‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 104 sur 318 · LA CROSSE ABBATIALE I · texte numérisé non relu

LA CROSSE ABBATIALE I

lum pastoralem, ad custodiendos greges et reddendos Pastori pastorum.

Saint Benoît insistait en effet avec une singulière gravité sur l'obligation qui incombe à l’abbé de garder intact le troupeau dont il reçoit la direction et qu’il aura un compte sévère à rendre au Pasteur suprême qui lui a confié ces âmes ?.

La crosse abbatiale a par elle-même cette valeur de symbole authentique de l'autorité spirituelle. D’antiques usages s’attachaient, en certains monastères, à en relever encore le prix aux yeux des prélats investis de cette autorité, C’est ainsi qu’à l’abbaye de Cormery près de Tours il était réglé qu’aussitôt l’abbé défunt, la crosse pastorale était portée sur le tombeau de saint Martin, et c’est de là que le doyen du chapitre de la basilique la retirait pour la confier au successeur légitimement élu ° ; mais, en réponse, celui-ci devait jurer obéissance au doyen et au chapitre. L’usage existait aussi dans d’autres monastères, — et celui-là était moins canonique, — de porter la crosse de l’abbé défunt au roi, qui la faisait remettre ensuite au nouvel élu, quand cet « élu » n’était pas simplement l’un de ses protégés qu’il nommait lui-même. C’était une manière d’investiture peu régulière qui allait contre le privilège exclusif de l’autorité ecclésiastique de conférer la crosse.

Pendant quelque temps il fut d’usage, surtout dans les pays germaniques, de distinguer la crosse abbatiale de la crosse épiscopale par un petit voile blanc nommé sudarium, que l’on fixait à la volute5. Il y avait tendance dès le

1. Pontifical de Moissac. MARTÈNE, De ant. eccl. rit., 1. II, c. 1, ordo 2,

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