SCÈNE VL
ADÉLAÏDE, LAURENTIN.
LAUnENTIN, entrant par le fond, et avec colère. Ah! c'est un duel (ju'il vous faut, un duel... M'écrJre une lettre comme ça!
(Il lu cache en voyant Adélaïde.) ADÉLAÏDE, cessant de frapper sur le piano.
Ciel! cpielqu'un!
LATJREKTIN, après avoir fermd la porte du fond.
Pardon, monsieur, je vous dérange?
AnÉLAÏOE.
Au contraire, monsieur, j'exécutais une fantaisie.
LACnESTIN.
Oui, à grand orchestre. Je vous ai entendu du bas de l'escalier... Vous paraissez avoir un fort joli talent.
AnÉLAÏDE, le saluant.
Monsieur... (A part. ) Qu'est-ce que c'est que ce connaisseur-là'?
LAURESTIN, à part.
Ah î tu ne me trouves pas digne d'être fourrier dans ta compagnie! (Haut.) Vous vous nommez Adéla'ide?
adï:la'ide.
Au masculin... Adélaïde Mélinet... élève du Conservatoire... et professeur de chant.
LAL'RENTIN.
C'est bien cela... ravi de faire votre connaissance, et de pouvoir vous rendre service.
ADÉLAÏDE
Comment donc, monsieur! (A part.) C'est quelque artiste malheureux qui veut que je chante à son bénéfice.
LAURENTIN, se rapprochant et parlant d'un air mystérieux.
Vous connaissez ce butor de Beltois... vous donnez des leçons à sa fille... vous en êtes amoureux... vous voulez l'épouser... et il vous la refuse, sous préteste que vous n'avez pas de cœur.
ADÉLAÏDE
Fichtre! monsieur...
LAUREîSTIN.
Chut! ne vous fâchez pas, que diable! quand cela serait... tout le monde n'est pas forcé d'en avoir... moi-même, moi qui vous parle...
ADÉLAÏDE
Vous, monsieur !...
LAUREXTIN.
Oui... moi... ( se reprenant.) je veux VOUS rendre un service... vous faire une réputation de bravoure... forcer Beltois à me donner sa voix.
ADÉLAÏDE
Sa voix!... il n'en a pas... il ne monte pas au sol.