OBSERVATION VI
(Résumée)
Gastrite chronique et polype muqueux de l'estomac Atlas d’Anal. Path. de Lancereaux, t. I, x thèse Camus-Govignon.
La nommée R.... âgée de 46 ans, blanchisseuse, entre à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Antoine, n° 4, le 2 août 1864.
Bien. constituée et d’une santé ordinairement bonne, cette femme a, depuis plusieurs années, contracté l'habitude de boire avec excès de l'eau-de-vie, du vin et de la bière.
La maladeest dans un accès de délirium tremens. Elle meurt dans la nuit.
Aulopsie. — Cadavre déjà putréfié, estomac large. La muqueuse épaissie présente plusieurs plaques d'injection au centre desquelles on distingue des points ramollis et hémorragiques. En outre, plusieurs plaques noires, pigmentées et deux saillies polypeuses, dont l'une, portée sur un pédicule, offre à la coupe une coloration ardoisée, tandis que l'autre a une teinte grisâtre. Constitués par des hypertropbies papillares, ces polypes laissent voir à leur base des glandes volumineuses,.
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OBsERVATION VII
(Résumée) Ibidem
N..., âgé de 55 ans, garçon grainetier, homme très robuste, alcoolique, entre à l'Hôtel-Dieu, le 12 février 1864. Bronchopneumonie, exitus le 17 février.
Autopsie. — La muqueuse de l'estomac, épaissie et ardoisée sur plusieurs points, présente une tumeur saillante à sa surface interne.
Décollée des couches sous-jacentes et relevée, elle laisse voir avec son conduit l'une des glandes altérées de la région pylorique. Cette glande, du volume d’une petite cerise, arrondie et lobulée, renferme un liquide visqueux, mêlé de cellules cylindriques contenues dans les loges multiples, à parois transparentes ; son canal est oblitéré. Elle est unique, bien qu'il arrive d'observer plusieurs kystes analogues dans le mê-
me estomac.
OBsERvATION VIII
Brissaud : Archives de Physiologie, 1885, page 258.
Une femme de 79 ans, lombée en enfance depuis deux ans, est admise à l'imfirmerie de l’hospice des Ménages. Il y a six mois environ, son appétit a diminué et elle a maigri sans qu'on s'aperçoive toutefois d'aucune localisation viscérale, capable d'expliquer ce changement. D'ailleurs, elle digère parfaitement bien les aliments qu'elle continue de prendre, quoiqu'en moindre abondance. Il n'y a dans sa famille aucun antécédent de tuberculose ou de cancer.
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Lorsque la malade entra dans le service de l'infirmerie, «lle était extrêmement amaigrie, ne mangeait plus ou presque, avait perdu toutes ses forces et paraissait fort oppressée. On constatail de la fièvre, mais rien autre chose : l’auscultation ne laissait percevoir que quelques râles muqueux disséminés dans la poitrine. La toux était rare, l'expectoration manquait. L'estomac était notablement dilaté. C'était un indice à ne pas négliger dans un cas pathologique si obscur et après quelques jours d'observation, on portait le diagnostic de cancer probable avec bronchite ou broncho-pneumonie récente. Peu à peu, l’amaigrissement et l'anorexie n'ayant fait que s’accroitre, la malade tomba dans une torpeur profonde ; la fièvre, loin de s’apaiser, redoubla : les jambes s'œdématièrent et la mort survint bientôt.
À l'autopsie, on remarqua surtout les lésions suivantes 1° dans les poumons et dans les reins, des lésions diverses : 2° dans l'estomac, qui ne paraissait pas présenter des lésions de gastrite chronique, des polypes muqueux, au nombre de deux cents environ, dissémimés sur les diverses parties de la surface stomacalke, mais principalement dans la région diu grand cul-de-sac. Ce qui est remarquable, c'est que ces polypes sont tous de la même grosseur ; les plus gros ne dépassent pas les dimensions d’une noisette. Sur quelques points, sous la forme de papules arrondies, hémisphériques et larges on voit la muqueuse s'hypertrophier de façon à représenter comme de petits pains à cacheter, le premier degré de la formation des polvpes.
Les polypes en question, pâles, mobiles, pédiculisés, glissent comme la muqueuse sur les membranes celluleuse et musculeuse de l'organe. Il est évident qu'aucune partie des tissus sous-jacents à la muqueuse, n'entre dans leur constitution. On en voit qui sont réunis par groupes de quinze à trente
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et qui forment de véritables grappes : on dirait des glandes acineuses retournées.