‹ Le poète Louis BouilhetChapitre 13 sur 16 · FAUSTINE · texte numérisé non relu

FAUSTINE

Bouilhet sentit probablement, lui aussi, que l'infériorité de son drame venait de ce que le temps et le lieu de l'action étaient mal fixés : en effet dans la pièce qui suit Dolorès, dans Fanstine , la transformation est complète : le milieu est bien connu de l'auteur; c'est à peu près celui de son beau poème, Melœnis. Loin de s'avancer péniblement sur un terrain mouvant qui se dérobe, Bouilhet marche sur un sol ferme qu'il

a déjà foulé ; à la cour de Marc-Aurèle, il est comme chez lui. Tous les coins et recoins de la Rome du second siècle lui sont familiers. Faustine est la mise au théâtre d'une conspiration militaire sous Marc-Aurèle. La femme criminelle de l'empereur philosophe , incapable de comprendre la grandeur de son mari dont la bonté l'écrase, veut se débarrasser de lui. Elle use d'une sorte de fascination qu'elle exerce sur le rude soldat Avidius Cassius, pour le pousser à une trahison dont sa main sera le prix. La passion qu'elle a pour cet homme et son ambition trouveront également leur compte à ce mariage qui lui donnera un nouvel époux aimé, et soumis à celle qui l'aura fait monter au trône. La conspiration échoue. Un centurion qui ressemble à Cassius est pris pour lui, et mis à mort. Faustine se tue, et Marc-Aurèle refuse de reconnaître et de condamner Cassius qui le brave. « Le général Cassius a vécu... Sortez !... » Et Marc-Aurèle, trahi par

sa femme et son lieutenant, s'éloigne impassible, comme il convient à un stoïcien, et va, avec son calme coutumier, travailler au bien du monde, comme c'est le devoir d'un empereur philosophe.

Sans doute, les circonstances de la conspiration de Cassius ont été singulièrement modifiées par Bouilhet. Julius Capitolinus — l'auteur de la Vie de Marc-Aurèle dans Y Histoire Auguste — dit que c'est sur une fausse nouvelle de la mort de l'empereur que Cassius se déclara Auguste. Il ne cite que comme un bruit peu sûr la tradition d'après laquelle Faustine , qui désespérait de la santé de son mari, aurait poussé le général à se révolter i . Il n'est pas exact non plus que Faustine se

1 Cap. XXIV. Avidius Cassius imperatorem se appellavit, ut quidam dicunt, Faustina volente quœ de mariti valetudine desperaret.

soit tuée après le mauvais succès de cette conspiration. Elle mourut plusieurs années après , dans le village d'Halade , auprès du mont Taurus. '

Il semble d'ailleurs que Faustine ait été très injustement calomniée. M. Duruy fait remarquer que « les misérables anecdotiers qui ont écrit, au troisième siècle, l'histoire des Césars, se plaisaient au scandale et ne reculaient pas devant l'absurde 2 » . Et le savant historien réhabilite la mémoire de la femme de Marc-Aurèle. Il démontre que les mille bruits qui couraient à sa honte parmi le peuple, amour adultère pour les pantomimes, commerce avec un gladiateur qui aurait été le père de Commode, ne sont que des fables, soigneusement recueillies par Marius Maximus, l'auteur dont les écrits ont été la principale source de X Histoire Auguste. Dion,

1 Cap. XXVI.

2 Duruy. Hist. des Rom., tom. IV p. 458. — Hachette,

qui est presque un contemporain, ne dit rien de toutes ces anecdotes scandaleuses.

Faustine , grande dame orgueilleuse , ne se gênait pas pour marquer un profond dédain à l'endroit des pédants austères et des petites gens dont Marc-Aurèle vivait entouré. Les petites gens se vengèrent en sourdes médisances qui, après la mort de l'impératrice, éclatèrent en calomnies que les folies et les crimes de Commode parurent légitimer : la mère paya pour le fils. On voulut que cet autre Néron eût eu pour mère une autre Agrippine.

