramme Pour un jaloux (Deux homon. p. 72 et Bibliogr. t. 1) est : Jean, tant que vous axez permis et non comme l'a imprimé M. Lachèvre : Jean, tant que vous acez promis; les vers 6 et 7 de l'épigramme : Le bon esprit n est pas en lustre (Deux homon. p. 92 et Bibliogr. 1, 409) sont :

Le Roy, pour lier la vertu

A la rame d'il ne galère,

et non Le roi.... et A (verbe) la rame, etc. Il s'agit de Marin le Roy de (ioinberville et non du roi de France. Le premier vers de l'épigramme : Je te hais pis que la peste (Deux homon., p. 99) est mal reproduit Je le hais pire que...

M. Lachèvre a eu tort d'ajouter foi à l'allégation de Labouïsse- Rochefort, qui donne comme un rondeau inédit de Mainard le rondeau : 77 est passé, il a plié bagage. Ce rondeau ne figure même pas sur les cahiers autographes de Mainard, comme le laisse croire Labouïsse-Rochefort. En reproduisant, d'après le Nouveau recueil de divers rondeaux, Paris, 1650, une variante nouvelle de cette pièce (Bibliogr., II, 710 et Deux homon-, p. 412), M. Lachèvre déclare que cette pièce y figure sans nom et que Tallemant l'attribue à Robert Miron. En réalité, ce rondeau sur la mort de Richelieu courait à Paris et dans les provinces dès les premiers mois de 1643 ; l'évêque de Vannes brava à ce moment aux Etats de Bretagne, le maréchal de la Meilleraye, une créature de Richelieu, en l'apostrophant avec deux hémistiches de ce rondeau : Ll est passé, il est en plomb1. De même le frondeur Guy Patin s'écrie avec joie, le 6 mars 1643 : II est passé, il est en plomb l'éminent personnage'1 . Mainard qui vivait à cette date au fond du Quercy n'aurait pas réussi à donner une vogue si immédiate à l'une de ses pièces.

1 . Chéruel, Histoire de France pendant la minorité de Louis XI V, Paris, 1870, 1, 14.

2. Lettre 61, du tome I, 98, citée par Perrens, Les libertins au XVIIe siècle, p. 128.

E. Vers de Mainard parus de son vivant dans divers ouvrages

1° Recueil de vers lugubres et spirituels de Louys de Chabans, sieur du Maine, Paris, Du Bray, 1611, in-12. Contient des stances liminaires reprod. par MM. Durand-Lapie et Lachèvre, Deux homon., p. 70.

2° Recueil des cartels publiez es présences de leurs MM. en la place lîoyalle le 5, 6 et 7 d'avril 1612. Paris, Micard, 1612, in-8°, 160 pp. Contient : Au Roy. Pour Amadis et Galaor (éd. Garriss., II, 239). Urgande présentant Amadis et Galaor à la Reyne (ibid., 241J. Les Amadis à Madame, sœur du Roy (ibid.,2^) et Amadis et Galaor aux Dames [ibid., 241).

Variantes nombreuses.

3° Les Bergeries de messire Honorât de Bueil, chevalier, seigneur de Racan, Paris, 1625, in-8°. Cet ouvrage contient l'épigramme : La France peut avec raison que M. Lachèvre a reproduite d'après le Recueil de Du Bray de 1630 (Deux homon.,]). 92 et Biblioyr., I) parmi les vers de Mainard '.

4° Styles de la Cour de Parlement, chambre des requestes, seneschals

et autres juges royaux subalternes et politiques du ressort de Tolose

Le tout divisé en cinq livres enrichis de plusieurs choses mémorables en

ceste seconde édition par Gabriel Cayron, advocat en Parlement et

secrétaire ordinaire de la Chambre du Roy, Toulouse, Raymond Colomiez, 1630, in-4° (Bibl. Nat. F. 13437).

Ce volume contient une pièce liminaire de Mainard A Morisieur Cairon. Nous pensons rendre service à la mémoire du poète en ne reproduisant que la stance où il proclame sa parenté avec l'auteur :

Pour moy qui porte l'avantage De me voir en ton parentage Je suis extrêmement contant :

De voir les l'ruicts de ton estude Et que tout ce pays attent Ton livre avec inquiétude.

