CHARLES, ERNESTINE
iRNESTiJV :, d'une voix altérée.
Monsieur... ina mère et moi... nous savons tout. Mon père, outragé, vous a appelé en due!;. . . vous avez accepté.
CHARLES
Ab I vous pouvez croire I . . .
ER?fESTI!\'E.
Nous avons trouvé t'e la pilié dans le cœur d'un inconnu; témoin de mon père , eiivoyé par lui pour nous éloigner jusqu'à demain, il a prévenu ma mère. . . Elle est maintenant sur le? pas d'un époux qu'elle pouvait ne plus revoir,. . . et sa tendresse, qui connaît l'inflexibilité de l'homme que vous avez offensé , m'a permis de venir savoir si l'agresseur serait insensible aux prières d'une fille tremblante.
CHARLES
Insensible à vos prières, Ernestine î moi!... Ma faute est odieuse, sans doute; mais, plus malheureux que cou^iable , je. u'ai point accepté. , . .
ERNESTINE
Se pourrait-il ! . . .
CHAULES.
J'ai subi la funeste proposition. . . . Ah! si le devoir m/ei\$ permis. . .
ERNESTi!^•E.
AIR : Ainsi que vnus je rends hommage. Le devoir vous dictait d'avance , Pour sa bonle', des soins touchan^i 5 De l'esl.'iQC poiii- sa Vaillaûoie , Du respect pour sus clicveux hltmcs.
£t, fjuaiid nos inaus sont votre ouvrage , Refuser 11 sou dcs<.»^poif ,
D'yjijuter le metulre à l'outrnge, V(;ilà 03 que veut le devoir»
CIIARIES.
Du devoir qrij me d-." c ptie ,
Voiif! comprenez mal la rigueur ; Il m'est dicté par votre père , Il m'est impose' par l'honneur.
S'y soustraire serait un crime Dont l'effort passe tout pouvoir :
Réparation et victime.
Voilà ce que veut le devoir.
er:<estine.
Charles, qu'osez-vous dire?
CHAULES.
Pardonnez à mou trouble. . . Ernestine, je suis plus à plaindre rju'à blâmer. . . Hélas ! beureux de prévenir vos volontés , avec quel empressement j'aurais embrassé les f^puoux de votre père, s'il avait daigné recevoir les excuses que j'aurais voulu lui faiie.
ERNEST1.NF:.
Tous eussiez consenti?. . .'
CH VRLES.
Avouer ses torts ne devrait jamais déslionorer, mais voire père m'a demandé réparation les armes à la main , J6 dois attendre ri dernière décision.
ERNESTINE, épouvantée.
Et si les larmes, les prières de son épouse , de ja fille ne pouvaient le fléchir, vous vous croiriez doue obligé?. . .
De me soumettre .
Eh bien! Cliarîcsl .
Eh bien ! . . .
Vous m'aime. 7 Plus que ma viel
CHARLES
ERNESTI^IE.
CHARLES
ERNESTINE
KRNESTINE.
Charles, c'est votre Ernestine qui vous en supplie^ si nien porc insiile, refusez un affreux combat.
t;iIARLF.S.
L^honnenr ? . . .
ERWESTINE.
Vous le trouverez dans votre conscience.
, CnARLES.
L'estime des hommes?. . .
EHNESl'lNE.
lia seront forcés de vous l'accorder.
CRARLFS,
Ernestine I . . .
ERNESTINE
Vous m'avez offert votre fortune, je l'accepte; vous avez demandé ma main, je vous la donne : l'assurance de mon amour doit combler tous vos vœux.
CHARLES
Ernestine !
ERNESTINE
Ma tendresse, mes soins, ma reconnaissance vous tiendront lieu de gloire et d'illustration ! . . .
CHARLES
Par pitié î . . .
ERNESTINE , le retenant.
Charles, tu m'entendras. {Elle lui prend la main.) Oui , placée entre mon père et toi, le coup (jui frappera l'un ou r.-mlre me donnera la mort.
CHARLES
Fatal honneur !
ERNESTINE
Prononce. . . .
cuxni^ts y hors de lui.
Eh bien I je vous promets. . .