‹ Le Poids PhysiologiqueChapitre 8 sur 21 · LATE · texte numérisé non relu

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l’homme normal conserve sa température propre quelle que soit la température du milieu extérieur où il est placé. Il y a un équilibre thermique constant dépendant d’un appareil nerveux régulateur de la température. Il est vraisemblable qu'il existe un appareil nerveux régulateur du poids. Il jouerait un rôle de défenseur : de l’organisme vis-à-vis des causes d’amaigrissement et d’engraissement en particulier : l'alimentation insuffisante, la suralimentation, le surmenage. L'équilibre thermique peut être détruit par la. maladie. Il tend toujours à se rétablir. Nous citerons comme exemple la température du typhique qui s’abaisse dans un bain froid. Il en est de même du poids physiologique. A:t-il été modifié, il tend à revenir constant et fixe. »

On observe d’ailleurs que les mêmes causes qui faussent le système régulateur du poids peuvent produire inversement l’amaigrissement ou l’engraissement. Nous citerons un cas où le surmenage a amené une augmentation de poids de 20 kilos. C’est l’observation d’un propriétaire d'usine. Pendant longtemps il eut de graves soucis d'argent. Ses ouvriers se mirent en grève. Son appétit était nul, il mangeait peu, se donnait beaucoup d'exercice pour tromper son ennui. Or depuis depuis deux ans il a engraissé de 23 kilos. If est tout surpris.

Ceci dit, il pourrait se faire qu'il n’y ait pas entre certaines variétés d’obésité et certains amaigrissements, les obésités et amaigrissements d’origine dyspeptique en particulier, le fossé profond que l’on y voit vulgaire-

ment.

Boussion 2

RTE

Certains sujets peuvent au cours de leur existence traverser successivement des phases d’amaigrissement et d’engraissement pathologique. Ce fait paraît être sous la dépendance du système nerveux central et périphérique. C’est dans ce sens que M. M. Leven fit des recherches dans son livre (La névrose, Paris, 1887).

En résumé le poids physiologique de chaque individu est fixe. La suralimentation n’engraisse pas tous les sujets. La sous-alimentation ne diminue pas nécessairement le poids. Le surmenage physique et le repos physique sont souvent sans effet.

A l’appui de ces assertions sur la fixité du poids physiologique, nous citerons des faits. Grâce à l’obligeance de notre collègue et ami Bréger, médecin auxiliaire du 5° régiment d'infanterie à Paris, nous avons eu à notre disposition les cahiers d’incorporation des classes 1911, 1912 et 1913. Nous avons étudié en même temps les cahiers des pesées bimensuelles.

Voici ce que nous avons remarqué : tous les soldats qui arrivent au régiment sont en général des individus sains et normaux ayant atteint ou à peu prèsleur poids physiologie. Or pendant les deux premiers mois qui suivent l’incorporation, les soldats engraissent de 2 ou 3 kilogrammes, soit par suite. de la suralimentation, du changement d'air ou de l'exercice physique. Quelquesuns maigrissent; c’est le plus petit nombre, Mais quatre ou dix mois après l’incorporation, tous ont récupéré leur poids initial qui était leur poids physiologique. Le fait est là brutal, bien probant.

Quelques-uns restent au-dessus du poids initial. Ce

= 19 — Sont ceux qui au régiment ont achevé leur développément. Ou bien si on les interroge on apprend qu’ils étaient souffrants au moment de leur incorpora=

tion.

D'autres sont restés pendant un certain temps audessous de leur poids physiologique. Si l’on consulte leurs fiches sanitaires, on voit que pendant ce temps ils ont été à l'hôpital le plus souvent pour bronchite. Après quoi progressivement ils ont récupéré leur poids. D’autres enfin sont restés au-dessous du poids de l’incorporation ; ce sont les malingres, les maladifs, ceux qui sont passés dans le service auxiliaire ou qui ontété

réformés.

Chez tous les soldats restés sains, le poids physiologique n’a pas varié. A peine constate-t-on quelques oscillations d’un à deux kilogrammes.

Ces faits établissent d’une manière indiscutable l’existence d’un poids physiologique constant pour chaque individu sain. Ce poids ne varie pas même sous l’action des diverses influences qu’on croirait devoir le modifier et avec M. G. Leven on peut poser la question suivante:

« Que répondront les chimistes et les physiciens lorsque nous leur ferons observer que des malades soumis au régime lacté (1.500 gr. par 24 heures) absorbant par conséquent 900 calories ne maïigrissent pas, le régime se prolongeant pendant 15, 20 jours et plus encore ; lorsque nous leur signalerons qu’un sujet soumis à une alimentation d’une valeur de 4.500 calories (observation

op prise dans le service du D’ Caussade à l’Hôtel-Dieu) conserve un poids immuable, ou enfin que le poids d’un obèse diminue si l’on substitue à la ration de vin (800 calories une ration égale maïs fournie par des hydro-

carbonés ou des corps gras ?»

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