I. Mêmes archives. Actes et délibérations du Collège
du Gay scavoir.
Registre pour les années de 1513-1583 (non folié)
Extrait du procès-verbal du jeudi, 3 mai i55ê, relatif nu prix extraordinaire adjugé a Ronsard.
(Le collège après avoir adjugé la violette et la « soulcye » ) Quant à la fleur de leglenlinc fut aussi par un Commun advis et délibération arresté quelle seroit adjugée a Mons. Me Pierre de Ronsard poêle ordinaire du Roy nostre sire pour excellence, vertu de sa personne et que
ladicte fleur seroit augmentée du prys ce que seroit advisé Laquelle luy
seroit envoyée et portée a la court et en son lieu seront ( ) et acceptée
Mr Pierre Pascal docteur et maistre en la gaie science.
II. Mêmes archives, Registre déjà cité pour les années 1584-1640
Extrait du procès-verbal du samedi 3 mai 1586 relatif au prix extraordinaire adjugé a Antoine de Ba'if.
[Après les formalités d'usage] :
Et ce faict par aulcuns des dicts sieurs a esté dict et remonstré qu'en l'année mil cinquante quatre procédant au despartement des fleurs pour
excellant de Me Pierre Ronsard et pour l'honneur et ornement qu'il avoit
pourté a la poésie françoise le Collège des Jeux Floraux luy adjugea la fleur de l'Esgiantine le prix de laquelle fust converty en une minerve dargent qui luy fust envoyée et présentée de la part du colleige des dis Jeuz floraulx et cappitoulz1. Et c'estant estimé le d1 Ronsard beaucoup honoré de ce présent il fist cognoistre combien II luy avoit esté agréable par les actions de grâces qu'il luy rendisl et par beaucoup daulres tesmoignages qui se trouvent
1. Pellisson, Hist. de l'Académie, notice sur Mainard, t. I, p. 208, écrit à ce propos : « Claude Binet, dans la Vie de Ronsard, dit que c'était une Minerve ; mais deux personnes de qualité de Toulouse d'entre les Jeux Floraux m'ont assuré avoir vu dans leurs registres que c'était un Apollon. »
parmy ses œuvres et parmy celles des autres poètes de ce temps qui en ont faict mention dans leurs escripts. Et que tenant aujourd'huy Me Jehan Anthonin du Bayf au jugement des plus scavans de la france pour l'eleve du
dict Ronsard, Le premier rang entre les poètes tant pour estre le plus ( ?)
de tous que pour estre celluy qui pour la cognoissance des vers greques avoit beaucoup aydé le dict Ronsard a l'enrichissement de la langue et poésie françoise, il seroit maintenant recepvable de faire pareil honneur au dict sieur du Bayf.
Surquoy ayant esté par ledict sieur Chancelier miz laflaire en délibération ladvis des dicts sieurs susnommés a esté arresté pour le regard des troyes fleurs qui sont apprestees et déjà faictes quelles seront distribuées et délivrées suivant la coustumeaux sieurs cy dessus nommés auxquels elles ont esté adjugées et au surplus attendu le lieu et le rang que tient aujourd'huy ledict Me Jehan Anthoine du Bayf, entre les poètes et hommes scavants de cest aige pour les libvres quil a miz en lumière que pour lembellissement qu'il a donné a la poésie greque et latine et aux lois françoises. Les dicts sieurs ont esté d'advis de luy faire présent d'ung Appollon dargent et que pour effectuer ceste décision les trois cappitouls baillés de la présent année
se chargeront de faire fondre et faire faire l'ymage et l( ?) au dict bayf le
plustost qu Hz pourront avec le Registre de la présent délibération.
