CHAPITRE III
A quoi correspond le poids physiologique ?
Nous avons dit ce que valent les méthodes tendant à évaluer le poids d’un individu. Nous avons montré que le poids physiologique de chaque individu était quelque chose de constant. Nous dirons maintenant de quoi se rapproche le poids physiologique.
On peut affirmer chez un sujet dont le poids est fixe dépuis cinq, dix, quinze ans, que le poids est le poids physiologique. Pour cela point n’est besoin d’avoir me-
suré le sujet, d’avoir tenu compte des rapports de sa taille et de son poids. Le poids pathologique ou trop faible ou trop élevé se distingue seulement du poids physiologique parce qu’il manque de fixité. Un obèse ou un amaigri oscille toujours grandement autour de son poids. Il le dépasse, l’atteint à nouveau. Il en est ainsi tant que le poids physiologique n’est pas récupéré.
Si l’on compare le poids physiologique à la taille, on trouve que le poids en rapport avec le nombre de cen-
timètres au-dessus d’un mètre n’est souvent pas le poids
909 Ce physiologique. Il le dépasse de beaucoup. Nous avons étudié minutieusement les cahiers d’incorporation du ÿ régiment d'infanterie à Paris. Nos recherches ont porté sur l’incorporation des trois dernières classes, soit un effectif de plus de 2.000 sujets. C’est à peine si dans 5 °/, des cas le poids physiologique est supérieur au nombre de centimètres au-dessus d’un mètre. Dans 30°/, des cas il y a égalité, ce qui justifie un peu les méthodes courantes employées. Dans 65 °/, des cas le poids physiologique est inférieur au nombre de centimètres. Le plus souvent c’est une infériorité qui varie entre { et 5 kilogrammes. Dans 10 °/, des cas il y a une différence de plus de 5 kilogrammes.
Dans la pratique courante il arrive mème que des sujets se trouvant maigres et le paraissant sont encore au-dessus de leur poids physiologique. Nous reproduirons de nombreuses observations au cours desquelles * M. Leven a observé que chez des sujets déjà maigres le poids baissait à mesure que l’état s’améliorait (Confér. Obs. 3, 4, 5). |
M. Leven en a rapporté de nombreux cas dans la Presse médicale (2 sept. 1908, n° 71). Il cite en particulier celui d'un médecin de l’armée qui vint le consulter en novembre 1907. Il s’alimentait difficilement, il avait des selles diarrhéiques depuis trois mois. Son alimentation élait fort réduite à cause de la gastralgie qu'il red utait. On l’alimenta sérieusement. Le poids de ce malade était de 71 kilogrammes pour une taille de 1 m. 70. En janvier 1908 le malade était descendu au poids de 58 kgr.600. En juillet 1908 à 56 kgr. 800. A partir de ce moment il fut
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complètement guéri. Comme on le voit, c’est Là un poids physiologique faible. 3
Ne pouvant ici faire allusion à toutes les observations que nous citerons, nous reproduirons un tableau que M. Leven a fait paraître dans le Journal médical francais (1914). C’est le résultat éloquent de ses observations. On y voit d’un simple coup d’œil combien le poids physiologique peut être faible par rapport à la taille.
Poids Poids physiologique| pathologique actuel antérieur
40 ans : TA 30 ans < ; 71 k,
52 ans À a. 60 k. 500
35 ans 1m.88 . 86 k.
49 ans : 54 k. 63 k.
34 ans . 69 4 72 k.8 43 ans , 69 . D 65 k. ©
31 ans î ES ; 51 k.5
M. Leven conclut ainsi : « Plusieurs de ces malades méritèrent d’être tranquiilisés. Si je n’avais pas connu
l'existence des poids physiologiques faibles et celle des