LE DEUXIEME BUREAU DU G. M
espions, comme la Kovaos de l'avenue du Bois-de- Boulogne, et F rida Lippmann.
Je renonce à exposer ici dans le détail Itl conditions dans lesquelles ces femmes jilus que suspectes ont agi avec l'assentiment et l'aide des services du ministère de l'Intérieur alors qu'elles auraient dû être frappées pur la justice militaire,
Toujours est-il que dans les premiers mois de i<>ib éclatent L'affaire Garfunkel, dans laquelle sera inculpé licier Maunourv, et où Mnlw est engagé bien avant Maunoury, l'affaire Desclaux, L'affaire Lombard, L'affaire des réformes frauduleuses, L'affaire du Bonnet Rouge, organe de Malvy, et quelques autres affaires dans lesquelles nous trouvons toujours M. Malvy.
En vertu de l'autorité que Malvy tenait de je ne sais qui ou plutôt, je sais bien de qui, le général Clergerie, le commandant Baudier et le colonel BourdeaU furent remplacés au deuxième Bureau des Renseignements, au poste Le plus délicat de la Défense nationale, par un bomme que je ne veux pas accuser, mais qui est consicornme un bomme suspect, qui porte l'uniforme de capitaine et qui s'appelle M. Ladoux.
Ladoux a été au deuxième Bureau des Renseignements l'agent dévoué et toujours bien disposé du ministère de l'Intérieur. Il l'a été dans des conditions telles que ât<* tractations innommables se sont passées dans le bureau même du ministre de L'Intérieur, sous les ordres de M. Malvy, notamment pour la vente du Journal à l'Allemagne, d'abord par Bolo, puis Lenoir et Desouches.
Le capitaine Ladoux s'est livré à des manœuvres qui lui valent aujourd'hui d'être poursuivi devant les tribunaux en chantage et en extorsion de fonds. C'est vous dire quel est l'homme auquel, dans le moment le plus redoutable et le plus tragique, avait été confié par M. Vialvv et par ses services le poste le plus dangereux pour la Défense national»
A partir de ce moment MM. Malw , Levmarie et Aime-
3o8 LE POIGNARD DANS LE DOS.
reyda et les autres sont associés dans la besogne que je vous ai décrite.
Almereyda vit sur un pied qui a été estimé à 45oooo francs par an. Du haut en bas du ministère de l'Intérieur c'est la sarabande des agents de trahison. On joue, toutes les nuits, au ministère de l'Intérieur. Almereyda, Landau, Goldsky y ont leurs petites et grandes entrées. Cela vous sera affirmé par des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur. D'ailleurs, comment Malvy aurait-il fermé la porte du ministère à un homme qu'il subventionnait?
Malvy a déclaré qu'il avait, à un moment donné, conseillé aux parlementaires (auxquels je n'en fais aucun grief) qui s'étaient trouvés amenés à collaborer au Bonnet Rouge de se méfier d' Almereyda. Je dis que je ne leur fais, à ces parlementaires, aucun grief de ce fait de collaboration, car vous savez tous comment les choses se passent dans les journaux. On est parfois amené à écrire dans un journal, sans bien savoir ce qu'est la direction, et sans connaître au fond les dessous de la direction et de l'administration. Je connais trop la presse pour m'étonner que les parlementaires auxquels il est fait allusion aient collaboré au Bonnet Rouge. Mais je dis que M. Malvy ment lorsqu'il déclare qu'il a prévenu ces parlementaires. En effet, s'il les avait prévenus, il n'est pas douteux, que ces messieurs, dont je ne tiens pas à citer les noms ici, car je ne désire ajouter aucun scandale à ceux qui existent et qui sont déjà assez grands, il n'est pas douteux, dis-je, que si M. Malvy les avait prévenus, ils n'auraient pas continué leur collaboration à un journal que le ministère de l'Intérieur leur aurait désigné comme suspect.