Archives du château de Laboïsse
Copie faite en 1701 du testament (10 juin 1644) de François Mainard
Au nom du père et du fils et du S^Esprit
Je François Maynard, misérable pécheur adverse {sic pour adverli ou advisé. par la commune condition des hommes et par l'âge de soixante-un ans me prépare à quitter la vie tout et quant fois qu'il plaira à Dieu de m'appeler, et consigne icy ma dernière volonté toute écrite et signée de ma main que je veut valoir par testament ou codicil ou autrement le mieux qu'il pourra. Je supplie et conjure sa divine bonté par la Ste passion de Jésus Christ son fils qu'il ne m'impute point de grâces qu'il m'a faites pour me condamner d'ingratitude et qu'il y ajoute cette dernière de vouloir quand mon âme partira de mon corps la recevoir dans le sein de sa sainte et incompréhensible miséricorde, si je décède à Sl-Céré ou aux environs, je veut que mon corps soit porté dans le tombeau de mes prédécesseurs devant l'autel de la chapelle dédiée à la Vierge 1 dans l'Eglise paroissiale de Sl-Céré et avec les
1. Il y avait alors et il y a encore dans l'église de Sainte-Spérie de Saint-Céré deux autels dédiés à la Vierge. Il en était ainsi depuis longtemps, puisque l'acte de dédicace de l'église, daté de 1454, porte que l'évèque qui accomplit la cérémonie altaria bealœ Mariœ, existentia in eadem ecclesia çonsecravit (Arch. de l'église de Sainte-Spérie). Il est donc difficile d'indiquer dans laquelle des deux chapelles du transept se trouve la tombe de Fr. Mainard, puisque l'une est placée sous le vocable du Rosaire et l'autre sous celui de l'Assomption.
548 LE POÈTE FK. MAINARD
cérémonies de l'Eglise à petit bruict, et le visage couvert1; je laisse à l'Eglise ou je serai ensevely la somme de cent livres pour fonder un anniversaire et service solennel le jour de mon trépas. Je veut que le jour de mon trépas il soit distribué manuellement aux pauvres la somme de cent livres.
Tous les biens quej'ay en ce moment tant meubles qu'immeubles peuvent valoir Trente six mil livres y compris huit mil livres que j'ai retiré de la dote de ma défunte femme Gailhardc de Boyer. Je lègue à ma fille aine Anne de Maynard la somme de Deux mil deux cents livres et c'est pour tout droit de légitime qu'elle peut prétendre sur mes biens et avec ce la fait mon héritière particulière. Je lègue à Ilypolite de Maynard ma dernière fille la même somme de Deux mil deux cents livres et ce pour tout Droit de légitime qu'elle peut prétendre sur mes biens, et avec ce la fait mon héritière particulière. Je lègue à Marie de Maynard ma seconde tille, religieuse professe de l'ordre de S'-Bernard dans le prieuré de Lissac lez Figeac2, la somme de Quatre cents écus, s'il se trouve lors de mon décès qu'ils n'ayent été payés au devant et avec ee la fait mon héritière particulière, et la prie si elle peut prétendre quelques choses de plus de considérer que mon héritier sous écrit succède à un petit héritage qui ne luy laisse pas le moyen de soutenir, la dignité de la maison d'où il sort; je lègue à ma chère lille Jeanne de Maynard religieuse de l'ordre de h^-Bernard dans le couvent de Lissac lez Figeac, outre ce que je luy ay donné entrant en religion vingt livres de pension annuelle que j'enlend luy être payé par mon héritier basnommé et avec ce la fait héritière particulière. Je lègue à mon second lils François de Maynard, la somme de Quatre mil livres payable lorsqu'il aura atteint l'âge de vingt-cinq ans cepend1 je veut et ordonne que mon héritier bas-nommé luy baille tout ce qui lui pourra être justement nécessaire, soit qu'il veuille suivre la profession des armes ou celle des lettres et ce jusqu'à ce qu'il soit parvenu à sa majorité priant et ordonnant à mon d. héritier bas-nommé d'avoir un particulier soin de son frère, et qu'en cela il me témoigne autant qu'en toute autre occasion qu'il m'aime et honore ma mémoire, et d'autant que l'institution d'héritier est le vray et solide fondement de tout testament, en tout et chacun mes autres biens, nom;, droits, voye et actions présents et a venir de quelques sortes que puissent être dit et sensé (sic pour censé), je faict mon héritier universel et général mon bien aimé fi's naturel et légitime Charles de Maynard et comme tel je veut et entend qu'il jouisse pleinement et entièrement, et comme j'ay toujours fait de mes biens, noms, droits voyes et actions, luy ordonnant que pour l'amour de moy, il conserve la petite bibliothèque que je luy laisse dans laquelle il trouvera quelques livres écrits de ma main, où il y a diverses poésies françoises parties de mon Esprit ; je lui ordne d'en supprimer la plus grande partie et
