‹ Le poète François MainardChapitre 69 sur 375 · Cf. les vers suivants · texte numérisé non relu

Cf. les vers suivants

J'égale au plus beau des Cieux La province reculée Hue l'orient de tes yeux, A si doucement brûlé —

Tu fais qu'avec plaisir J'babile cette province....

Ode, éd. Garriss., t. III, p. 174, publiée tout d'abord dans lelleçueilde Du Bi de 162G.

4. Cf. l'ode, 0 ! que mon destin serait beau ! éd. Garriss., t. III, p. 224.

MAINARD PRÉSIDENT AU PRÉSIDIAL d'AURILLAC 143

sans autre mérite que celui d'être plus riche l que le poète, le supplanta dans les bonnes grâces de Cloris. C'est en vain que Mainard rappela à l'ingrate leurs anciennes tendresses et qu'il la menaça de mourir de désespoir. Ses supplications furent vaines. Comme il arrive fréquemment en pareille occurrence, sa passion méconnue céda la place à la haine :

L'infidélité de la belle

A qui j'ay tant voulu de bien,

Fait que mon cœur n'aime plus rien

Que la haine qu'il a pour elle.

L'amour jurée à ses appas En tel mespris s'est transformée, Qu'il se hait de ne pouvoir pas Oublier de l'avoir aymée 2.

Mais il ne pouvait guère oublier, et, comme chez le poète latin, deux sentiments violents et opposés tenaillaient son cœur : Odi et amo... Il continua donc d'adresser à Cloris des déclarations enflammées dont elle ne faisait que rire \

Ce qui devait arriver, arriva. Cloris devint la femme de son nouvel adorateur et, pour comble d'infortune, elle se fixa dans le voisinage du poète1. Aux tourments d'amour de Mainard, s'ajouta le supplice d'avoir sous les yeux le tableau de la félicité de son rival. Destin, s'écrie-t-il :

Pourquoi jugez-vous nécessaire Que mon insolent adversaire Passe en triomphe devant moy, Baisant les beaux soleils qui font ma destinée, ...

1. V. l'épigramme où Mainard reproche aux dames de vendre leur beauté {Recueil de 1626), éd. Garriss.,t. III, p. 125.

2. Epigramme publiée pour la première fois dans les Délices de 1615. — Ed. Garriss., t. III. p. 154.

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