5° L'Empire du Juste, selon l'institution de la vraye vertu, par Mgr. Ch. de Noailles, évêque de Saint-Flour. Paris, 1632, 2 vol. in-4°. Contient comme pièce liminaire une ode que Mainard a insérée dans le volume de 1646 (Garrisson, t. III, p. 354 et s., donne une partie seulement des variantes que ce morceau présente dans la version de 1632).

F. Réimpressions modernes des ouvrages en vers de Mainard

a) Editions de Prosper Blanchemain :

Les Œuvres poétiques de Maynard, réimprimées sur l'édition de

1. Cf. aussi Lachèvre., Dibliogr., II!, 7ô0, une variante d'après le Recueil des plus belles êpigr. de Nie. le Clerc.

Paris, Augustin Courbé, 1646, in-4°, enrichies de variantes, revues et annotées, Genève, J. Gay et fils, 1864, in-8°.

Le Philandre, poème pastoral, précédé d'une notice sur la vie de Fauteur, par Guill. Colletel, complétée d'après de nouveaux documents, Genève, J. Gay et fils, 1867, in-8°.

Poésies diverses de François de Maynard, non recueillies dans le volume de ses œuvres publié en 1646 et vers inédits du même auteur, Genève, J. Gay et fils, 1867, in-12.

(V. sur cette édition Durand-Lapie et Fr. Lachèvre, Deux homonymes, Fr. Maynard et Fr. Ménard, p. 30).

Les Priapées, Freetown, 1864 (v. la note sur le ms. 2943 de la Bibl. de l'Arsenal).

b) Edition de G. Garrisson :

Œuvres poétiques de François de Maynard, publiées avec notice et notes par Gaston Garrisson, Paris, A. Lemerre, 1885-1888, 3 vol. in-12.

Le premier volume de cette édition contient par erreur les vers de Fr. Ménard, homonyme de notre auteur (cf. le chap. III du livre 1).

Le deuxième volume contient la reproduction du Philandrci, de quelques pièces publiées par le poète dans des recueils contemporains, de cinq morceaux des Pièces nouvelles de 1638, non réimprimés dans le volume de 1646, et de quelques poésies de Mainard publiées après sa mort.

MM. Durand-Lapie et Lachèvre ont montré que Garrisson n'a pas connu les Délices de la poésie franroise de 1615 et le Recueil des plus beaux vers de 1630. De ce fait, il lui a échappé un grand nombre de pièces que ces bibliographes ont reproduites clans la brochure citée et que M. Lachèvre a insérées de nouveau dans sa Bibliographie, T. 1 et IL De même Garrisson a omis deux épigrammes de la plaquette de 1638, non réimprimées par Mainard en 16.46. Par contre, il a attribué à notre poète un quatrain sur la M use naissante du petit de Beauchasteau et un virelai sur les malheurs du mariage, qui sont de son fils Charles (cf. la note qui est consacrée à ce dernier aux Pièces justificatices).

Ajoutons aux critiques de MM. Durand-Lapie et Lachèvre les observations suivantes :

L'épigramme Guy, pour faire que ton amour (t. II, p. 279) figure dans le volume de 1646, avec de très légères variantes (t. III, p. 101). L'éditeur ne s'en est pas aperçu et a publié deux fois d'un bout à l'autre cette pièce.

Le rondeau à Citois, reproduit par Garrisson (t. II, p. 301) d'après Labouïsse-Rochefort (Lettres biographiques sur Fr. de Maynard), qui l'a

1. Garrisson a reproduit le texte du Philandre d'après l'édition de Paris, 1623, tandis que Blanchemain a suivi celui de l'édition de Tournon, 1610. Il y a aucune différence entre ces textes.

attribué à tort à notre poète1, n'est pas de lui, mais de Boisrobert (cf. les Œuvres poét. dus1 de Boisrobert, p. 47, à la suite de ses Epîtres, Paris, 1647).

