M. CHANOT
Avec M. Chanot, la manière change. Plus de réticences, de sous-entendus. Ses déclarations sont nettes et fermes.
M. Chanot est un ancien directeur de la police municipale.
Il s'explique rapidement sur le déplacement de M. le commissaire de police Gauthier, à la suite de son enquête sur l'affaire Lipscher, puis parle du défaitisme.
Et tout d'abord cette appréciation plutùt sévère du rôle de Maunoury : « M. Maunoury jouait à
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la Préfecture un rôle que j'ai toujours trouvé déplorable. M. Maunoury m'est toujours apparu comme ayant certainement été chargé d'une mission dont il s'acquittait — a-t-on dit — avec un caractère acariâtre et sans aucune aménité. M. Maunoury tenait essentiellement à être la seule source de renseignements de la Préfecture de police. A mon avis il était chargé là d'une consigne spéciale. » M. Chanot parle alors de la propagande pacifiste, qui se faisait, on le sait, au moyen de tracts et de réunions publiques. Il y eut beaucoup de ces réunions faites sous les auspkes corporatifs et où il n'était question que de pacifisme, mais ce fut surtout au printemps de 191 7 qu'elles se multiplièrent. — « A ce moment, comme directeur de la police, j'eus des angoisses patriotiques très vives, notamment au sujet des grèves des midinettes. On alla ensuite graduellement jusqu'à déclencher des grèves d'hommes. Contrairement à ce que prétendait M. Maunoury, je voyais dans ces grèves la main de l'étranger et je l'ai prouvé par l'arrestation, dans les groupes des manifestants, de nombreux étrangers. »
Malvy déclare alors que les grèves ont eu strictement un caractère économique et en appelle à Laurent le Somnolent.
LE COLONEL ZOPFF
Après les dépositions des fonctionnaires de la Sûreté générale et de la Préfecture de police, voici maintenant des officiers.
C'est d'abord le colonel Zopff, commandant le l\ 7° régiment d'infanterie.
Le colonel expose, avec une grande précision, ce
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que fuient les rapports du haut commandement et do l'Intérieur et comment le lieutenant Bruyant fut désigné pour assurer ces rapports. Celui-ci se trouva d'abord en relations avec Hudelo et le contrôleur général Moreau.
Leymarie, ayant remplacé Iïudelo, chargea son chef de cabinet Chiappe des relations avec l'officier de liaison. Chiappe ne donnait que des documents sans importance. Le lieutenant Bruyant en manifesta son étonnement à M. Moreau qui lui expliqua que lui-même n'était pas tenu au courant.
La netteté de cette déposition fit une excellente impression sur la Haute-Cour.
M. le Procureur général demanda alors au colonel de rester pendant la déposition du témoin suivant.