La Poésie
INTRODL'CT.ON. 17
... Son style impiHueux souvent marche au liasard; Chez elle un beau désordre est un effet de l'art.
J.-B. Rousseau ne pense point autrement, et Lamartine s'est souvenu de cette tradition, dans l'ode où il compare le poète saisi par l'inspiration à Ganymède enlevé par l'aigle des deux :
Ainsi quand tu fonds sur mou âme, Enlhousi;isme, aifile vainqueur, Au bruit de tes ailes de flamme.
Je frémis d'une sainte horreur :
Se me débals sous ta puissance.
Je fuis, je crains que ta présence N'anéantisse un cœur mortel, Comme un feu que la foudre allume, Qui ne s'éteint plus et consuine Le bûcher, le temple et l'autel.
Muse, contemple ta victime....
A peine un reste d'existence A ma jeunesse e^t échappé.
Mim front que la pâleur eflace Ne conserve plus que la trace De la foudre qui l'a trap|ié ! *
11 y a sans doute quelque iiyperbolo dans ce morceau, et de telles descriptions sont peu faites pour nous donner une idée exacte de ce qu'est le lyrisme 2. Aussi bien, dans les vers auxquels nous devons nous attacher dans la présente étude, Ven- Ihousiasme désordonné n'a-t-il point de place. Il faut trouver mieux.