Il en est de même du rondeau : Il n'est pas mort... que Garrisson a reproduit d'après Labouïsse-Rochefort qui, à son tour, l'a transcrit2 d'après l'un des cahiers autographes de Mainard. Ce rondeau satirique n'est qu'une réponse au rondeau : // a passé, il a plié bagage, composé en décembre 1642, à l'occasion de la mort de Richelieu. Ghéruel qui le reproduit dans son Hist. de France sous la minorité de Louis XIV, 1. 1, p. 179, comme une pièce très en vogue à la Cour, le donne comme ayant été composé après la dispersion de la cabale des Importants (sept. 1643) et comme une riposte au rondeau écrit, à en croire Tallemant, par Robert Miron. Labouïsse-Rochefort, Garrisson et M. Lachèvre ont eu tort d'attribuer ces vers à Mainard, alors que notre auteur n'a fait que recopier sur son cahier ce rondeau satirique qui, après avoir diverti la capitale, égaya les provinces. Nous montrerons bientôt que ce n'est pas la seule œuvre étrangère que Mainard ait transcrite sur ses cahiers.

Le tome III de l'édition Garrisson contient la réimpression du volume de 1646.

L'éditeur a négligé de reproduire le portrait de Mainard ainsi que les hendécasyllabes latins de Ménage, placés en 1646 au-dessous de ce portrait. Quant aux variantes qu'il a données, soit d'après les recueils antérieurs à 1646 où ces poésies avaient été insérées, soit d'après le volume de Lettres de Mainard, soit d'après les mss. du poète, il est à remarquer que des strophes entières ou des leçons intéressantes sont omises, sans aucune raison valable. Enfin l'éditeur n'a pas su toujours discerner parmi les poésies de 1646 celles qui y étaient imprimées pour la première fois de celles qui n'étaient que des versions nouvelles de pièces publiées antérieurement par Mainard et que lui, Garrisson, avait déjà insérées dans le tome II de son édition. Nous avons déjà signalé (pp. 393-394), les pièces amoureuses du tome II de l'édition Garrisson qui se retrouvent, sous une forme plus ou moins modifiée, dans le tome III de la même édition. Passons aux épigrammes. Il a été plus haut question de l'épigr. : Guy pour faire que ton amour que Garrisson a reproduite à la p. 279 du t. II d'après les Pièces Nouvelles de 1638 et qu'il a reproduite également à la p. 101 de son tome III avec une variante insignifiante : Jean pour faire que ton amour. L'éditeur n'a pas reconnu non plus que

1. Labouïsse-Rochefort ne justifie cette attribution par aucune preuve ; Mainard n'a pas recopié ce morceau sur ses cahiers.

2. Avec des fautes de lecture et des négligences impardonnables ; entre autres il a sauté le vers 7.

les épigrammes : Quel bonheur as-tu désiré.. . Pauliouyy de ton avarice. . . Je voudrois savoir où se fonde... du tome III de son édition (pp. 119, 121, 136) sont des rei'ontes des épigramrnes: Jamais les astres n'ont tasché... Depuis quatorze ans je despence... J'estime à nulle autre seconde.. . du tome II (pp. 213, 211, 170).

A la fin de son troisième tome, Garrisson a donné des poésies extraites de différents manuscrits contemporains de notre auteur. Contrairement à ce que pense cet éditeur, la plupart de ces pièces ne sont pas inédites ; quant aux autres, elles sont pour la plupart mal publiées.

Ainsi la pièce de vers Je n'ay point de nom arrestè, tirée par Garrisson du tome XXIV des Recueils Gonrart, est de Charles de Mciinard et non de son père1.

Des quatre pièces copiées par Garrisson d'après le ms. 43 de la Bibl. des Barberini, à lîome, une seule est inédite: ledixain A Madame de Mèmoranci (III, 309). Les morceaux Vour le ballet de Mgr le Prince et/1 Mgr de Mèmoranci (ibid., 306 et 310) figurent dans le Recueil des plus beaux vers de 1030 q.ue Garrisson n'a pas connu. Quant à Yode au pape, elle a paru dans le Nouveau recueil de Loyson de 1654 (cf. Lachèvre, Bibliogr., Il, 290).

MM. Durand-Lapie et Lachèvre ont montré que, sur les treize pièces tirées par Garrisson du ins. 69 (843) de la Bibl. de Toulouse, il n'y en a que six d'inédites car les morceaux qui portent les numéros IV, V, VIII, IX, X, XI, XII2 sont des poésies ou des fragments parus dans le Recueil de 1630, ignoré par cet éditeur.