Telle est la thèse que M. Duruy confirme en rappelant les honneurs dont Marc-Aurèle entoura le souvenir de l'impératrice : temple élevé dans le lieu même où elle était morte ; à Rome, parmi les sculptures de la colonne où sont représentés les événements de la guerre de Germanie, apothéose de Faustine ; au théâtre, la statue d'or de la morte mise à la place que l'impératrice, de son vivant, avait

coutume d'occuper. L'empereur n'aurait pas été un philosophe indulgent, mais un Sganarelle satisfait, s'il avait rendu tous ces hommages à une femme infidèle.

Le personnage de Faustine n'est donc pas dans l'histoire ce qu'il est dans le drame de Bouilhet. Mais l'auteur dramatique a le droit de prendre son bien où il le trouve, et de modifier l'histoire dans l'intérêt de sa fable. Nous ne sommes plus au temps où Racine avait besoin d'écrire des préfaces pour se justifier d'avoir fait vivre Narcisse et Britannicus quelques années après la date de leur mort authentique, et d'avoir créé le personnage de Junie.

D'ailleurs Bouilhet s'est borné à suivre la tradition qui avait cours avant que M. Duruy n'eût réhabilité Faustine : l'historien cite luimême une phrase d'Ampère : « Les bustes de Faustine ont toujours l'air de vouloir entrer en intimité avec le premier venu... et sa tête, un peu penchée, semble écouter

une conversation, » et un fragment de Spon * qui a pu inspirer cette phrase : « Abusant de la bonté de son mari, elle s'abandonna à une vie libertine. Sa physionomie fait assez connaître son penchant. Elle était jolie, avait l'œil fripon, et la mine d'une étourdie dont la tête allait plus vite que les pieds. Elle a même l'air d'un oiseau, et particulièrement de ces oiseaux chanteurs, qui ne s'occupent qu'à voler, chanter et badiner; car cette petite tête , ces petits yeux , ce petit visage avancé, ce cou long ont assez de rapport avec une linotte ».

Quant à la conspiration d'Avidius Cassius, c'est tout simplement une de ces révoltes militaires, si fréquentes sous l'empire. Cassius

1 Utilité des médailles pottr l'étîide de la physionomie (Recherches curieuses d'antiquités, XXIVe dissertation, page 386, 1683.

avait déjà conspiré pendant le règne d'Antonin; mis en garde contre lui, Marc-Aurèle, s'en émouvait peu et se bornait à répondre, en fataliste stoïcien, à ceux qui l'exhortaient à sévir : « Nul n'a jamais tué son successeur ».

Cassius qui était le meilleur général du temps, et qui le savait, méprisait les tendances philosophiques de l'empereur. Il tenta une révolte en Syrie ; ses propres soldats le tuèrent bientôt après : il n'avait porté la pourpre que trois mois et six jours.

Marc-Aurèle le pleura , et malgré les conseils du Sénat et de Faustine qui demandaient des mesures de rigueur contre les complices du mort, il étendit sa large clémence de philosophe sur la plupart des coupables.

Voilà comment Bouilhet modifie l'histoire générale de la conspiration.

— iço

Pour ce qui est du détail, est-il besoin de faire observer que , dans Faustine , comme dans Melœnis , le poète érudit n'avance pas un fait, ne rapporte pas un trait de mœurs qui ne trouve sa justification dans les écrivains de l'ancienne Rome?

Au premier acte, un tableau se passe chez le riche affranchi Crispinus, qui donne un festin, dans un vaste triclinium orné de peintures murales, et éclairé par des lampes suspendues à des chaînons d'argent. C'est une véritable restitution archéologique d'une orgie de Romains de la décadence. L'attitude, le langage * des convives ne jure pas avec l'aspect de la salle, où ils sont couchés

