HAEFTEN, Disquisitiones monasticae, 1. III, tract. VI
XVIIe siècle à s’en passer ; à présent on ignore totalement cette différence.
On ne voit pas que le droit d’user de la crosse ait jamais été concédé aux abbés réguliers comme une faveur spéciale. Ce privilège était vraiment considéré comme inhérent à la charge.
Il en allait autrement des divers ornements pontificaux dont l’usage se répandit parmi les évêques vers les X® et XIe siècles. Celui des pedules, ou sandales, était antérieur à cette époque-là, surtout dans le haut clergé romain, pour les fonctions liturgiques 1. Le décret du Pénitentiel de Théodore l’attribuait déjà aux abbés. Plus tard il y eut tendance à généraliser. En 970 le pape Jean XIII concédait a dalmatique et les sandales à l’abbé de Saint-Vincent de Metz. L’abbé du Mont-Cassin Richer se voyait maintenu par le pape saint Léon IX dans le privilège accordé à ses prédécesseurs de porter, aux messes solennelles, la dalmatique, les sandales et les gants ; mêmes prérogatives octroyées aux abbés de Saint-Riquier et de Saint-Arnoul de Metz, sauf les gants ?.
Le pape Urbain II voulut conférer les mêmes distinctions à l’abbé de Cluny saint Hugues, en 1088 ; et un peu plus tard, en 1114 et 1118, Pascal II et Gélase II les accordaient à tous les abbés qui se succéderaient dans la célèbre abbaye avec permission d’en user à toutes les messes solennelles à.
Mais les abbés de Cluny affectaient de ne pas user trop souvent de ces distinctions honorifiques, en particulier de la mitre pontificale que le pape Urbain II avait permis à saint Hugues de porter dans les processions et aux messes solennelles. Les évêques de l’époque commençaient à s’impatienter de voir les abbés se parer d’insignes qu’on devait, pensaient-