S, IGNACE, Ad Eph., v. Cf. Ad Trall., vu
unum altare (Gvsiaorhptoy) sicut unus episcopus cum presbyterio et diaconis !. Saint Irénée dit également que le « sacrifice du pain et du vin doit être offert souvent sur l’autel » ad altare’; enfin Eusèbe, héritier de la tradition antique, applique sans hésiter le terme (Üustasrnotoy à l’autel de la basilique de Tyr consacré en 314%. Si l’on questionne les écrivains latins, on apprend d’eux qu’ils réservaient au mot alfare un sens nettement religieux 4.
Il n’est donc aucunement prouvé qu’aux deux ou trois premiers siècles on n’ait pas connu autre chose, en fait d’autels eucharistiques, que les tables ordinaires de repas.
Mais l’archéologie et les textes fournissent d’autres données positives. L’usage de célébrer les anniversaires des défunts et des martyrs à l’endroit même de leur sépulture est très antique : on y offrait le saint sacrifice et ensuite on y partageait les « agapes ». Les fouilles ont permis de constater que, dans beaucoup de chambres funéraires des catacombes, il existe une tombe principale, creusée dans l’une des parois à hauteur d’appui et surmontée d’une voûte en demi-cercle, appelée arcosolium, c’est-à-dire tombe (solium) en forme d’arche 5. Cette disposition permettait d’accomplir à la lettre la prescription du pape Félix (269-274) au Liber pontificalis : Hic constituit supra memorias (al. sepulcra) martyrum missas celebrari$, décret qui peut fort bien être antérieur à Félix Ier. Au IIIe siècle, le traité De aleatoribus paraît bien faire allusion au même usage, lorsqu'il parle des « Martyribus præsentibus