CHARLES, FÉLIX
CHARLES
Avouez-le , monsieur, mon début dans votre régiment vous donne une bien mauvaise opinion de mon caractère.
Non; mais de votre tête, un peu trop vive.
CHARLES
Oui , j'ai manque à tout ce que je devais aux ronvenanccs, à ton âge l mon esprit, maintenant de sang -froid , me laisse apercevoir toute l'étendue de mes torts.
FÉLIX
Dont je regrette que nos folles idéessoient la première cause.
CHARLT.S.
Vous ne trouveriez pas de termes assez forts pour me plaindre, si vous compreniez toute l'horreur de ma situation. Je ne connaissais pas monsieur de Mirval, je ne savais pas qu'il était de tous les hommes celui que je devais le plus chérir. ... et il faut
Des excusc^s ne le satisferaient point , et vous nuiraient dans l'opinion générale.
Alx : f «e bnnne Fce.
(J'est aTec dédain cju'on écoule
I .'ciciisc d'un nouveau venu , La peur d'une mort qu'il redoute Aous paraît l'avoir relenu.
Psr un usage que je prise,
II fle'lrit toiU manque de cœur :
^,hez nous l'excuse n'est permise Qu'aprts des litres de yalenr.
GnAi\Lr,s.
Ah 1 monsieur !
Air : Ouc tfs paroles.
Si de courage il Caîlait une preuve , Contre tout autre , à l'instant , contre tous. Ma main , d'une epe'e enoor neuve , lilustrerait les premiers coups.
Mais contre lui , quand sa fille m'est chère ! Quand mon amour devrait la consoler. . . Ah ! ce matin , j'insultai son père , (Je soir, monsieur, faudra-t-il l'immoier? FÉLJX.
Charles, votre sort m'intéresse j je me connais assez en br. voure pour sentir que la crainte ne cause point le trouMe qui vous agite. Pour la première fois , vous lue donner, lo dt'tir d',' tC4-niiucr une pareille alTaire autrement que par les armes»
CHARLES
Quoi! VOUS tenteriez. , .
FÉLIX
Mais je ne vous cache pas que je tremble (îe ne point re'ussir» De Mirval, le meilleur des hommes est intraitable lorsqu'il a dit : L'honneur le veut I
Charles.
Félix , mon ami , permettez-moi ce titre , vous avez compris mon cœur! Quelle que soit l'issue de votre démarche. . . je n'oublierai jamais ce procédé généreux.
FÉLIX
Ah ! puisse ma démarche n'être point inutile t'
AIR de Ftrnand Cortez.
Adieu , le temps fuit.
•(Jl va pour sortir. ) Une femme s'avance ; Victor l'introduit , Et vers ce lieu la suit.
CHARLES , regardant.
Fmestine ! eh quoi! . • .
Mon cœur fiéaiit d'avance?
Hclas ! je pre'voi Le qu'elle veut de moi.
FÉLIX
Adieu , le temps fuit.
Je fi-rai diligence j
Puisse mon appui
Vous servir aujourd'hui ! i
VICTOR, à Ernestine.
Venez , le temps fuit, S \ Venez , votre pre'sence ,
^ I Peut-être aujourd'hui ,
Pourra beaucoup sur lui.
EKNESTIRE.
Allons , le temps fuit , Déjà l'heure s'avance ; 'l'entous aujourd'hui Tout mon pouvoir siU- lui.
{IlLs et /'iclor àe- rétif fat er.semile. )