1. Il était d'usage, à Saint-Céré, de porter certains morts en terre dans un cercueil ouvert.
2. Lissac, cbef-lieu de commune, à o km. au N. 0. de Figeac. Un prieuré conventuel de religieuses, de l'ordre des Citeaux, y avait été fondé en 128G. Parmi les douze religieuses mentionnées en 1068 comme appartenant à ce prieuré, ne figurent ni Marie ni Jeanne de Mainard (cf. Etat des monastères des filles religieuses du diocèse de Cahors, publ. par Louis Greil). M. Yiguié nous communique qu'il a trouvé à la même époque une Marie de Maynard parmi les religieuses de l'abbaye de Leyme, de laquelle dépendait le prieuré de Lissac. C'est peut-être la seconde fille de Mainard, qui aura changé de communauté, comme cela se faisait assez facilement dans les couvents du même ordre.
d'empèchcr tant qu'il pourra qu'on ne publie que celles qui ne choqueront pas la dignité des dernières années de ma vie, j'ordonne aussi à mon d(icl) fils Charles de Maynard mon héritier de vendre toute la vaisselle d'argent qui se trouvera entre mes meubles lors de mon décèd et d'en payer ce que je pourray devoir, je l'exhorte de suivre le bareau pour tacher de fortifier la petite fortune d'une maison que mes études inutiles n'ont point augmenté et que je laisse presqu'au même état que j'ay trouvé. Je révoque tous autres testaments codicil, ou disposition de dernière volonté que je pourrait avoir cy devant fait ; voulant celle-cy valoir par testament ou codicil au mieux que valoir pourra comme dit eux, et pour cet effet je l'ay écrit et signé de ma main, à St-Céré, dans ma maison ce mercredi di\e jour du mois de juin mil six cent quarante quatre à l'honneur de Dieu soit et salut de mon àme, Maynard, Testateur ainsi signé.
L'an mil six cent quarante quatre et le quinze jour du mois de juin à la ville de Ste Espérie lez S1 Céré en Quercy en boutique de moy no(tai)re avant midy, Renand (sic, pour régnant) notre souverain prince Louis par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, devant moy n(otai)re r(oy)al soussigné et Témoin a été présent en personne M. Me François de Maynard Conser du Roy présid* présidial au baillage d'Auvergne, siège d'Aurillac, lequel a dit et déclaré avoir fait son testament clos contenu au présent papier par luy écrit et signé et après fermé de soie noire, cacheté de cire rouge en divers endroits qu'il remet devers moy dit Nore et a voulu led sr que tout le contenu audit Testament porte son plain et entier effet comme étant sa dernière disposition et volonté en cassant et révoquant toutes autres dispositions qu'il pourroit avoir faites cy devant, et que led. Testament soit son dernier Testament et qu'après son déced il soit ouvert et publié par moy dit Nore qui lui ay concédé en présence de Me Etienne Bontel, docteur en droit, Joseph de Longueval sr de la Rausie {sic p. la Raufîe), Antoine de Viguié, bourgeois, Me Pierre Marion, prat(icien), Jean Auziet, du village de la Brunhie, Jean de Gouzon et Joseph Pourtois clercq de la preste ville, Témoins à ce appelés, signés à l'original avec le d. s1' et moy Maynard Testateur, Longueval, présent, Viguié près1 Bontel prés1 Ausiet près* Marion près1 Gouzon près1 Pourtois près1 Lassalle nore royal ainsi signé; ouvert et publié de l'authorité de la Cour ord,e de S1 Céré au mois de janvier mil six cent quarante sept l.
Nous reproduisons en entier la copie du testament de Fr. Mainard, sans corriger les fautes d'orthographe et de grammaire qu'elle contient. Garrisson qui en a publié dans les notes du tome I (p. 355) de son édition quelques fragments, a mutilé ce document de la façon la moins pardonnable. Il en a supprimé des parties essentielles, notamment l'énoncé du legs fait en faveur de Marie, la première religieuse de Lissac qu'il confond avec Jeanne (dont le nom ne ligure pas dans la transcription de cet éditeur) ; il a laissé de côtelés
1. On voit par l'annotation qui suit la copie de cette pièce, qu'elle a été le 13 août 1701 collationnée sur l'original par le notaire Lavaur de S' Céré, dont la signature est légalisée par Etienne Judicis, conseiller à la sénéchaussée de Martel.
recommandations du testateur à Charles, au sujet de son iils cadet, recommandations (jui révèlent la profonde affection que Mainard avait pour ses enfants ; il a omis les passages se rapportant à la bibliothèque du poète, à ses manuscrits, à ses priapées, etc. La reproduction fidèle de cet intéressant document s'imposait. Nous remercions chaudement M. J. C. Viguié, curé de Saint- Jean Lespinasse, d'avoir bien voulu le transcrire à notre intention et de nous avoir transmis les éclaircissements que nous avons donnés en notes.