1 Je me borne à citer un exemple parmi beaucoup. On acclame Cassius du nom de nouveau Catilina (acte I, se. iv) ; et le conspirateur répond : « Merci, mes amis, mes braves amis !... Mais je ne serai vraiment Catilina que le jour où j'aurai chassé de son trône le faiseur de dialogues philosophiques ». — Voici l'original de cette parole dans Vulcatius Gallicanus (vie de Cassius, chapitre III) : « Nec deftiere qui illitm Catilinam vocarent : cum et ipse se ita gauderet appellari, addens, foiturtim se Catilinam, si dialogistam occidisset. »

sur des lits de pourpre. Voilà, au complet, ce JiigJi-life et ce demi-monde de la Rome impériale. Crispinus, chez qui Cassius a accepté une invitation et chez qui il sera arrêté — c'est par l'arrestation seule du chef des conjurés que ce tableau se rattache à l'ensemble de la pièce : malgré l'intérêt de l'épisode pris en lui-même, il y a là évidemment un défaut de composition ; — les chevaliers Libo et Sisenna, gens du bel air; le gladiateur Hector; le poète Laenas; la courtisane Galla et la baladine Iris : tous ces personnages secondaires sont pris sur le vif. Voilà l'ex-esclave enrichi, gonflé de vanité et de sottise, comme un fermier général. Il marivaude avec les deux femmes, récite des vers que le poète Laenas a composés pour lui, rit très haut, improvise des mots spirituels, qu'on lui a soufflés, et qu'un esclave spécial consigne sur des tablettes ; il mange bien, boit mieux encore, essuie ses doigts pleins de sauce à la chevelure d'un jeune

esclave. C'est la désinvolture d'un patricien. Mais survient un coup de théâtre. On arrête Cassius : aussitôt dans Crispinus l'esclave reparaît et, alors que le général se conduit en homme, l'affranchi s'aplatit et se fatigue à crier : « Vive Marc-Aurèle ! »

Laenas, le Grœculus esurie?is, est bien vrai et bien amusant , lui aussi. Le gladiateur Hector fait de l'opposition à l'empereur parce que , dans les rares occasions où il va au Cirque, Marc-Aurèle lit des ouvrages de philosophie, au lieu de regarder les jeux, qu'il a d'ailleurs rendus moins sanglants ; la baladine Iris — méprisée par la courtisane Galla — en veut aussi à l'empereur, par raison d'amour-propre professionnel: « Marc- Aurèle a tué la voltige en faisant mettre des filets de sûreté, et jusqu'à des matelas, sous les danseurs de corde ». Le fait est cité par Capitolinus. i

1 Cap. XXVI. Funambulis post puerum lapsum culcitras subici iussit ; unde hodieque rete praetenditur.

Au quatrième acte c'est une vue générale du Forum ; la place est encombrée par une foule, dont la vie est aussi intense que celle du populaire dans les drames romains de Shakespeare, mais dont l'accent est bien latin, dont tous les faits et gestes font bien penser aux contemporains de Marc-Aurèle.

Le cinquième tableau nous mène chez une magicienne. C'est la scène de sorcellerie de Melœnis transportée au théâtre ; tous les ustensiles magiques encombrent la chambre, et l'incantation se fait aux yeux des spectateurs, suivant la formule et les traditions des sorcières romaines du second siècle.

Je sais bien qu'on a assez durement reproché à Bouilhet ces ingénieuses restitutions archéologiques qui ne tiennent pas de près à l'intrigue. « Le drame — dit Vapereau — est jeté dans une longue étude

d'archéologie en action sur le monde romain ; il s'y perd et s'y oublie . . . L'œuvre littéraire et les décors luttent de fidélité pour nous rendre ce monde évanoui...

Toutes ces merveilles font grand honneur à l'art décoratif moderne, mais accusent l'insuffisance de l'œuvre dramatique elle-même en venant y suppléer ».

