‹ Le poète rustiqueChapitre 26 sur 29 · CHRONIQUE DE NOVEMBRE · texte numérisé non relu

CHRONIQUE DE NOVEMBRE

A l'Ombre de Jean de La Fontaine.

Les bécasses ont une fée

Qui, de feuilles mortes coijfée.

Fréquente leurs gentils salons

De mousse, d'argile et de Joncs.

Là, Jamais une médisance :

Seul le ruisseau rompt le silence;

Son clair langage a plusieurs sens,

Mais, contraire à celui des gens.

Il n'est Jamais défavorable :

Un peu d'eau sur un peu de sable

Vaut donc, sans doute, mieux que nous.

La j'ée, en ce salon si doux

Par les mœurs et par l'éloquence.

Pensait que dans toute la France

Il n'en était point autrement

De bécasses au logement.

Or, à la saison de la chasse :

— Ma chère, c'est une ftécasse,

Lui dit quelqu'un. Allez la voir ;

C'est à Paris. Mille miroirs,

283 I-E POÈTE nUSTIQUE

Pareils aux bassins des Le Nôtres, Plus polis que ne sont les vôtres, Sont les témoins de sa beauté :

Allez-y donc prendre le thé.

Elle y va; la bouilloire chante, Mais de manière si méchante Que la sylvaine a vite fait De retourner dans sa forêt.

Les choses sont un peu l'écho du caractère : Avant que de loger même au nid d'un oiseau, Sachez le son que rend chez un tel son ruisseau Et chez tel autre sa théière.

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