Faute évidente de lecture pour le tout
franc fief comme étant jouies et possédées par ledit sieur Mainard sans justice sans quil entende préjudiciel' aulx previlcges concédés par le roy audit sieur viscomte de Turenne.
Plus tient jouit et possède ledit sieur de Mainard en ladite viscomlé et dans le lieu d'Authoire une vigne contenant seitze journées par ses prédécesseurs acquise du sieur de Banze.
En foj de quoy me suis soussigné les an et jours susdits.
Ribayrolles, procureur susdit.
Note. — Le setier mesure de Sl-Céré valait quatre quartes, et !a quarte deux décalitres. Donc le setier valait quatre-vingts litres. Le quarton était la moitié de la quarte, soit un décalitre. — L'Histoire économique de la propriété de M. d'Avenel ne nous offre aucune base certaine pour l'estimation de ces cens-rentes, attendu qu'elle ne nous offre aucun prix des céréales dans le Haut-Quercy et que l'on ne saurait se servir des prix que l'auteur indique pour des localités comme Tulle en Limousin (T. II, p. 538-539). En effet les mesures de capacité varient à cette époque de province en province et la valeur monétaire des denrées varie de même. M. l'abbé J.-C. Viguié a vainement cherché, pour élucider celle question, une mercuriale des marchés de S*-Céré au \vne siècle. D'après un manuscrit du xvie siècle, reproduit par l'abbé Paramelle dans sa Chronique de Sl-Céré, le prix des blés en 1530 et 1531, années de grande disette, oscilla de 35, 40, 45, 50, 55 sols jusqu'à trois livres le setier ; le seigle valait 27, .30, 35, 40, 45 sols le setier ; l'avoine 25 sols. Mais c'étaient des prix de famine que nous ne pouvons pas prendre pour base absolue d'évaluation. Faisons observer d'autre part que, selon M. d'Avenel, le prix du blé eut au xvne siècle une hausse d'un quart de sa valeur du xvie siècle. Cela donné, d'après les prix forts de 1530-1531, on peut conjecturer que le blé, en 1G39 et à Sl-Céré, valait environ 50 sols le setier, le seigle 35 sols, l'avoine 20 sols. Les soixante-dix setiers de blé rapportaient donc à Mainard 210 livres ; le seigle 39 livres 10 sols ; l'avoine 15 livres; auxquels il faut ajouter 5 livres 5 sous 8 deniers, soit un total de 269 livres, 15 sols, 8 deniers. Comme à cette époque une livre valait environ 2 francs nous aurions approximativement 540 frs. en monnaie d'aujourd'hui, ce qui, élant donné la valeur trois fois plus grande de l'argent dans la première moitié du xvne siècle, vaudrait environ 1720 fis. « Les dix-huit gélines » n'augmentaient certes pas dans des proportions considérables les revenus que Mainard tirait de ses cens-rentes.
Note sur une seconde Maison de Fr. Mainard à St-Céré
A part la maison qu'il habitait au faubourg des Cabanes de St-Céré (cf. Liv. I, chap. IV, § I) il résulte d'un acte conservé aux archives du château de Laboisse1 que Mainard en possédait une autre, sise « au bout de ce barry ». Le 11 juin 1639 Jean Rougier comme mati d'Esclamonde de Lolmiere et Antoinette de Cayrols reconnaissent tenir en fief et pagésie perpétuelle de « Monsieur Mre Françoys de Maynard, coner du Roy et son
1. M. l'abbé J. C. Viguié a eu l'obligeance de le transcrire à notre intention.
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES l)M)
président prdal au hault pays Dauvergnc absent » représenté par Me Pierre Marion praticien, « une petite maison en bar et jardin y joignant de la contenance d'une quartonnade à semer bled » « à la rante perpétuelle de
doutze deniers tourn. avec loz et veilles, acaptes » etc. A la différence de la maison habitée par Mainard dont le jardin descendait jusqu'à la Bave, celle-ci, sise au bout du barry des Cabanes, confrontait, « avec le chemin p. lequel on va dud. bourg au pont appelé de Boulet, avec la place publique du susdict barry et Croix appelée de Mamoulz avec aud. chemin tendant de lad. place et du susd. chemin au puy du Ch(ate)au de S^Céré». Le notaire est De Bray.
Archives de l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse
actes et délibérations du college
du Gay Scavoir. Registre des années 1584-1640, f0s 350 verso et 351.
Extrait du procès verbal du 1er avril 1639
relatif à la nomination de François Mainard
comme maistre es Jeux Floraux
L'an mil six cens trente neuf* et le premier jour du moys d'avril une
heure après midy dans la maison de Monsieur de Barthélémy conseiller du Roy en la cour de Parlement de Thlse et président en la seconde chambre d'enquestes, ce sont assemblés Messisurs de Juliard f(ils), Molet, d'Olive, de Maran et de Terlon, conseillers en la dicte cour ; de Loupes, juge criminel ; Palarin, advocat ; Du Plant, chanoine en l'esglise métropolitaine Sl- Est(ienne) ; d'Alier chanoine en l'esglise abbatiale Sainct Sernin et prevost de l'esglise cathedralle de Rieux ; Barrade, Courtois, Ilaupoul, Bainagues et Sainct Blancat advocats en la dtc cour, tous mainteneurs et maistres des Jeux Flouraux lesquels [se dirigent vers la maison de Ville pour sommer les Capitouls de prendre toutes les mesures nécessaires à la célébration des Jeux ; puis étant passés avec les Capitouls baillés dans le petit consistoire du Capitole, ils les invitent d'avertir « ceux qui vouldront prononcer des poucsics françoises les premier et troiziesme de may prochain » ]
Et à l'instant ledict seigneur de Barthélémy, sieur de Gramont, président en la dte cour, auroit proposé à la companye que l'année précédente le sieur de Meynard l'un des excellens pouetes de France auroit este honoré d'un prix extraordinaire ; que l'excellence de ses ouvrages, la bonté de ses vers, la pureté de son langaige estant au dessus de ce prix, il faloit porter plus haut avec la gloire des Jeux celle de sa vertu ; qu'estant ce grand homme maistre en la poucsie françoize par l'advis de toute la France, on ne pouvoit qu'avec outraige luy refuzer la maistrise en la gaye science ; que le prix qu'on luy avoit donné l'année passée sans autre exemple que celuy de Ronssart méritoil qu'on le ( ?) aussy de Roy des pouetes de son temps vu
1. Le revenu dont il est question dans cet acte est certainement englobé dans l'énumération des cens rentes de Mainard qui fait l'objet du document précédent.
que comme les Roys sont au dessus des Ioix on devoit se dispenser en sa faveur; qu'il estoit maistre en la gaye science pour ce qu'il estoit pouete achevé depuis longtemps; vu que ce seroil un reproche très grand a ceste auguste companye de ne l'avoir couroné qu'a demy ; que les courones estant indivisibles comme les estats quy les produisent il faloit ou révoquer ce qu'on avoit faict en sa faveur ou bien luy ouvrir tout a faict les trésors de Clémence en l'agrégeant dans son collège en qualité de maistre, dautanl plus que ce n'estoit icy qu'une suite de la délibération de l'année passée. Sur quoy les advis ayant courcu, d'un commun accord Icd. sieur Maynard a esté receu Maistre aux dts Jeux flouraux et preste le serment en tel cas requis es mains du dl seigneur président de Gramont.
Addenda