‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 18 sur 318 · I. — LES SOURCES DOCUMENTAIRES · texte numérisé non relu

I. — LES SOURCES DOCUMENTAIRES

ES rites et formules de la consécration des évêques tels que nous les rencontrons dans le Pontifical romain sont, sauf quelques points de détail, d’origine romaine comme les formulaires des autres ordinations. Ils le sont même à un titre tout spécial, attendu que les textes consignés dans les Ordines roman VIII! et IX d’une part, dans les sacramentaires romains d’autre part se rapportent avant tout à la consécration de l’évêque de Rome. L’Ordo IX qui décrit cette fonction est passé tout entier, sauf deux détails caractéristiques, dans le rite du sacre des simples évêques ; et de son côté le sacramentaire grégorien, qui reproduit in extenso la préface de consécration des évêques, réunit à part, sous la simple rubrique Oratio ad pontficem ordinandum, les quelques mots qui sont à modifier dans la formule épiscopale pour l’adapter au sacre du Pontife romain : c’est donc que le reste était identique. Certains termes de cette préface, nous le verrons, ne s’entendent bien que du pape ; la pièce est tout entière de saint Léon selon toute vraisemblance.

1. Cf, Ps,-ALCUIN, De div. officiis, c. xxxXVII, P. L., CI, 1236.

Assez tardivement l’usage s’est introduit dans l’Église de choisir pour successeur de Pierre un prélat déjà revêtu du caractère épiscopal. Mais ce qui est devenu la règle depuis le commencement du XVI® siècle, était considéré jadis comme illégal en vertu de l’interdiction portée contre la translation des évêques. Jusqu’au IX® siècle, on ne connaît pas un seul pape qui ait été déjà évêque au moment de son élection au trône pontifical. Le pape Formose fut le premier à briser la chaîne de la tradition en passant du siège de Porto à celui de Rome : aussi sa promotion souleva-t-elle, surtout après sa mort, d’interminables discussions 1. Son deuxième successeur, Étienne VI, fut un des plus acharnés à réclamer contre la validité de ses actes épiscopaux parce que son élection avait été anticanonique. Or la sienne n’était guère plus régulière que celle de Formose attendu qu’il était évêque de Campanie lorsqu’il fut élu pape et prit le nom d’Étienne VI. Il est vrai qu’il prétendait qu’ayant été consacré par Formose son ordination était nulle et par suite son élection à l’évêché de Rome valide. Au X® siècle, la loi ancienne fut enfreinte plusieurs fois, elle cessa dès lors de passer pour obligatoire.

Le rite principal de la consécration des évêques est resté, comme la formule, ce qu’il était pour la consécration de l’évêque de Rome, selon la législation ancienne ; il a même étendu à tous les évêques ce qui d’après l’Ordo romain IX semble avoir été jadis le privilège du pape *. Il n’y a pas lieu

1. MGR DUCHESNE, Les premiers temps de l’état pontifical, Paris, 1898, p. 153 et suiv. — LOUIS SALTET, Les réordinations, Paris, 1907, P. 153-154.

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