Cf. Stances, éd. Garriss., t. II, p
entretenir l'irritation du Palais contre la Cour ; un grand nombre de magistrats passaient tout leur temps à l'hôtel de Condé. M. le Prince avait invité au ballet en question, en même temps que les conseillers, leurs femmes à qui Y Aurore, au début du spectacle, fit des confessions tout à leur avantage :
Chères divinitez, c'est avec tant de honte Que j'ay de vos clartez les excès découverts, Qu'Apollon désormais peut bien faire son conte, De venir sans Aurore éclairer l'univers1.
Condé daigna lui aussi y danser et, déguisé en « espiègle », y réciter le dizain suivant, rempli de menaces voilées, justifiant ainsi le mot de Sully « que M. le Prince faisait d'un ballet une affaire d'Etat 2 » :
Mon esprit est la vive source De tous les bons tours des matois, Et Paris n'a coupeur de bourse Dont je n'entende le patois.
Aux industrieux artifices, De mes nonpareilles malices, Il est malaisé d'échapper.
Heureux celuy que j'en dispense !
Je trompe qui me croit tromper Et suis plus fin que l'on ne pence ! a
1. Cf. éd. Garriss., t. II, p. 258, L'aurore aux dames, pour un ballet, —f M. Victor du Bled dans son étude sur la cour de Henri IV (La Société française du XV l' s' au XX' s', 1" série, p. 184) cite, sans nom d'auteur, ces vers comme ayanjj été récités au ballet de 1615 de Condé. Malheureusement, il néglige d'indiquer sa référence. — Nous supposons que Mainard composa pour la même circonstance des stances pour le beau-frère de Condé, le duc de Montmorency, déguisé en bergei (édit. Garriss., t. II, p. 248) ; une « chanson de bergers » (t. III, p. 234) ; les strophe: placées dans la bouche d'Orphée (t. III, p. 298) et le ballet que Mainard lai^s; manuscrit : Belles quiportés dans les yeux (t. III, p. 209, d'après lems. 843de Toulouse i A l'exception de cette dernière pièce, tous ces vers, intimement liés par le sens, on été publiés par Mainard dans les Recueils de Du Bray de 1626 et 1630.