Les bibliographes cités ont eu néanmoins tort de croire que les quatre pièces extraites par Garrisson du ms. 92 (844) de la même Bibliothèque sont toutes inédites. Le sonnet qui figure sous le numéro IV : Quel esprit me retient parmy les courtisans n'est qu'une variante sans importance du sonnet : Mes veilles qui partout se font des partisans (III, 55). — Les vers publiés sous les numéros I et II constituent une seule pièce satirique, ainsi qu'on peut s'en convaincre par la lecture des ff. 32 de ce ms. et 24 verso du ms. 69 (843) \ En outre les deux quatrains du fragment publié par Garrisson sous le numéro II précèdent, dans la rédaction de Mainard, les trois fragments qui portent chez Garrisson le numéro I.

Il n'y a donc, en réalité, que sept pièces parmi celles que Garrisson a transcrites d'après les recueils Conrart et les mss. de la Bibl. des Barberini et de la Bibl. de Toulouse qui soient vraiment inédites.

1. V. la note sur le fils aine de François Mainard aux Pièces justificatives.

2. Le vers 3 de la strophe II de cette pièce est mal transcrit : Aujourdliuy me resserre au lieu de Aujourd'hui me reverre.

3. La transcription de Garrisson est faite d'après les ff. ?S verso et ïfJ recto du ms. 92 (844) où ne figurent que des fragments de cette pièce.

François de Maynard. Œuvres poétiques choisies et précédées d'une notice par Pierre Fons, Paris, Sansot, 1909, in-16.

Le volume contient un portrait de Mainard, reproduction de celui qui orne le volume de 1646.

Œuvres en prose de Mainard

Les Lettres du Président Maynard, A Paris, chez Toussainct Quinet, dans la Salle du Palais, sous la montée de la Cour des Aydes, 1652, in-4°.

Certains exemplaires portent la date 1653 (V. à ce sujet l'introduction de notre l'ableau chronologique des lettres de Fr. Mainard).

Ouvrages dont la paternité est douteuse :

Coq-à-l'asne sur le mariage d'un Courtisan grotesque, 1620, s. 1., in-8° de 14 pages (Bibl. Mazarine 36082). A la fin de cette brochure on lit : Signé Maynard.

Il n'y a aucune preuve pour attribuer à notre auteur cet ouvrage qui est dû peut-être à un homonyme. Il est à remarquer cependant que les amis de Mainard, Laugier de Porchères, dans son Coq à l'asne envoyé de la Court, 1622 2, et le comte de Carmain, dans son Courtisan grotesque, coq à l'âne inséré dans ses Jeux de l'Inconnu, Paris, 1630, continuèrent à cultiver ce genre facétieux dans lequel, au xvie siècle, Clément Marot s'était exercé. N'oublions pasnon plus que Fr. Mainard aimait le burlesque. Quant au prénom de notre écrivain qui ne figure pas à la fin de cette brochure, il ne figure non plus sur le titre des Pièces Nouvelles de 1638, des Œuvres de 1646, etc.

Les manuscrits de Mainard conservés a la Bibliothèque de Toulouse

Description des mss. — Ces mss. qui sont des cahiers autographes de Mainard sont catalogués sous les nos 843 et 844. Le premier, relié en maroquin, contient 279 ff. qui ont 346 mm. de hauteur sur 225 mm. de largeur. Le deuxième, cartonné, n'a que 51 ff. qui ont

1. Cf. Lacbèvre, Bibliogr. des rec. collect., I, "278 et IV, 172.

2. Lachèvre, o. c, I, 153. — P. Brun, Autour du XVIIe siècle, art. sur Carmain.

333 mm. de hauteur sur 225 mm. de largeur. A la feuille 2 de ce cahier a été épinglée — ou ne saurait dire par qui ni à quelle date — une lettre de 3 pages, s. 1. n. d., qui offre la signature de Mainard.

Ces mss. contiennent des brouillons de lettres, des épîtres et des vers inédits, des fragments, des ébauches de pièces publiées, mais qui présentent ici des variantes et des corrections intéressantes. En outre, le poète y a recopié quelques morceaux en prose et en vers d'écrivains contemporains.

