‹ Le poète François MainardChapitre 58 sur 375 · Ibid., t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. I, p

d'un autre goût et d'un autre caractère que ceux de ses premières productions. Certes le recueil de 1613 donne une idée fausse et incomplète de la nature du talent de Fr. Ménard. Toutefois quelques traits, quelques beaux passages égarés dans son fatras de compositions amoureuses, nous font penser que ce jeune homme avait l'étoffe d'un poète distingué. Tel qu'il est, malgré tous ses défauts, Fr. Ménard n'est pas un écrivain à dédaigner. Il a de l'abondance, du souffle, de l'harmonie, un sentiment sincère de la nature et parfois une facture sobre et serrée. Parmi les innombrables disciples de Bertaut, c'en est assurément l'un des meilleurs.

« Que sçay-je, devait déclarer le président d'Aurillac vers la fin de sa vie, si ce que je laisserai de mes escrits ne sera point un jour donné à quelqu'un qui portera mon nom et qui ne sera ny de mon pais, ny de ma race1». C'est le contraire de cette prophétie qui s'est réalisé. Il nous faut avouer que ces productions juvéniles d'un homonyme, étranger à la province et à la famille de notre auteur, sont supérieures aux vers que ce dernier rimaillait à la cour de Marguerite. Notamment la pastorale, composée par Fr. Ménard, l'avocat nîmois, avant d'avoir accompli ses vingt-cinq ans, est moins ridicule, renferme plus de lyrisme, plus de poésie pénétrante, coule d'une source plus féconde et aussi plus pure, que le Philajidre, écrit alors qu'il avait le même âge par Fr. Mainard, le futur disciple de Malherbe.

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