‹ Le poète François MainardChapitre 93 sur 375 · Les Amadis aux Dames, éd. Garriss., t. II, p · texte numérisé non relu

Les Amadis aux Dames, éd. Garriss., t. II, p

7. a" Les Sibylles au Roi pour le ballet de la princesse d'Espagne, dans Durand- Lapie et Lachèvre, Deux homonymes p. 89 ; b" Les Sibylles à la Reyne, dans l'éd. Garriss., t. III, p. 293 ; c° Pour le ballet de la princesse d'Espayne. La Xuict a la Heyne mère du Roy dans éd. Garriss., t. III, p. 293 (l'éditeur qui a reproduit ce morceau d'après le ms. 843 de la Bibl. de Toulouse, n'a pas reproduit le sous-titre

de ce ballet était le triomphe de Minerve (Madame s'était revêtue de manière à figurer cette déesse), pour avoir captivé le prince d'Espagne. On ne récita pas les vers de notre auteur, comme on le fit pour ceux de Malherbe et du sieur Durand, contrôleur des guerres et inventeur du spectacle. En vérité, les stances de Mainard ne s'appliquaient même pas au véritable sujet du divertissement. Avant la représentation du « triomphe de Minerve », il y eut, pour ainsi dire, un « lever de rideau » : « Dix Sibylles assemblées pour prédire les félicitez du mariage futur, venaient trouver leurs Majestez par le commandement des Dieux ». Après avoir dansé, elles jetèrent « en l'air des roulleaux de papier imprimés où estoient des vers adressez au Roy et à la Royne ». C'est notre poète qui avait composé ces pièces qu'il envoya, comme les précédentes, à l'intendant des plaisirs de la Cour.

C'était son ami Laugier de Porchères qui, sous la Régence, occupait cet emploi. Destitué par la reine Marguerite, Laugier connut le pire dénûment1, jusqu'à ce qu'il sut faire apprécier à la société frivole de son époque son talent de librettiste et d'ordonnateur de fêtes. La princesse de Conti s'aperçut de ses mérites d'amuseur et l'appointa à douze cents écus par an, à charge de lui fournir des ballets « et autres choses semblables » 2.

de cette pièce et a ignoré qu'elle était insérée dans le Recueil de Du Bray de 1630); d°. La pièce La Nuit au Roy, éd. Garriss., t. II, p. 246, est le pendant de la précédente. Il se pourrait que les stances Le soleil à la Reyne, mère du Roy, t. III, p. 222, et i les vers de ballet : C'est l'amour qui parle, t. II, p. 25, appartinssent au même J groupe. MM. Durand-Lapie et Lachèvre (o. c, p. 89) assurent que le ballet de la princesse d'Espagne en vue duquel furent écrites ces pièces eut lieu les 5, 6 et 7 j avril 1612. Ces critiques se trompent. Durant les fêtes de la place Royale, il y eut] des cartels, des cavalcades et des courses, mais pas de ballets. De plus, les pièces i mentionnées concordent avec la relation du divertissement donné, le 19 mars 1615, | en la grand'salle de Bourbon (cf. Mercure françois, année 1615, t. IV p. 9). Enfin ces! pièces renferment des allusions à des événements postérieurs à la date indiquée pari MM. Durand-Lapie et Lachèvre. Ainsi les vers suivants tirés de la pièce La Nuit à\ la Reyne, nous reportent à la révolte des princes, février 1614 :

Quelques esprits fascheux travaillés de la Paix Ont d'un nuage épais

Essayé d'obscurcir l'horizon de la France. Plus bas le poète parle de nouveau « des mutins ».

1. Cf. Isaac du Ryer {Le temps perdu, Paris, 1610) cité par Lachèvre, Ribliogr: des rec. collectifs, t. I, p. 278.

2. Tallemant, Histoire de Porchères Laugier, éd. c, t. IV, pp. 321-324. Il fréquentait avant 1607 la maison de Mmt de Conti (cf. Goujet, Riblioth. franc.t. XVI, p. 171).

MAINARD PRÉSIDENT AU PRÉSIDIAL d'aURILLAG 179

Marie de Médicis, très liée avec cette princesse à l'époque de la Régence, prisa également les mérites de Laugier et lui décerna le titre pompeux d'Intendant des plaisirs nocturnes de la Reine, appellation qui devait susciter au poète provençal les moqueries de Balzac et aussi la jalouse admiration de Mainard1.

Ces ballets, dont il parlera plus tard comme de « sottises qui lui sont échappées sous la Régence de Marie2 », valurent certainement à notre auteur quelques gratifications. Ce n'était pas la seule chose qu'il en attendait. Il espérait se faire donner au Louvre un poste largement rétribué ou au moins se faire inscrire sur la liste des écrivains pensionnés par Leurs Majestés. Les stances où il défend Anne d'Autriche contre ses détracteurs3 et les épigrammes où il promet à Louis de la gloire en échange des bienfaits dont il le pourrait combler ne réussirent pas plus que ses ballets à attirer à Mainard la faveur de la Cour.

Mainard ne fut pas plus heureux auprès de M. le Prince. Dès 1615, nous le trouvons dans l'entourage de Condé qui lui commande des vers pour le ballet donné en son hôtel, le 23 février de cette année, aux magistrats du Parlement de Paris. L'attitude de M. le Prince, pendant la session des Etats de 1614-1615, lui avait attiré les sympathies des gens de robe, i On lui était reconnaissant d'avoir combattu les projets de Concini sur la suppression de l'hérédité des charges. Au moment d'une fâcheuse affaire arrivée à l'un de ses domestiques qui avait châtié un gentilhomme de la suite de la reine-mère, les Enquêtes lui apportèrent un appui qui porta ombrage au Louvre. De son côté, le prince manœuvrait avec dextérité pour

1. Un grand nombre^de critiques, malgré l'assertion de Tallemant, ont fait de François d'Arbaud de Porchères, l'homonyme de Laugier de Porchères, provençal et académicien comme lui, l'intendant des plaisirs nocturnes de la Régente. Pourtant Balzac, dans une lettre inédite du 25 juillet 1644 à Chapelain, raille « le moderne seigneur de Logeri » d'avoir [rempli cet office, et Mainard, dans une épigramme adressée à Laugier (éd. Garriss., t. III, p. 90), fait également allusion à cet emploi. Même après la Régence, Porchères fournit la Cour de ballets. Ainsi il est l'auteur du ballet, dansé au Louvre le 12 février 1619 (cf. les notes du marquis de Chantérac, éd. des Mémoires de Bassompierre, t. III, pp. 417-418).

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