‹ Le poignard dans le dos; notes dur l'affaire MalvyChapitre 55 sur 74 · CU IV I' PE · texte numérisé non relu

CU IV I' PE

Cliiappe, chef de bureau au ministère de l'Intérieur, est entendu. C'est l'intime de Leymarie dont il a été le chef de cabinet à la Sûreté générale et c'est le premier dont la déposition ne constitue pas une charge pour l'accusé. Talmeyf, qui l'a vu devant la Haute-Cour, en a fait un curieux et amusant portrait.

La ligure hardie, le débit provocant, avec un air de dire aux sénateurs qu'il est de force à les mettre dans sa poche et que ce ne sera pas long, il fait penser à un chanteur de café-concert habitué à narguer le public, et semble plutôt arriver de Ba-la-clan que d'un ministère.

Le témoin s'exprime avec optimisme sur les résultats admirables, selon lui, de sa collaboration avec Leymarie.

Il rappelle les perquisitions dans les imprimeries anarchistes, chez les époux Mayoux, les instituteurs pacifistes des Charentes, chez Hélène Brion. Il affirme avoir t'ait tous ses elTorts avec M. Leymarie pour la répression de la propagande pacifiste. Il déclare d'autre pari qu'arrivé en juin à la Sûreté

générale avec Leymarie, alors que les mutineries militaires commencées en mai n'étaient pas encore terminées, celle-ci n'avait été mise au courant de ces mutineries que par les journaux et les bruits qui circulaient dans le public; qu'elle les avait ignorées officiellement, qu'elle n'avait pas connu la lettre du générai Pétain.

Cette affirmation semble bien invraisemblable à M. Mérillon qui la fait répéter plusieurs fois au témoin.

En terminant, Ghiappe déclare que Leymarie connaissait la saisie du chèque Duval, mais qu'il ignorait et le rapport du commissaire spécial de Beliegarde et la note de Hudelo sur cette affaire.

Les déclarations fantaisistes de ce témoin provoquent des exclamations d'étonnement dans l'auditoire. Par contre la presse défaitiste maniieste son contentement et qualifie la déposition de M. Chiappe de « loyale, courageuse », « chic » en un mot. Ce qui est significatif, quand on connaît les fureurs qu'avaient déchaînées contre leurs auteurs le rapport Pérès et les réquisitions de M. Mérillon, ce dernier accusé de s'être « précipité dans la casuistique des Pères delà compagnie de Jésus ».

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