‹ Le pont des soupirs opera bouffon en deux actes et quatre tableauxChapitre 56 sur 67 · TOUS LES CONSEILLERS · texte numérisé non relu

TOUS LES CONSEILLERS

L’arrêt, l’arrêt, d’abord !

LE CHEF DES DIX

Enfin je la lirai après, (a cornarino.) Cornarino, vous vous êtes laissé battre honteusement, et puisque vous n'êtes pas mort vous allez être pendu.

CORNARINO.

Pendu !

BAPTISTE

Quelle position pour monsieur !

LE CHEF DES DIX, continuant.

La même faveur est réservée à votre écuyer Baptiste. Une chose doit vous consoler, Cornarino, c’est que en même temps que nous vous condamnâmes dans lamelle des délibérations, nous nommâmes dans la même ruelle, pour vous remplacer dans le dogat, votre féal cousin et ami, Fabiano Fabiani Malalromba. Comme ç;i, ça ne sortira pas de la famille ? Vive le doge Malatromba !

TOUS

Vive Mcolatrombal

LE CHEF DES DIX

Et maintenant qu’on fasse entrer les invités. (Entrent quatre gardas qui viennent chercher les condamnes.)

LE CHEF DES DIX, prenant la main de Cornarino.

On vous attend, cher ami, vous ne m’en voulez pas ; il y a des exigences, vous savez !

CORNARINO.

L’instinct ne trompe jamais, j’avais toujours eu pour la mort une grande répugnance. Allons, viens, Baptiste.

BAPTISTE

Je vous suis, monsieur, mais sans enthousiasme.

CORNARINO.

Le ciel ait pitié de mon âme.

Baptiste.

Et de l’âme à Baptiste aussi.

CORNARINO,

Adieu ! adieu! Mou Dieu! j’aimais pourtant bien la vie! La vie c’est encore ce que nous avons de meilleur en ce monde.

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