LE RAPPROCHEMENT FRANCO-ALLEMAND
Au moment de l'affaire d'Agadir, j'ai été amené à publier dans l'Action Française une série d'articles, concernant la pénétration allemande en France.
Dès ce moment, il m'a été possible de me rendre compte qu'un homme politique, qui est M, Caillaux, se trouvait en France au centre d'une grande entreprise de ce que l'on pouvait appeler encore, à ce moment-là, bien qu'avec moins de raisons qu'en 1910, le rapprochement franco-allemand. Je ne dirai pas qu'à ce moment-là cette tentative de rapprochement franco-allemand était criminelle, puisque la guerre n'était pas déclarée, mais elle était au moins imprudente puisque nous venions de voir à l'évidence, par l'incident d'Agadir, que l'Allemagne voulait nous faire la guerre.
L'Allemagne voulait nous faire la guerre et elle le voulait depuis de longues années. Elle s'y était largement et assidûment préparée chez nous par toute une série d'organisations qui ont été niées par une grande partie de la presse et par la presque totalité des pouvoirs publics au moment où j'ai dénoncé l'existence de ces organisations. Mais, depuis, toutes ou presque toutes ces organisations ont été reconnues avoir existé, au moins dans leurs grandes lignes et on a reconnu l'exactitude des termes principaux de mes dénonciations. C'est ainsi qu'un des points qui avaient attiré le plus violemment mon attention était à un moment donné, où l'alliance franco-anglaise n'était pas dans les prévisions immédiates, mais seulement dans les probabilités, le projet de débarquement des Allemands avec leur flotte dans le Gotentin par l'occupation du port de Diéletfe qu'ils avaient obtenue de l'inertie des pouvoirs publics et ensuite l'occupation toute naturelle et je pourrais même dire spontanée des hauts fourneaux et aciéries de Cacn, que Thyssen, le grand métallurgiste de l'Allemagne et conseiller de l'empereur, avait obtenue dans des