III. — LES CROISADES
Ce furent ces expéditions pacifiques en Orient qui indirectement donnèrent naissance aux Croisades. Les pèlerins étaient en effet constamment en butte aux vexations et aux brutalités des musulmans en raison de leur foi ; les provinces d’Asie Mineure étaient ravagées et celles du Danube menacées elles-mêmes par les Turcs de plus en plus audacieux. C’est ce qui suggère au pape Urbain II l’idée de passer les Alpes et d’aller en France prêcher la guerre sainte. On était à la fin du XIe siècle ; les Croisades devaient se poursuivre, avec des intervalles six siècles durant.
Les chevaliers et les hommes d’armes partant en campagne pour la défense des Lieux Saints et la protection des fidèles étaient dits «se croiser » ; effectivement ils recevaient la croix des mains des évêques et des prêtres, et la bénédiction de Dieu les accompagnait. On eut donc, — c’était normal, — un nouveau formulaire qui se conserve encore dans notre Pontifical, à la fin du livre second : de benedictione et impositione crucis proficiscentibus in subsidium et defensionem fidei
1. Cod. Vat. lat. 1152 et 1153; cod. Vat. Borgh. 72. Le manuscrit Maffei qu’a publié MURATORI, Lit. rom. vet., 11, appendice au sacramentaire grégorien, fait remarquer que cette benedictio a été empruntée à d’autres documents, car, dit-il, non est in Ordinario domini pape.
2. CONRAD EKKEHARD, Chronicon universale, dans Mon. Germ., Script, VI, 214. Cf. AD. FRANZ, op. cit, II, 271-289.