C'est en 1864 que Vapereau écrivait ces lignes, assez vraies dans le fond. Mais, en 1887 , il me semble difficile d'y souscrire absolument. En relisant Faustine, le souvenir de Thèodora nous revient involontairement à l'esprit. On sait comme les deux pièces se ressemblent par l'aspect extérieur; et, autant le travestissement de l'antiquité est une souffrance pour celui qui est quelque peu au courant des choses de Byzance, autant l'érudition du meilleur aloi et le tact exquis de Bouilhet satisfont dans ce drame de bonne foi. Ce n'est pas une archéologie d'occasion, improvisée pour les besoins de la cause, avec

l'utile secours des dictionnaires et des manuels spéciaux. Ni directeur des Gobelins, ni même membre de l'Académie des inscriptions ne pourrait rien reprocher à la mise en scène ; aucun goût, même le plus scrupuleux, ne saurait être choqué de la manière dont parlent ces Romains du second siècle. Il n'y a pas , dans Faiistïue, de Gaulois de Lutèce , — Parisien avant la lettre — dont les saillies, en avance de seize siècles, rappellent, mal à propos, le Roger de Thaldé des DanicJieff. Les chevaliers Libo et Sisenna ne songent pas à jouer les Desgenais ; le médecien Gallien ne parle ni de vibrions, ni de microbes, et le stoïcien Fronton n'a rien de Bellac.

Il est à remarquer que Bouilhet a eu la conscience, peut-être même la coquetterie, de faire parler en prose ses Romains du temps de Marc- Aurèle , alors qu'il prête la langue des vers aux bourgeois, ses contemporains. Toujours même haine de la conven-

tion. Il est admis en effet que les Romains parlent en vers au théâtre. Trois siècles de tragédie nous y ont habitués, et de fait c'est bien plus commode. Si l'on chante ce qui ne vaut pas la peine d'être dit, on met souvent en alexandrins tragiques bien des choses qui ne supporteraient pas la prose. Bouilhet a tenu à triompher de cette difficulté, et sa prose à la fois noble et naturelle, simple et ferme, donne au drame un caractère d'intime vérité.

Comme dans le système de Racine, les personnages principaux sont au nombre de quatre. Comme dans Andromaque, il y a deux couples. Oreste aime Hermione qui ne l'aime pas, et qui aime Pyrrhus. Pyrrhus aime Andromaque qui ne l'aime pas et n'aime pas Hermione qui l'aime. Ici, la magicienne Daphné aime Cassius qui ne l'aime pas. Cas-

sius aime Faustine d'un amour coupable, et Marc-Aurèle , ce saint du paganisme, ce Polyeucte sans Pauline, domine les passions qui s'agitent autour de lui et contre lui ; tout entier à son amour du bien et du vrai, de même qu'Andromaque appartient tout entière à son amour pour Hector.

Daphné est une magicienne demi-hystérique, rongée par la névrose que font naître en elle les pratiques de la sorcellerie, à laquelle elle croit. Elle aime Cassius : Aper, le confident dévoué de Cassius, ne veut pas que son maître se laisse dominer par une sorcière. Il profite d'une ressemblance singulière entre son chef et lui, pour donner, sous le nom du général, des rendez-vous, à la nuit tombante, à Daphné qui se croit aimée : elle va annoncer à Cassius les dangers qui le menacent ; celui-ci congédie cette femme qu'il ne connaît pas, mortellement outragée dans son amour. Elle est de celles qui ne pardonnent pas; elle travaille à perdre l'homme

qu'elle aimait, et, quand Cassius a été accablé sous le pardon dédaigneux de l'empereur, elle s'attache à ses pas. C'est un caractère sans nuances, tout d'une pièce et, pour ce qui est de sa place dans le drame, très utile à l'action.

Avidius Cassius, lui aussi, est un caractère sans nuances. C'est un soldat, brave et vulgaire, qui croit à la magie, qui a foi en son étoile et qui, homme de guerre, a honte d'obéir à un empereur philosophe dont il n'est pas capable de comprendre le génie. Cette rudesse s'adoucit quand il est question de Faustine qu'il a aimée dans sa jeunesse et dont il ne veut pas entendre dire de mal. — L'amour de jeunesse que Cassius aurait eu pour Faustine et qui l'aurait poussé à sa première révolte, est tout de l'invention de Bouilhet. — Quoi qu'il en soit, Faustine sait user de cette influence. Daphné lui a appris que « les destins ont annoncé pour l'année la mort certaine d'un empereur ». Si

