LE RAPPROCHEMENT I 11 ANCO- ALLEMAND
conditions sûr lesquelles je me suis longuement étendu.
On pouvait dire à ce moment-là, mais on a moins dit depuis, que c'était chez moi le partisan politique qui présentait ainsi les visées de l'Allemagne sur notre p. mais plus tard il n'a plus été possible de le dire et il a été au contraire évident pour tout esprit éclairé que j'étais resté au-dessous de la vérité. D'ailleurs, un autre écrivain qui, lui, n'a rien à voir avec la politique, M. \lfrcd Bruncau, un technicien, a parlé après moi, dans un ouvrage intitulé : Les Allemands en France, de la pénétration des Allemands dans noire pays. Il l'a l'ait dans les mômes termes, bien qu'avec une objectivité peut-être supérieure, et il a soutenu également le thème de la pénétration que j'avais moi-même traité, c'est-àdire la pénétration dans les finances, eu considérant par exemple ce qui s'est passé avec le Comptoir d Escompte, où l'on trouvait un Allemand, Emile Ulniann, faisant une politique exactement allemande ; puis la pénétration industrielle comme je vous l'ai dit, avec Thyssen, avec des agences de renseignements allemands fonctionnant en plein Paris, comme l'agence Schimmelpfeny , enfin par des journaux comme le Gil Blas qui soutenait la politique de M. Caillaux. Le Gil Blas était alors fondé ou restauré avec les capitaux de banquiers franco-berlinois, les frères Mevzbach et par les capitaux de l'agent aile m a nd Ro : enb erg .
Tout était installé et préparé à ce moment-là pour pénétrer à fond dans les finances françaises, dans le commerce et dans l'industrie de la France, et par dérivation, dans la politique française. Je rapportai à ce moment-là à M. Caillaux la paternité de ces diverses pénétrations qui en somme s'étaient produites seulement depuis une huitaine ou une dizaine d'années.