Provenance. — Le catalogue des mss. de la Bibl. de Toulouse ne nous apprend rien sur la provenance des cahiers autographes de Mainard. Prosper Blanchemain dans sa Préface de son édition du l^iilandre (1867) a eu tort d'avancer que ces mss. avaient appartenu à Labouïsse-liochefort, l'auteur des Lettres biographiques sur Fr. de Maynard(18bti). En effet, la Jtiofjraphie toulousaine (Paris, Michaud, art. Fr. Maynard) parle en 1823 de ces textes comme de mss. appartenant à la Bibliothèque du Collège-royal de Toulouse, l'actuelle Bibliothèque de la Ville. D'après les renseignements que M. le conservateur Massip a bien voulu nous donner, ces deux cahiers proviendraient du lot de livres et de mss. offert à la ville de Toulouse par l'archevêque Loménie de Brienne. Ajoutons que ces mss. faisaient vraisemblablement partie de la collection du poète Lefranc de Pompignan, que Loménie acquit en août 1785. Rappelons que Lefranc, président à la Cour des Aides de Montauban, descendait d'une vieillefamille quercynoise, représentée à l'époque où vivait Fr. Mainard par (iéraud Lefranc, président au présidial de Cahors et, plus tard, à la Cour des Aides de Montauban. Les marques extérieures de ces cahiers, viennent à l'appui de notre supposition. En effet l'étiquette qu'ils portent au dos est découpée en étoile comme le sont les étiquettes qui se trouvent sur des volumes ayant indubitablement appartenu à Lefranc. Ainsi sur un exemplaire des Lettres de Mainard, avec signature de Lefranc; sur un exemplaire du Parnasse françois de Titon du Tillet avec envoi de l'auteur, etc. Il est certain qu'au moment même où ces mss. entrèrent dans la Bibliothèque de Toulouse, ils n'étaient plus complets. Des collectionneurs particuliers et des bibliothèques publiques en possèdent aujourd'hui des fragments. Ainsi M. J. Hanotaux est le détenteur de trois feuilles qui primitivement faisaient partie du ms. 843 ; elles ont les mêmes dimensions, le même quadrillé et le même filigrane (un caducée surmonté d'une fleur de lys) que les feuilles de ce ms. Cinq des six pages possédées par M. Hanotaux, qui a eu l'obligeance de nous en permettre l'examen, sont occupées par une lettre au président de Caminade, reproduite dans le volume de correspondance de Mainard (Paris, 1652), où elle porte le n° XVI. Cette lettre est écrite par une main étrangère ; Mainard n'a fait que la signer

et noter sur la page 6 quelques réflexions du genre de celles qui couvrent de nombreuses feuilles du cahier cité.

Les archives de l'Académie Française possèdent une feuille qui est sûrement détachée du ms. 844 de la Bibl. de Toulouse. Elle contient au recto un sonnet à Séguier (cf. éd. Garriss., III, 37) et au verso un sonnet au chevalier de La Valette (éd. Garriss., ibid., 38).

Les mêmes archives possèdent une découpure faite dans une feuille disparue du ms. 844. Ce fragment de ms. contient une strophe de l'ode deDaphnissurlamort de sa fille (éd. Garriss., III, 171), strophe qui a été supprimée dans la version définitive de cette pièce. La feuille dans laquelle cette découpure a été faite devait être placée après ou entre les ff. qui dans le ms. 844 portent actuellement les numéros 32 verso-34 et qui contiennent des variantes de l'ode citée.

Age des mss. — Mainard s'est servi des cahiers que nous étudions à des époques et dans des endroits différents.

