Cf., éd. Garriss., t. II, p
2. Cf. les épigr. « Je déteste le nœud fatal », éd. Garriss., t. III, p. 121,
« Ton mary paroist plus vieux », même éd., t. III, p. 92. — Cloris y est dénoi mée Lisette.
MAINARD PRÉSIDENT AU PRÉSI1HAL D AURILLAC 145
En poésie, comme dans tous les arts, le naturel est une condition indispensable à la réussite de l'ouvrage.
Hélène, Orianc, Angélique ', Je ne sais plus de vos amants.
Loin de moi 1* éclat magnifique Des noms puisez dans les romans.
Ma passion, quoy qu'amour fasse, Ne fera plus son paradis Des beautez qui mettent leur race Plus haut que celle d'Amadis.
Pour baiser la robe ou la Juppé Des femmes de bonne maison, Il faut qu'une amoureuse duppe Perde son bien et sa raison.
Il faut que tousjours il se couvre De superbes habillemens, Et qu'il aille chercher au Louvre De la grâce et des compliments.
Vive Barbe, Alix et Nicolle, Dont les simples naïfvetez Ne furent jamais à lescolle Des ruses et des vanitez.
Sans donner ny bal, ny musique, Sans emprunter chez les marchands, Et sans débiter rhétorique Je plais aux Calistes des champs.
Leur àme n'est pas inhumaine Pour tirer mes vœux en longueur ; Jamais je n'ay perdu l'haleine En courant après leur rigueur.
Adieu, pompeuses demoiselles Que le fard cache aux yeux de tous, Et qui ne fûtes jamais belles, Que d'un beau qui n'est pas à vous.
1. Hélène esl l'héroïne de Y Iliade, Oriane celle du célèbre roman de Garcia Kodriguez de Montalvo, Amadis de Gaule; Angélique, celle du Roland amoureux de Boiardo el du Roland furieux de l'Arioste.
J'en veux aux femmes de village, Je n'aime plus en autre part, La nature en leur beau visage Fait la figue aux secrets de l'art ',
A part ses amours champêtres, Maillard avait pour se distraire les visites chez ses amis des environs. Ainsi il allait voir son voisin, le châtelain d'Aynac, Flotard de Turenne, dont l'affection lui faisait trouver au village :
Toutes les douceurs de Paris"
Il rencontrait à Figeac, Balthazar de Fraust', sieur de la Motte, président en la première chambre des enquêtes du Parlement de Toulouse. Figeac était aussi la patrie de Gabriel Cayron qui, on se le rappelle, avait mis au service de Mainard, lors de l'acquisition par ce dernier de l'office de président, sa science de la procédure et son expérience d'ancien procureur en la Cour du Languedoc. Cousin de Fraust et de Mainard, il fit hommage1 au premier de l'un des livres de ses Styles de la Cour de Parlement et agréa l'hommage en vers prosaïquement flatteurs que le second fit en l'honneur du même écrit'. Le poète qui promettait à son parent qu'il se ferait par son Praticien françois une place entre les beaux esprits de son pays et lui certifiait que la postérité se souviendrait de son nom,