‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 140 sur 318 · VÊTEMENTS DES VIERGES · texte numérisé non relu

VÊTEMENTS DES VIERGES

à la consécration revêtues déjà de leur habit religieux : Sanctimonialis virgo, cum ad consecrationem sui episcopo offertur, in talibus vestibus applicetur, qualibus semper usitura est professione et sanctimoniæ aptis. Les sacramentaires gélasiens rédigés en France aux VII et VIIIE siècles, et les documents grégoriens après eux, ont inséré cette prescription qui a entraîné après elle d’abord une formule, puis trois, puis sept, toutes destinées à obtenir pour les habits religieux dont est vêtue la vierge professe, et les insignes dont elle sera parée après sa consécration, une bénédiction spéciale de la part de Dieu : toutes prières qui font écho aux traditions de lantiquité. Les auteurs du IIIe et du IVE siècle, qui ont fait l'apologie de la virginité, ont rappelé avec insistance aux vierges chrétiennes le principe de religion qui leur faisait un devoir de porter des vêtements dont la simplicité et la dignité fussent une sauvegarde pour leur vertu et un indice visible de leur consécration à Dieu!. L’habit religieux répondant d’une façon idéale à ces justes exigences c’est lui qui reçoit la bénédiction du pontife. Les autres formules se rapportent aux ornements dont il sera question plus loin, le voile, l’anneau et la couronne : les mystères qu’elles expriment ne se laissent pénétrer qu’à la lumière de la consécration virginale. C’est le second élément de la cérémonie.

Beaucoup d’anciens témoins de notre cérémonie réservent

1. La 3° formule, Exaudi omn. Deus preces, déjà contenue dans les gélasiens du VIII siècle, traduit bien cette pensée avec quelques variantes intéressantes : Heæc sit vestis salubris protectio, hæc cognitio religionis, heec initium sanctitatis, hæc contra omnia tela inimici robusta defensio, ut etsi continens est sexagesimum fructus donum, etsi virgo centesimi muneris opulentiam, in utraque parte perseverante continentia ditetur.

Le Pontifical romain, — II II

le titre conscratio sacræ virginis aux deux oraisons traditionnelles qui, dans le léonien, constituent à elles seules toute la fonction : une simple prière d’une sobriété toute romaine et d’une admirable précision; puis la grande formule de consécration qui chante, à la façon des préfaces solennelles des ordinations, les merveilles de la grâce de Dieu et les effets que l’on attend de sa toute spéciale intervention en faveur de la vierge consacrée.

En deux mots la prière caractérise la situation : la vierge a émis son vœu, son vrginitatis propositum ; il faut demander sa persévérance :

Respice Domine propitius super hanc famulam tuam, ut virginitatis sanctæ propositum, quod te inspirante suscepit, te gubernante custodiat.

C’est ensuite la prex benedictionis dont parlaient aux environs de l’an 400 les Canones ad Gallos du synode romain, la formule eucharistique de la consécration proprement dite, pièce du plus haut intérêt historique et dogmatique dont beaucoup de traits reflètent la pensée et le style du pape saint Léon I. Deux témoignages de saint Ambroise nous montrent qu’au IV® siècle, et encore à son déclin, il était d’usage d’improviser une allocution, où le pontife célébrait les louanges de la virginité et terminait par une invocation adressée à Dieu. Saint Ambroise a rapporté de mémoire le discours prononcé à la consécration de sa sœur Marcelline par le pape Libère ! ; ou plus vraisemblablement il a mis sur les lèvres du pape les paroles de son crû que lui suggérait le souvenir de cette solennité ? : car il en a rédigé le récit de longues années après l’événement et il ne semble pas qu’il cite textuellement le discours du pape. Lui-même a rapporté également les paroles qu’il dit avoir prononcées

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