GRACES DE GOUVERNEMENT
cela, et l’imposition des mains qu’il mentionnait concernait l’ordination sacerdotale et nullement la bénédiction abbatiale. La confusion commise par Gratien a contribué à faire accepter partout le rite ; mais le sens de la préface n’en a pas été modifié pour autant ; la demande est explicite :
« Veuillez, Seigneur, dans votre bonté, exaucer notre prière, et répandre en votre serviteur votre esprit de bénédiction, afin qu’établi dans la charge d’abbé il soit rendu digne de votre sanctification et qu’il continue à faire honneur au choix dont il est l’objet. »
Suit l’énumération des qualités qu’il devra montrer dans l'exercice de son office de pasteur, et mention explicite est faite de l’autorité dont il est constitué le dépositaire :
Sit exemplum et forma justitie ad gubernandam regendamque ecclesiam tuam fideliter…
Le passage est sûrement inspiré de la clausule célèbre relevée plus haut dans la formule de consécration des évêques 1 :
Tribuas ei, Domine, cathedram episcopalem ad regendam ecclesiam tuam et plebem sibi commissam.
L'expression appliquée aux abbés est strictement exacte, puisque la juridiction dont ils jouissent à l’endroit de leurs sujets est assimilée par le Droit à la juridiction épiscopale. Entendue des abbesses et du pouvoir réel qui leur est confié, cette expression de « gouvernement spirituel » ne peut se prendre que dans un sens restreint : il ne s’agit que d’un pouvoir de direction et d’administration intérieure, dont il y aura plus loin à préciser la nature.
;- La préface dont on vient de lire quelques passages significatifs était en usage au Cassin et à Cluny. La longue formule, qui lui fait suite, était connue dans d’autres monastères comme Saint-Remy de Reims ? ; elle ne fait guère que