‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 1 sur 318 · I. — L’ÉVÊQUE, PÈRE ET PASTEUR · texte numérisé non relu

I. — L’ÉVÊQUE, PÈRE ET PASTEUR

ER fonction du sacre des évêques, l’une des plus solennelles du pontifical, met en un puissant relief la nature exceptionnelle des grâces et des prérogatives que le sacrement confère au nouveau consacré. Ces conséquences qui suivent l’accomplissement du rite sacramentel expliquent les précautions que l’on prenait jadis pour Pélection des nouveaux évêques. Sur ce point capital, la discipline de l’Église s’est modifiée au cours des âges, mais le formulaire liturgique a conservé des traces des institutions primitives, et les principes qu’il laisse deviner offrent le plus grand intérêt pour l’histoire du rite même de la consécration épiscopale. Il y a donc lieu de traiter tout d’abord de l’élection des évêques, et de la façon dont on y procédait selon la législation romaine.

Le pape saint Léon a énoncé plusieurs fois, à l’occasion

de son natalhis, ou anniversaire de sa consécration épiscopale, une idée qui lui tenait à cœur comme spécialement caractéristique de la dignité du pontife : c’était la note d’unité du corps mystique dont l’évêque est constitué le chef. Saint Léon félicitait son peuple de Rome de la façon dont il comprenait cette réalité :

« Ce m'est une cause de joie profonde, frères très aimés, de voir le religieux empressement que vous mettez à manifester votre piété ; je rends grâces à Dieu que vous sachiez si bien traduire le mystère sacré de l’unité chrétienne. Votre affluence en ce sanctuaire le dit assez haut : vous avez compris que la fête d’aujourd’hui est source de joie pour tous, et qu’en l’anniversaire du pontife tout le troupeau fidèle est à l’honneur. C’est l’esprit de foi, — et je vous en félicite, — qui vous fait vous réjouir de notre élévation comme si elle vous atteignait personnellement. Il est bien vrai en effet que le don du sacerdoce suprême intéresse le corps entier de l’Église : spécialement abondantes sont les grâces que répand sur le chef de famille l’huile sainte du sacrement, mais les membres les plus humbles en reçoivent aussi une part qui n’est pas négligeable. »

Ainsi saint Léon disait-il à son peuple fidèle la satisfaction qu’il éprouvait à le voir si bien apprécier les immenses bienfaits de la consécration épiscopale. Tous constataient que le Pasteur est ordonné pour le bien de son troupeau, et que les richesses surnaturelles dont il reçoit le dépôt sont pour l'utilité de chacun. Le concept antique de la famille se conservait, et le pontife romain s’attachait à le raffermir encore dans les âmes afin de les maintenir dans la vraie ligne de l’enseignement apostolique.

C’est la doctrine qu’avait recueillie saint Ignace d’Antioche dès le début du II® siècle et qu’il avait consignée dans ses

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