MARTÈNE, De ant. eccl. rit., 1. II, c. 1, ordo
répéter en des termes différents ce qu’énonçait la préface. Durand de Mende avait fait preuve de discrétion en l’indiquant comme facultative : Alia oratio, quam quidam dicunt : Exaudi, Domine, preces1.… Le texte entier est entré dans le Pontifical romain et avec lui une cérémonie empruntée vraisemblablement aux chapitres des chanoines. On voit, en effet, dans leurs anciens recueils, que les prévôts ou doyens recevaient, au moment de leur installation, la règle des chanoines qu’ils devaient désormais faire observer ?. Ce qui était logique lorsqu’il s’agissait de chanoines, le paraît un peu moins quand un prélat séculier remet à un religieux le texte de la règle monastique que ce religieux fait depuis longtemps profession d’observer exactement. On peut dire, il est vrai, que ce code de perfection est remis solennellement au nouvel abbé comme symbole de la mission qui lui est confiée de la faire pratiquer par ses subordonnés. C’est de fait le sens de la formule que l’on rencontre dès le X£€ siècle dans l’Ordo romanus :
Accipe regulam a sanctis Patribus traditam ad regendum custodiendumque gregem sibi a Deo creditum. On a signalé le terme vague employé par la formule, regulam a sanctis Patribus traditam, « la règle livrée par les Saints Pères ?. » Est-ce bien la règle de saint Benoît ? Serait-ce plutôt un souvenir des anciennes règles des Pères, ou encore, toute règle religieuse quelconque sans détermination précise ? Au moyen âge la règle de saint Benoît s’appelait généralement « la règle des moines », selon l’expression de saint Grégoire le Grand, ou «la règle des monastères ». Au Mont Cassin on précisait le terme employé dans la formule de tradition ; c’est le Souverain Pontife lui-même qui remettait au nouvel abbé le volume de la règle bénédictine 4 :