IMPOSITION DE LA CROIX
christianæ seu recuperationem Terre Sanctæ1. Le prélat procède d’abord à la bénédiction de la croix, puis, dit la rubrique, « il l’impose » au chevalier. C’est ce que demandait le roi saint Louis à l’évêque de Paris au moment de partir pour la Croisade : « Seigneur évêque, je vous prie de me mettre sur l’épaule la croix du voyageur d’outre-mer. »
C'était bien « mettre la croix sur l’épaule », car c’est en souvenir du Sauveur qu’on désirait la porter :
Accipe signum crucis, in nomine Patris et Fil et Spiritus sancti, in figuram crucis, passionis et mortis Christi… » disait la formule liturgique.
Les documents anciens spécifiaient quelquefois la destination des formules liturgiques destinées aux croisés : le Votum transeuntibus contra Turcos?, attesté par des manuscrits allemands, contient les deux oraisons que notre Pontifical affecte à la bénédiction des chevaliers partant pour la Croisade. Il y avait aussi des messes contra Hussitas, comme il y en avait contra Turcos?. On aimait à évoquer le souvenir des saints guerriers, de saint Sébastien, de saint Georges, sans oublier celui de David et de Judas Machabée.