‹ Le pont des soupirs opera bouffon en deux actes et quatre tableauxChapitre 2 sur 67 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CORNARINO, BAPTISTE, (Au lever du ridean, il fait nuit. On voit passer, au fond, au-dessus du parapet, les lanternes et le haut des draperies des gondoles.)

CnOEÜR, dans la coulisse.

Ah ! que Venise est belle I

Le jour, elle ■:ourit ;

Le scir, elle étincelle ;

Elle chante la nuit î

(Le chant s’éloigne et s’éteint peu à peu. On voit paraître à l’ouverture du parapet la tête de Bauliste, puis celle de Cornarino. Baptiste a un large bandeau^r l’œil droit ; Cornarino en a un sur l’œil gauche.)

KÉCITATIK. ,

BAPTISTK.

Nous voici de retour dans Venise la belle.

Mais dans quel état tous les deux I

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COSNABINO.

Mon éponse Adèle Nousreconnaltra-t-elle Avec ces bandeaux sur les yeux î BAPTISTE.

Essayons à mi-voix La barcarolle d’autrefois !

(Cornarino et Baptiste décrochent deux guitares suspendues à a muraille.)

CORNARINO.

Dans Venise la belle Que cherchons-nous T BAPTISTE.

Une épouse Adèle A son époux I

ENSEMBLE

Tra la la la la Dans Venise la belle I

BAPTISTE

Hélas ! rien ne remue !

CORNARINO.

Elle est sourde à ma voix 1 BAPTISTE.

A cette voix émue

CORNARINO.

Qu’elle aimait autrefois.

O mon Adèie Baptiste,

C’est une chose bien triste Pour un doge de mon rang,

De rentrer dans sa patrie.

Près de sa femme chérie.

Sous l’habit d’un mendiant.

BAPTISTE

Mieux vaut ainsi rentrer, hélas 1 Monsieur, que de n’y rentrer pas I

Rien !

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