l'empereur meurt, elle aussi tombe du trône, ce qu'elle ne veut pas. Cassius lui est indispensable : « C'est un homme assez hardi pour s'emparer du trône et assez dévoué pour le lui rendre ». La magie va raviver dans l'âme du soldat cet amour qu'il croira désormais ordonné par le destin. C'est elle qui amène fatalement Cassius, après le pardon de l'empereur, à trahir de nouveau, à former un second complot, déjoué aussi par la sagesse de Marc-Aurèle et, grâce à sa clémence, arrêté sans effusion de sang. La seule victime c'est Faustine qui se tue ; elle reconnaît enfin que son mari, lui aussi, est un homme et, ne pouvant soutenir son regard, elle se pique au sein avec une aiguille empoisonnée :

« je vais mourir, parce qu'il est si bon que j'ai honte !.... »

On le voit : c'est avec raison que le drame porte le nom de Faustine. Il gravite tout entier autour des passions de cette grande coupable; c'est elle qui, voulant se débar-

rasser de son mari, et éprise de la gloire militaire de Cas,sius , organise le complot et , vaincue par la clémence de Marc-Aurèle, c'est sa mort qui amène le dénouement. En lui donnant ce mouvement de repentir, Bouilhet a idéalisé le caractère de cette femme que l'histoire anecdotique, dont il s'inspirait, montre perverse, furieuse de la générosité de son mari , qui ne lui fait pas l'honneur d'être jaloux d'elle.

Pour Marc-Aurèle, c'est bien le philosophe saint , le stoïcien tendre , le César qui craint de cèsariser, comme il le disait lui-même, l'homme bon, dévoué à tous les devoirs de son métier d'empereur, qui n'a, dit M. Martha, aucun faste, pas même celui de la vertu. Suivant la poétique ancienne, il serait trop parfait, trop au-dessus de toute passion humaine pour entrer dans une tragédie. Mais dans Faustine , au milieu des bassesses des affranchis, des intrigues des grands, des passions odieuses de l'impératrice, la sainteté de

Marc-Aurèle fait une antithèse dramatique qui amène des coups de théâtre émouvants.

Qu'on ne croie pas en effet que Faustine soit, en même temps, un drame psychologique et une suite de tableaux épisodiques, tenant, à la fois, de la froideur de la tragédie classique et du décousu des féeries : non, ce qui unit ces deux éléments, en apparence disparates, ce sont les nombreux coups de théâtre qui , se produisant au milieu d'une de ces scènes à grand spectacle , amènent une lutte intime dans l'âme des principaux personnages. Rien d'inattendu et de fort comme ces deux entrées correspondantes de Marc-Aurèle et de Cassius chez Faustine, au Ve acte. — A la Ire scène, entourée du Sénat qui est resté fidèle à l'empereur , elle attend son amant qu'elle croit vainqueur : « C'est lui , c'est Cassius , j'en suis sûre !... »

Et c'est Marc-Aurèle qui revient pour pardonner.

A la IXe scène, alors que Cassius passe pour mort, il arrive, pâle comme un spectre, chez Faustine effrayée : « Je vous avais promis de revenir !... » et c'est à côté de son amant, qui lui est devenu indifférent, depuis qu'elle est vaincue par la grandeur d'âme de son mari, qu'elle meurt.

Assurément, Faustine a dû étonner les habitués de la Porte-Saint-Martin qui virent jouer, cette même année 1864, le Capitaine Fantôme et les Flibustiers de la Sonara; assurément il faut blâmer les longueurs inutiles des scènes à spectacle : ne peut-on pas cependant excuser un dévot de la Rome ancienne , qui se donne le plaisir de la faire revivre un instant à la scène dans toute son intense réalité ? — Mais si le drame n'est pas de tout point réussi, c'est du moins une belle tentative littéraire que cette œuvre sincère, approfondie, parfois émouvante et toujours écrite dans une langue admirable.

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