Lettre XVII à M. de Montmort, maître des requêtes
3. Le t. XVIII des Rec. Conrart, ms. 4123 de la Bibl.de l'Arsenal, présente deux versions de celte pièce, pp. 311-315 et pp. 317-319. Seule, la première mentionne Maiuartl parmi les poètes qui implorent la faveur de Puisieux :
Là Mainard de qui la satyre Si gentiment taille et déchire, En si beau champ de se venger Trouve à mordre et non à manger.
L'allusion faite au ministre d'Etat Puisieux, qui gouverna avec sou père, le chancelier Brûlart de Sillery, depuis le départ de Condé pour l'Italie (octobre 1022)
On ne saurait tirer de cette charge grossière aucune induction pour la biographie de notre auteur ni pour celle de ses contemporains.
Ce qui doit nous arrêter, ce sont les morceaux de Mainard qui se rapportent à certaines fêtes de la Cour. Ainsi, le poète composa quatre pièces de stances pour être récitées au carrousel donné par la Régente les 5, 6 et 7 avril 1012, à l'effet de célébrer les doubles fiançailles du Dauphin avec l'Infante Anne d'Autriche et d'Elisabeth de France avec Philippe d'Espagne.
On avait choisi la place Royale, centre de l'aristocratique quartier du Marais, comme théâtre du spectacle. Cinq seigneurs, parmi lesquels le duc de Guise et le maréchal de Bassompierre, figurèrent les chevaliers de la gloire et firent prononcer au début des fêtes un « cartel », par lequel ils s'arrogeaient le droit de défendre eux seulement le Palais de la Félicité (c'est-àdire la famille royale) et défiaient qui que ce fût d'aspirer à leur gloire1. Ils avaient fait leur entrée sur un magnifique chariot, traîné par « sept grands coursiers blancs ». Quand l'attelage s'arrêta devant l'échafaudage sur lequel avaient pris place la Cour, les princesses et les dames, un gentilhomme chanta des vers que Malherbe avait composés pour la circonstance et des a Sybilles » vinrent prophétiser, dans des strophes faites par le même poète, les destinées heureuses des « alliances de France et d'Espagne ». Dix compagnies de chevaliers relevèrent le défi des « tenants du château de la Félicité » et, après I avoir prononcé force cartels en prose et en vers, coururent la] quintaine et la bague.
Les poésies mentionnées de Mainard se rattachent à Pentréej
jusqu'aïf début de 1624, peut servir à dater celle pièce que M. Arnould a datée « vers 1618 » et M. Lachèvre (Bibliogr. des rec. coller!., t. I. p. 445 note et I. Il, p. 163) de 1628. — Boissière est l'auteur d'un volume de Devises, suivi d'un Traite des règles de la devise (Paris, Courbé, 1654-1657, in-8°). Dans une lettre cta 6 novembre 1629 à Mmr Desloges (1. XXII du liv. VII), Balzac parle des devises d< Boissière, comme si cet écrivain jouissait à cette date d'une certaine notoriété.
1. Le Carrousel des pompes et magnificences faites en faveur du mariage du trêi chrestien Roifjjmis XIII, arec Anne, Infante d'Espagne, le jeudy, vendredu, samedi 5, 6 et 7 d'avril J0I2 en la place Royale à Paris... Paris, Jean Millot et Jean d< Bordeaulx, 1612, in-8", 16 pages, et Recueil des cartels /tabliez es présences de leur\ M. M. en la place Rogalle le 5, 0 et 7 d'avril JfJ/2, Paris, Micard, 1613 (Privilège du 4 avril), in-8°, 160 pp. (Bibl. Sainte-Geneviève, L 461).
MAINARD PRÉSIDENT AU PRÉSIDIAL d'AURILLAC 177
de la neuvième compagnie d'assaillants. Elle était sous la conduite du comte de Noailles ' et du baron du Seel, qui parurent accompagnés d'un magnifique cortège où figurait, entre autres, une « machine représentant une baleine dans une mer et un dauphin au-dessus et autour une musique ». Un gentilhomme lut à haute voix la réponse de ces seigneurs au cartel des chevaliers de la gloire, et somma ceux-ci de s'avouer vaincus et d'abandonner en leur faveur la garde du Palais de la Félicité5. Un autre gentilhomme incita Sa Majesté à se servir de la vaillante épée de MM. de Noailles et du Seel, désignés en cette occurrence par les noms chevaleresques d'Amadis et Galaor, célèbres héros du roman si feuilleté à cette époque de l'espagnol Montalvo3. Un page, sous le déguisement de la fée Urgande4, autre personnage de YAmadis de Gaule, prédit à la Régente le bonheur qui devait combler la France à la suite des hyménées projetés. En lui présentant les deux coureurs d'aventures, il l'assura que leur audace serait exaltée si « les beaux yeux » de Marie daignaient leur faire « un doux accueil ». Enfin MM. de Noailles et du Seel — Amadis et Galaor — prenant ! eux-mêmes la parole, adressèrent leurs hommages à Madame ! Elisabeth, sœur du roi % et firent de galants compliments aux 1 belles spectatrices \
En outre, Mainard composa plusieurs pièces de circons- ! tance pour le ballet, donné le 19 mars 1615, en l'honneur de la i princesse d'Espagne, Madame Elisabeth, sœur du roi 7. Le sujet
1. II s'agit de Henri de Noailles, lieutenant général du roi en Haute-Auvergne. Sonfils aîné, François, porta le titre de comte d'Ayen jusqu'à la mortde Henri (1626).