Ms. 843. — Ce cahier, commencé vers 1628, fini vers 1642, a été écrit à Saint-Céré. Il présente un grand nombre d'ébauches et souvent les quatre ou cinq « états » successifs d'une même pièce. A côté, au-dessus ou au-dessous de certains mots de la rédaction primitive, le poète a noté des expressions qu'il jugeait plus heureuses. En regard des vers biffés, il en a placé d'autres qu'il estimait mieux tournés. On peut déterminer d'une manière très précise l'époque à laquelle Mainard commença à se servir de ce cahier. Les ff. 12 v. — 17 r. contiennent la copie de deux lettres de Malherbe de septembre 1625, publiées dans le Recueil de Lettres nouvelles de Faret, Paris, 1627 ^

D'un autre côté, les ff. 32 v.-60 v. renferment un certain nombre de vers dont quelques-uns portent la mention : Cecy est imprijnè, ou Cecy est déjà imprimé, tandis que d'autres portent des mentions telles que : Il faut faire imprimer; Plaise à M. de la Ganterie de faire imprimer cette pièce ou Cette pièce sera pour les Délices s'il plaist à M. de la Ganterie, etc. Or, les pièces de la première catégorie figurent en 1626 dans le Recueil des plus beaux vers du libraire Toussainct du Bray, réédité l'année suivante sans changements ni additions. Les pièces de la deuxième catégorie figurent en 1630 dans l'édition remaniée et augmentée du même recueil. Pour désigner cette anthologie périodique, Mainard se sert du titre de Délices de la Poésie françoise qu'elle avait porté en 1615 2. Du Bray en y insérant alors à côté des productions de Malherbe et de Bertaut, de nombreuses pièces de Mainard, avait consacré sa réputation littéraire. Les ouvrages de

1. Cf. l'introduction de notre Tableau chronologique des lettres de Fr. Mainard.

2. Malherbe lui aussi en parlant du Parnasse franqois qui succédait aux Muses ralliées, écrit le 8 février 1607 : Les Muses ralliées ne sont point encore achevées.

Lottin et de La Caille sur les libraires-imprimeurs parisiens ne fournissent aucun renseignement sur M. de la Ganterie. C'est vraisemblablement la personne chargée par ïoussainct Du Bray de recueillir la matière de son anthologie. En tout cas, cet éditeur tint compte des désirs que Mainard avait exprimés dans ses annotations. Ainsi, en tête du ballet Le Soleil à la Reine (111, 222), le poète prie M. de la Ganterie de faire imprimer cette pièce avec les changements qu'il y a introduits. Effectivement, la stance Ton esclat me surmonte du Recueil de 1626-27, recopiée, mais biffée à la f. 32 v. du ms., est remplacée en 1630 par la stance Ton feu qui me surmonte, écrite à la môme page. Le vers 1 de la stance 4 était en 1626-27 : Ma course vagabonde; il devient : Ma lampe vagabonde dans ce ms. ainsi qu'en 1630 J, etc. — Commencé vers 1628, ce manuscrit ne contient aucune pièce postérieure à 1642. On n'y relève aucune trace des pièces que Mainard composa après cette date, ni même de celles qu'il fit à la fin de 1642 : La Belle vieille, les sonnets à Séguier qui, en 1644, l'avait nommé conseiller d'Etat, etc. L'ode à Alcipe de fin 1642 n'y est représentée que par une strophe. Une observation finale. En même temps que Mainard couvrait de son écriture les premiers feuillets de ce cahier, il en employait les derniers pour y écrire des brouillons de lettres ou des ébauches de poésies. En effet, les lettres de la f. 267 v. et de la f. 275 sont certainement, d'après les allusions qu'elles renferment, de l'année 1628. De même les ff. 277-279 contiennent la première rédaction des Stances au Rui et de la Plainte de Cléon que Mainard a publiées seulement dans le Recueil de 1630. Ajoutons encore que Mainard laissait souvent des pages ou des moitiés de pages blanches, et que plus tard, son cahier tirant sur sa fin, il y revenait pour y transcrire de nouvelles pièces. Il arrive ainsi que parfois des textes de dates différentes se trouvent sur les mêmes feuillets.

Ms. 844. — Mainard a élaboré le ms. 844, à Paris, en 1645 et au début de 1646. Au printemps de 1645, il avait quitté sa lointaine province afin de se rendre dans la capitale, où il espérait se faire bienvenir de la nouvelle Cour. Le poète voulait aussi y surveiller l'impression de l'édition définitive de ses Œuvres poétiques qui parurent en juin 1646. Trois ou quatre sonnets du ms. 844 furent certainement composés en 1645, à Paris 2. La minute de l'épître dédicatoire à Mazarin, de même que celle d'un avis au lecteur3, montrent que le poète s'est servi de ce cahier à une date fort

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