L'ÉVÊQUE, PÈRE ET PASTEUR II
épiîtres. Pour lui, l’évêque personnifiait le Père céleste, aussi tous lui devaient-ils obéissance comme à Dieu ; il voyait les prêtres siéger autour de lui comme les Apôtres aux côtés du Christ, et les diacres accomplissant en sous-ordre leur ministère sacré ; puis les fidèles, constituant une vraie famille, dans la plus étroite union de pensée et de volonté avec le pontife, le père commun de tous : une seule prière, une seule eucharistie, un seul et même culte, une entière communauté de vie, d’aspirations et d’affections ; le père dévoué pour ses enfants et attentif à leurs moindres besoins ; les fils soumis joyeusement à leur père et remplis d’une sainte vénération ; un amour réciproque unissant les cœurs et les fixant tous en Dieu.
La liturgie ancienne consacrait ces dispositions, et soulignait les rapports d’intimité familiale qui unissaient le Pasteur à son troupeau : ce n’était pas une simple façon de parler, mais l’expression très exacte de ce qu’avait créé dans les âmes la grâce de la consécration épiscopale.
Comme saint Léon le faisait au jour anniversaire de son sacre, chaque évêque dans son diocèse commémorait avec solennité chaque année la date où il avait reçu l’onction des pontifes. « C’est une excellente coutume qu’il convient que tous les évêques observent à l’envi, hanc enim observantiam omnibus quidem sacerdotibus congruam, disait saint Léon lui-même ! ; et les recueils liturgiques leur fournissaient des formules appropriées pour leur messe d’action de grâces. Le sacramentaire léonien en offre une série des plus variées, comprenant non moins de huit messes différentes groupées sous le titre : In natale episcoporum.
La première pensée est pour la reconnaissance à Dieu, auteur et gardien de cette grâce d’ordre qu’il a conférée libéralement au pontife. C’est logique. D’autre part, la reconnaissance entraîne la joie, c’en est la suite normale.