Note sur Charles de Mainard
Les archives du château de Laboissc ne nous apprennent rien sur François de Mainard, le second fils du poète, sinon qu'il est mort jeune. En revanche ces archives nous ont conservé le testament de Charles de Mainard, fait le 23 juillet 1685. Comme le testateur déclare au début de cet acte être âgé de cinquante-huit ans, il est certain qu'il est né en 1627. En 1685 il avait quatre tilles : Marie-Charlotte1, Anne, Marie-Elisabeth et Louise, qu'il prie de veiller sur l'éducation de leurs frères Charles (ou Charles-François)2, Joseph etGéraud3. jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'âge de vingt-cinq ans. Il fait de sa femme Elisabeth de la Ronade son héritière particulière. Le 26 avril 1710, noble Charles-François écuyer, remit le testament olographe de feu son père au notaire Lavaur de Saint-Céré pour « en donner expédition a quy appartiendra. » On voit par une copie conservée à Laboisse de l'acte de baptême de Joseph de Mainard, baptisé le 19 août 1669, dans l'église Saint- Pierre d'Autoire, que Charles lui sert de parrain et Marie-Charlotte de marraine. — Pour d'autres renseignements sur le fils aîné du poète François Mainard, cf. pp. 292, 342, 361-362, 385 et 485 de cet ouvrage. — Charles de Mainard hérita bien faiblement du talent poétique de son père4. Le tome II du Recueil de Sercy de 1653 publie de lui un virelai : Les Malheurs du Mariage et les Muses illustres de 1658, un poème : A M. de la Valette, général de l'armée des Vénitiens au pays du Levant. Il a composé en outre un quatrain en l'honneur de La lyre du jeune Apollon ou la Muse
1. Elle épousa Guillaume de Lavaur, de Saint-Céré, auteur de la Conférence de la fable avec l'histoire Sainte, Paris, 1730, etc. (cf. abbé Paramelle, Chronique de Saint-Céré, p. 104). M. Raimond de Lavaur qui a eu la grande obligeance de permettre à M. l'abbé J.-C. Viguié de compulser à notre intention les archives du château de Laboisse, est son descendant actuel. Donc la ligne féminine du poète Fr. Mainard n'est pas encore éteinte.
2. Les autres actes de Laboisse qui mentionnent ce fils de Charles Mainard, l'appellent toujours Charles-François. Il y a néanmoins, à ce que nous communique M. l'abbé J.-C. Viguié, qui a copié cette pièce à notre intention, une virgule très apparente entre Charles et François.
3. Deux actes du château de Laboisse parle d'un Philippe de Mainard, tué à la bataille de Ramilies (1706) ou à celle de Malplaquet (1709).
4. Balzac apprécie bien défavorablement ses épigrammes dans lesquelles il n'a pas trouvé « un seul grain de sel », Lettres inéd. publ. par Tamizey de Larroque, 1er décembre 1646.
naissante du petit de Beauchasteau, Paris, 1657, et une pièce légère Je n'ay point de nom arrestê qui figure à la page 637 du Tome XVIII des Recueils Conrart (Bibl. de l'Arsenal). M. Garrisson a commis l'erreur d'attribuer à François Mainard, tous les vers sus-mentionnés, sauf le poème à La Valette (cf. II, 283, 297 et III, 311). Cf à ce sujet, Lachèvre, Biblio'çr.. des rec. collect. II, 374 et III, 311.
