‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 154 sur 318 · PRIÈRES FINALES · texte numérisé non relu

PRIÈRES FINALES

Francorum a détaillé cette bénédiction sur un mode gallican qui reprend sous toutes ses formes l’idée de la sainteté de vie des vierges consacrées. Non content de recueillir ce texte, Durand a pris dans l’Ordo romain une autre formule non moins longue qui portait le nom de benedictio beati Matthæi : Deus plasmator corporum. C’est une réplique de la préface de consécration dont le beau style léonien a un tout autre cachet.

Les usages modernes suppriment par contre! les anathèmes, qui font entendre, à la fin de la cérémonie, comme un faible écho de la discipline primitive. Le droit ancien était implacable pour ceux qui tentaient de séduire les vierges consacrées et de les ramener dans le monde. C'était la confiscation des biens et la peine de mort, ni plus ni moins ?. L'Église se contentait de fulminer des malédictions émouvantes qui se sont transformées en une peine très positive, celle de l’excommunication.

Comme dans toutes les grandes fonctions liturgiques qui s’accomplissent à la messe la communion eucharistique vient couronner la série des bénédictions reçues au cours de la cérémonie. Bien plus les vierges consacrées partagent avec les ordres majeurs le privilège d’une messe propre, c’està-dire de trois oraisons, collecte, secrète et postcommunion que le célébrant prononce à la suite des formules correspondantes de la messe du jour.

Les vierges consacrées sont toujours et ne peuvent être que des moniales vouées au service divin et à la célébration officielle de la prière liturgique. Leur profession quand elle est solennelle leur fait une obligation stricte de réciter

1. Cérémonial de profession des moniales bénédictines publié à Solesmes, 1883, sous le titre Rituale Sanctæe Caæcilie.

2. SOZOMÈNE, Hist. eccl., VI, 3. — Décret de Jovien dans le Code Théodosien, IX, XXV, 2.

Le Pontifical romain, — fi 12

l'office canonial même en leur particulier si elles sont empêchées d’y prendre part au chœur. Il est donc logique de remettre à la religieuse consacrée le livre des heures ou bréviaire de son ordre dont elle devra se servir durant sa vie entière. On a cru reconnaître dans cet usage liturgique une survivance lointaine du vieux droit germanique. C’est bien plutôt un souvenir de ce qui se pratique aux ordinations des clercs.

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