Note sur les signatures de Fr. Mainard
Nous connaissons vingt-et-une signatures de Fr. Mainard apposées sur des actes qui vont de 1611 à 1640. Toutes présentent l'orthographe Mainard et l'omission du prénom. En voici la liste : a-d) Pièces 6° 7°, 8° 9°, reproduites ci-dessus ; e-f) signatures de Mainard comme témoin au contrat de mariage à Aurillac de Jean Fargancl et de Jeanne de Gaultier, 30 janvier 1614 et à un acte passé dans la môme ville entre François de Cambolas el le dit Farganel, 15 octobre 1626 (Arch. commun. d'Aurillac; pièces communiquées par M. J. Delmas ; cf. Liv. I, chap. IV, § 4 de cet ouvrage) ; g-r) sur douze lettres inédites des années 1634 et 1635, tirées des Arch. du Ministère des Affaires étrang., Fonds de Rome, (v. ces missives dans notre Tableau chronologique des lettres de Mainard; s) sur une lettre du 1er janvier 1635 à la comtesse de Clermont (autographe appartenant au baron Robert de Rothschild quia bien voulu nous laisser en prendre connaissance); /) sur une autre lettre, de 1638, au président de Caminade (autographe appartenant à M. J. Hanotaux qui a eu l'obligeance de nous le faire voir; c'est laletlreXVI du volume de Lettres de 1652); u) sur un acte du 27 mai 1639 au sujet de la subrogation d'une terre appartenant à Mainard; située dans les environs de Saint-Céré (Arch. château de Laboisse, cf. p. 290 de cet ouvrage) ; v) sur une lettre écrite vers 1640 et épinglée au ras. 844 de la Bibl. de Toulouse (Nous donnons un fac-similé de cette dernière signature, quoiqu'elle ait été déjà reproduite par M. R. Bonnet dans son Isographie de l'Acad. franc., Paris, 1907. — M. Bonnet ne connaît que celte signature et les signatures des lettres appartenant à MM. Hanotaux et Rothschild).
Les contemporains du poète ont orthographié son nom de toutes les façons, mais l'ont généralement écrit Maynard. C'est ainsi que ^igneGéraud, le père de notre personnage, sur des quittances données au Parlement de Toulouse en 1 574 (B. Nat., Pièces orig. 1596 f. 22). En revanche Charles, le fils du poète, signe Mainard la dédicace à Louis XIV d'un traité manuscrit de son grandpère (De la puissance royale et sacerdotale, B. Nat. F. fr. 937 et 2270). Il est à remarquer que notre personnage en insérant son nom dans ses vers, l'orthographiait parfois dans ses manuscrits de la manière suivante : Maynart (Arch. Académie fr. F. N. 9 XVIII. Papiers Moulin; c'est le sonnet qui figure à la p. 37 du tome III de Féd. Garriss.) et Maynard (ms. 844 de la Bibl. de Toulouse f° 39, épigr. éd. Garriss., III, 67). U est vrai qu'ailleurs il l'orthographie Maiuart (ms. 843 de la même Bibl. f° 175, Ode à Flotte, éd. Garriss., III. 203 v. 2). Ajoutons que Balzac et Chapelain dans leurs lettres inédites et Racan (Vie de Malherbe, éd. Tenant de Latour) écrivent toujours Mainard.
C'est en vertu de ces raisons que nous avons adopté l'orthographe Maillard et que nous l'avons appliquée à tous les membres de cette famille.
Quant à la particule, nous l'avons supprimée, attendu que les contemporains de notre personnage comme Balzac, Chapelain, Flotte (Lettres publ. en 1652) l'appellent le président Mainard et non de Mainard; que le privilège du volume de 1646 est donné au sieur Maynard ; que si le poète dit dans sa lettre CCXV qu'il s'appelle François de Mainard, en revanche il ne fait jamais précéder sa signature de la particule. Au contraire, nous avons toujours écrit Géraud de Mainard et Jean de Mainard, père et frère du poète, anoblis personnellement par la charge de conseiller qu'ils exercèrent au Parlement de Toulouse et dont les noms figurent sur leurs ouvrages ou dans les documents, toujours accompagnés de la préposition de.
Rappelons que cette préposition n'indiquait aucunement la noblesse. Si nous l'avons conservée pour le nom du père et du frère de notre personnage, nous avons été uniquement guidé par le souci de conserver la véritable physionomie de leur nom. C'est à la même préoccupation que nous avons obéi en écrivant François Mainard et non François de Maynard comme l'a fait Garrisson.
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Q oq